Égypte: nouveaux affrontements sanglants entre manifestants pro-Morsi et forces de l’ordre

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Une tente en feu après l'intervention des forces de sécurité sur la place Rabaa al-Adawiya où campaient des partisans du président déchu Mohamed Morsi, le 14 août 2013 au Caire (Photo: Mohammed Abdel Moneim/AFP)
Une tente en feu après l’intervention des forces de sécurité sur la place Rabaa al-Adawiya où campaient des partisans du président déchu Mohamed Morsi, le 14 août 2013 au Caire (Photo: Mohammed Abdel Moneim/AFP)

Les heurts se poursuivent dans une Égypte à feu et à sang. Mercredi, la dispersion des manifestants pro-Morsi, menée par les forces de l’ordre, a d’ores et déjà fait plusieurs morts.

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Mise à jour 14/08/13 à 18h34

Le bilan s’établit pour l’instant à près de 280 personnes ont été tuées mercredi en Égypte dans la dispersion sanglant eau Caire des manifestations réclamant le retour du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée et dans les violences qui ont vite gagné l’ensemble du pays.

Les autorités ont indiqué que 235 civils et 43 policiers avaient péri à travers le pays. Mais le bilan est probablement bien plus élevé, un journaliste de l’AFP ayant décompté 124 cadavres sur la seule place Rabaa al-Adawiya, QG des manifestants pro-Morsi au Caire, où le ministère de la Santé a fait état de 61 morts.

A l’issue d’une journée de heurts meurtriers, les autorités ont décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans la moitié des provinces, dont celles du Caire et d’Alexandrie (nord) et, une heure après l’entrée en vigueur de ce couvre-feu, des responsables de la sécurité ont indiqué à l’agence française que le calme était revenu dans l’ensemble du pays.

Ce pourrait toutefois n’être que temporaire, la tension restant à son comble dans le pays où les islamistes ont appelé à de nouvelles manifestations tandis que les forces de l’ordre prévenaient qu’elles n’accepteraient aucun nouveau sit-in, après avoir pris le contrôle des deux places du Caire où des pro-Morsi campaient depuis un mois et demi.

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Mise à jour 14/08/13 à 16h01

Près de 200 personnes ont été tuées mercredi en Egypte dans la dispersion sanglante au Caire des manifestations réclamant le retour du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée, ainsi que des violences qui ont vite gagné l’ensemble du pays.

Les autorités ont indiqué que 149 civils et 43 policiers avaient péri à travers le pays, mais le bilan est probablement bien plus élevé, un journaliste de l’AFP ayant décompté 124 cadavres sur la seule place Rabaa al-Adawiya, QG des manifestants pro-Morsi au Caire.

En outre, 543 personnes arrêtées.

À l’issue d’une journée de heurts meurtriers, les autorités ont décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans la moitié des provinces, dont celles du Caire et d’Alexandrie (nord).

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Mise à jour 14/08/14 à 13h13

Le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, vice-président dans le gouvernement intérimaire d’Adly Mansour, et qui avait apporté sa caution morale à la destitution de M. Morsi le 3 juillet par les militaires, a présenté sa démission. Il avait à plusieurs reprises plaidé pour une solution politique à la crise, répétant que les Frères musulmans devaient participer à la transition.

Dans la matinée, une autre figure morale s’était désolidarisée de l’opération meurtrière des forces de l’ordre: l’imam d’Al-Azhar, plus haute autorité de l’islam sunnite, qui avait expliqué n’avoir pas eu connaissance des méthodes que les forces de l’ordre comptaient employer.

La Maison Blanche pour sa part a condamné «avec force» le recours à la violence et s’est opposée au retour de l’état d’urgence dans le pays en proie à des heurts meurtriers.

Alors que Paris et Berlin lançaient des appels au calme, Londres a « condamné l’utilisation de la force » et la Suède a fait porter la « principale responsabilité » des violences aux autorités.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lui aussi «condamné dans les termes les plus fermes les violences».

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Mise à jour 14/08/13 à 11h25

L’état d’urgence a été décrété mercredi en Égypte après que la dispersion par les forces de l’ordre de rassemblements de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi a viré au bain de sang, avec plus de 120 morts.

Cet assaut, qui a reçu une salve de condamnations internationales, a provoqué des violences à travers toute l’Égypte, les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, ayant appelé à manifester pour «mettre fin au massacre».

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Mise à jour 14/08/13 à 8h43

Au moins 124 partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont été tués sur l’une des deux places évacuées de force au Caire, a rapporté un journaliste de l’AFP qui a pu compter les cadavres dans trois morgues improvisées.

