Égypte: l’ex-président Hosni Moubarak bientôt libre

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L'ex-président égyptien Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 à l'ouverture de son nouveau procès au Caire (Photo: Mohamed Hesham/AFP)
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L'ex-président égyptien Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 à l'ouverture de son nouveau procès au Caire (Photo: Mohamed Hesham/AFP)
L’ex-président égyptien Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 à l’ouverture de son nouveau procès au Caire (Photo: Archives/Mohamed Hesham/AFP)

La Révolution égyptienne se joue maintenant à l’envers: l’ex maître de l’Égypte, Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire à laquelle avaient participé les islamistes début 2011, devrait bientôt sortir de prison, pendant qu’au contraire, les dirigeants islamistes qui lui avaient succédé y sont maintenant incarcérés en grand nombre.

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Mise à jour du 21/08/2013 à 17h25

Hosni Moubarak restera en résidence surveillée lors de sa sortie de prison, qui devrait avoir lieu jeudi.

Le Premier ministre égyptien Hazem El-Beblawi a ordonné le placement du président déchu Hosni Moubarak, qui devrait être libéré de prison dans les prochaines 48 heures suite à une décision de justice rendue mercredi, en résidence surveillée obligatoire, rapporte le quotidien pro-gouvernemental Al-Arham. Moubarak restera également sur une liste d’interdiction de voyager.

Selon la télévision d’État égyptienne, le Premier ministre a rendu sa décision tard mercredi soir alors qu’il agissait à titre de commandant militaire adjoint en vertu des règles de la loi d’urgence actuellement appliquées.

La libération d’Hosni Moubarak pourrait créer encore plus de tensions en Égypte, où au moins 850 personnes, dont 70 policiers et soldats, ont été tuées depuis l’évacuation par la force, il y a cinq jours, des campements des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi qui avait succédé à Moubarak après qu’une révolte populaire l,eut chassé du pouvoir après 30 ans de règne sur l’Égypte.

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Un tribunal pénal du Caire a accepté tôt ce mercredi matin l’appel interjeté par l’ancien président Hosni Moubarak contre une ordonnance de détention récente.

Toutefois, le tribunal a ordonné qu’Hosni Moubarak reste encore en détention 48 heures pour donner à l’accusation une chance de décider si elle fera appel ou non de la décision de le libérer l’ancien maître de l’Égypte.

Mais source judiciaire a déclaré à la presse égyptienne que l’accusation ne fera probablement pas appel de l’ordonnance de libération, rapporte le qutidien pro-gouvernemental Al-Arham.

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak, faisait face à un nouveau procès en lien avec la mort de centaines de manifestants pendant le soulèvement qui a mené à sa chute en 2011.

C’est dimanche que s’était tenue une nouvelle audience du procès de M. Moubarak, détenu dans la prison de Tora au Caire, la même que les dirigeants islamistes. Bénéficiant d’une libération conditionnelle dans trois affaires — corruption et meurtre de manifestants–, il avait déposé une demande de conditionnelle dans sa quatrième et dernière affaire, de corruption également.

Jusqu’à présent, de nouvelles accusations étaient apparues à chaque fois qu’il devait bénéficier d’une libération conditionnelle, permettant le maintien en détention du président déchu.

Des sources judiciaires avaient expliqué plus tôt cette semaine sous couvert de l’anonymat que plus rien ne justifiait la détention de l’homme de 85 ans, détenu depuis avril 2011, puisqu’un individu ne peut être détenu pendant plus de deux ans en attente de son verdict

Hosni Moubarak avait été trouvé coupable et condamné à la prison à vie en juin dernier, relativement à la mort de quelque 900 manifestants pendant les 18 jours du soulèvement qui avaient oprécédé sa chute, mais sa condamnation a été renversée en appel et il devait subir un nouveau procès pour ses accusations en compagnie de son ancien responsable de la sécurité et de six officiers de la police.

Le tribunal avait ordonné la remise en liberté de M. Moubarak lundi en lien avec une affaire de corruption et de détournement de fonds les impliquant, lui et ses deux fils et avec deux autres dossiers, le meurtre de manifestants en 2011, lors des manifestations qui ont mené à sa chute, et une affaire de profits illégaux.

Par ailleurs, Moubarak devait aussi être traduit en procès pour avoir accepté des cadeaux de la part de médias officiels, mais cette affaire, selon l’avocat de l’ex-président, a été abandonnée parce qu’il en a déjà remboursé la valeur.

Donc, à moins d’un appel de l’accusation de ces décisions, plus rien ne s’oppose à la remise en liberté de l’ex raïs égyptien qui devrait bientôt redevenir un homme libre.

En revanche, le pouvoir égyptien installé par l’armée a arrêté mercredi de nouveaux cadres des Frères musulmans, la confrérie du président destitué Mohamed Morsi.

Au lendemain de l’arrestation du Guide suprême de la confrérie islamiste Mohamed Badie, les forces de sécurité ont arrêté d’autres responsables islamistes: Mourad Ali, le porte-parole du Parti de la Liberté et la Justice, vitrine politique des Frères qui avait remporté les premières législatives et présidentielle libres du pays, et Safwat Hegazy, un influent prédicateur islamiste, fervent soutien de M. Morsi.

Depuis la destitution et l’arrestation de M. Morsi le 3 juillet, la justice a lancé des centaines de mandats d’arrêt contre des membres ou des proches de la confrérie, et les forces de l’ordre ont arrêté des centaines de ses militants.

Le Guide suprême et ses deux adjoints, Khairat al-Chater et Rachad Bayoumi, doivent comparaître dimanche pour « incitation au meurtre » de manifestants anti-Morsi qui attaquaient le QG des Frères musulmans au Caire le 30 juin, journée de mobilisation massive contre M. Morsi.

M. Badie a réfuté les accusations portées contre lui lors de son premier interrogatoire mercredi. Sa confrérie a nommé pour le remplacer Mahmoud Ezzat, un partisan de la ligne dure.

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