Égypte: Morsi inculpé de «complicité de meurtre et de torture»

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Le président égyptien Mohamed Morsi (Photo: Forcalgeria, WikiCommons)
Le président égyptien Mohamed Morsi (Photo: Archives/ Forcalgeria, WikiCommons)

Le président égyptien Mohamed Morsi destitué et détenu par l’armée le 3 juillet dernier est inculpé de «complicité de meurtre et de torture» sur des manifestants protestant devant le palais présidentiel fin 2012, rapporte l’AFP, citant des sources judiciaires.

En décembre 2012, des milliers de manifestants s’étaient massés devant le palais présidentiel au Caire pour protester contre un décret constitutionnel de M. Morsi, l’accusant de chercher à islamiser la législation du pays.

M. Morsi était déjà en détention pour une affaire concernant son évasion de prison à la faveur de la révolte populaire qui a renversé son prédécesseur Hosni Moubarak et sa détention sera maintenant prolongée pendant l’enquête sur cette nouvelle affaire de complicité de meurtre et de torture»

Dans l’affaire d’évasion de prison, les charges portent tout particulèrment sur l’aide que lui aurait apportée le Hamas pour s’évader d’une prison où le régime Moubarak l’avait incarcéré début 2011, peu avant sa chute.

Morsi est accusé d’avoir collaboré avec le Hamas pour orchestrer son évasion de la prison de Wadi El-Natroun en janvier 2011. Pèsent contre lui aussi des accusations reliés à la destruction de dossiers de police, des actes d’espionnage, l’attaque des postes de police, l’homicide intentionnel et l’enlèvement des policiers et de prisonniers pendant le soulèvement à la prison de Wadi El-Natroun, en janvier.

Un tribunal égyptien avait statué le 23 juin que le Hamas palestinien, au pouvoir dans la bande de Gaza, et le Hezbollah libanais étaient impliqués dans cette évasion massive de la prison de Wadi Natroun, au nord-ouest de la capitale, ;ors de laquelle des milliers de prisonniers avaient submergé leurs gardiens pour se disperser ensuite dans les villes et les villages avoisinants.

La plupart des responsables des Frères musulmans sont actuellement en détention préventive ou en fuite et plusieurs des dirigeants de la confrérie, dont son Guide suprême Mohamed Badie, recherché par la justice, doivent être jugés à partir du 25 août pour «incitation au meurtre» de manifestants anti-Morsi qui tentaient d’attaquer leur quartier général dans la capitale.

Libération prochaine de Moubarak

En revanche, l’ancien président égyptien Hosni Moubarak, qui faisait lui aussi face à un nouveau procès en lien avec la mort de centaines de manifestants pendant le soulèvement qui a mené à sa chute en 2011, pourrait au contraire être libéré de prison plus tard cette semaine, rapportent les médias.

Alors que Moubarak est détenu depuis avril 2011, des sources judiciaires ont epliqué, sous couvert de l’anonymat, que plus rien ne justifie la détention de l’homme de 85 ans, puisqu’un individu ne peut être détenu pendant plus de deux ans en l’attente de son verdict

Hosni Moubarak avait été trouvé coupable et condamné à la prison à vie en juin dernier, relativement à la mort de quelque 900 manifestants pendant les 18 jours du soulèvement qui avaient oprécédé sa chute, mais sa condamnation a été renversée en appel et il devait subir un nouveau procès, en compagnie de son ancien responsable de la sécurité et de six officiers de la police, pour ces accusations.

Toujouers selon les mêmes sources, un tribunal aurait donc ordonné la remise en liberté de M. Moubarak lundi en lien avec une affaire de corruption et de détournement de fonds les impliquant, lui et ses deux fils et avec deux autres dossiers, le meurtre de manifestants en 2011, lors des manifestations qui ont mené à sa chute, et une affaire de profits illégaux.

Par ailleurs, Moubarak devait aussi être traduit en procès pour avoir accepté des cadeaux de la part de médias officiels, mais cette affaire, selon l’avocat de l’ex-président, serait abandonnée parce qu’il en a déjà remboursé la valeur.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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