Ce bilan, sur la place Rabaa al-Adawiya, le QG des manifestants qui l’occupent depuis plus d’un mois, ne tient pas compte des morts éventuels sur l’autre sit-in des pro-Morsi au Caire, la place Nahda, ni de ceux d’autres affrontements en cours dans le pays. Les manifestants parlent, eux, de plus de 2 200 morts et 10 000 blessés, des chiffres impossible à confirmer de sources indépendantes.

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Mise à jour 14/08/13 à 8h05

Des trainées de sang conduisent à la morgue improvisée sous une tente près du QG des manifestants pro-Morsi, place Rabaa al-Adawiya où gisent les cadavres de 43 hommes dont certains tués par balle, deux heures à peine après le début de l’assaut de la police et de l’armée au Caire.

Tout autour de cet «hôpital de campagne» de fortune, les grenades lacrymogènes pleuvent sans discontinuer et les rafales assourdissantes d’armes automatiques le disputent aux chants islamistes crachés par les haut-parleurs de la tribune voisine.

Nahda était «totalement sous le contrôle» des forces de l’ordre, mais les islamistes tentent encore de protégerla mosquée Rabaa al-Adawiya, servant de QG et de centre de presse aux quelques responsables des Frères musulmans qui n’avaient pas encore été interpellés, mais sont sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Dans les innombrables communiqués qu’ils publient en temps réel par courriel, sur Twitter ou Facebook, accompagnés de photos d’hommes aux crânes explosés, aux blessures béantes et aux enfants en pleurs, les responsables de communications de la Confrérie, retranchés dans la mosquée, parlent de plus de 2200 morts et 10 000 blessés…

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«Ce n’est pas une tentative de dispersion mais une tentative d’écraser d’une façon sanglante toute voix opposée au coup d’État militaire.» S’exprimant sur Twitter, Gehad el-Haddad, porte-parole des Frères musulmans, s’estm indigné de la répression menée par les autorités égyptiennes à l’égard des manifestants pro-Morsi.

Des policiers pointent leurs armes sur des manifestants de la place Rabaa al-Adawiya, le 14 août 2013 au Caire (Photo: Mohammed Abdel Moneim/AFP)

L’opération, déclenchée mercredi matin, a fait de nombreuses victimes, dont plusieurs par balles, comme a pu le constater un journaliste de l’AFP, dans une morgue de fortune sur la place Rabaa al-Adawiya. Les Frères musulmans ont, pour leur part, fait état de 100 morts et près de 2 000 blessés.

Des membres des forces de sécurité ont également été tués, a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, affirmant que les manifestants avaient ouvert le feu sur la police.

Les invectives se poursuivent ainsi entre les autorités et la confrérie du président déchu, Mohamed Morsi. Depuis un mois, ses partisans sont retranchés derrière des barricades avec femmes et enfants sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda.

Des images de télévision montraient, mercredi, des bulldozers enfoncer ces barrières de fortunes faites de pavés et de sacs de sable. Les policiers ont également fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Les Frères musulmans ont ensuite appelé «les Égyptiens à descendre dans la rue pour arrêter le massacre.»

Près de 250 victimes en un mois et demi de manifestations

Plus d’un mois après la destitution de Mohamed Morsi par l’armée, le pays peinait à entamer la transition démocratique.

Pire encore, le fossé semblait se creuser à mesure que les jours avancent entre les anciennes et actuelles autorités au pouvoir.

Depuis fin juin, c’était près de 250 personnes qui avaient péri lors des violences entre pro et anti-Morsi et entre pro-Morsi et forces de l’ordre [ elles ont maintenant, avec les morts de mercredi, plus de 450 ans].

Pour autant, les États-Unis s’étaient prononcé favorablement, mardi, quant au droit de manifester des pro-Morsi, afin d’éviter toute nouvelle éruption de violence. «Nous encourageons le gouvernement intérimaire à laisser le peuple manifester, c’est un élément fondamental pour faire avancer le processus démocratique», avait déclaré une porte-parole du département d’État, Marie Harf.

Au lendemain de la prolongation de 15 jours de la détention préventive de Mohamed Morsi, accusé de s’être évadé de prison début 2011 avec la complicité du Hamas palestinien, plusieurs personnes avaient manifesté devant plusieurs ministères au Caire entourés par les forces de l’ordre.

Des affrontements violents entre pro et anti-Morsi avaient fait par ailleurs un mort et dix blessés mardi dans la soirée, lors de laquelle les belligérants se s’étaient affronté à coups de chevrotines.

Si la communauté internationale appelle au calme, une trêve ne semble pas encore d’actualité.


Au Caire, nouvelles violences entre pro et anti-Morsi – 13 août 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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