Extension du conflit syrien au Liban: au moins 18 morts dans un attentat à Beyrouth

Dans une vidéo mise en ligne le jour même, un groupuscule jusqu'ici inconnu « Les compagnies d'Aïcha oum el-Mou'minine», revendique l'attentat du 15 août à Beyrouth (Photo: capture d'écran/vidéo« les compagnies d'Aïcha»/45eNord.ca)
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Dans une vidéo mise en ligne le jour même, un groupuscule jusqu'ici inconnu « Les compagnies d'Aïcha oum el-Mou'minine», revendique l'attentat  du 15 août à Beyrouth (Photo: capture d'écran/vidéo« les compagnies d'Aïcha»/45eNord.ca)
Dans une vidéo mise en ligne le jour même, un groupuscule jusqu’ici inconnu «Les compagnies d’Aïcha oum el-Mou’minine», revendique l’attentat du 15 août à Beyrouth (Photo: capture vidéo «les compagnies d’Aïcha»)

Au moins 18 personnes ont été tuées ce jeudi dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah qui combat les insurgés en Syrie aux côtés du régime de Damas lors de l’attentat à la voiture piégée le plus meurtrier depuis trois décennies revendiqué par un groupuscule inconnu se réclamant des rebelles syriens.

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Mise à jour 17/08/13 à 14h30

Le bilan de l’attentat qui a frappé jeudi la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah chiite, s’est alourdi à 27 morts, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

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Selon un bilan de la Croix-Rouge publié à 22h00, heure de Beyrouth (15h00, heure de Montréal), au moins 18 personnes ont été tuées et près de 250 blessées dans la déflagration, survenue à un carrefour de Roueiss, un secteur résidentiel et commercial densément peuplé de la banlieue chiite de la capitale libanaise..

La chaîne télé du Hezbollah, Al-Manar, a montré une foule paniquée et en colère attroupée sur les lieux. «Le terrorisme frappe de nouveau la banlieue sud», a commenté le présentateur d’Al-Manar, pour qui le mouvement chiite, qui a choisi de se battre en Syrie aux côtés des forces de Bachar al-Assad, «paye le prix de sa position».

Le Hezbollah chiite, qui est a fait pencher la balance du côté du régime de damas depuis que ses combattants se sont engagés au côtés des forces gouvernementales, est devenu lla cible des insurgés syriens, en majorité des sunnites, et de leurs alliés libanais.

Dans une vidéo du groupuscule au nom à forte connotation sunnite, «Les compagnies d’Aïcha oum el-Mou’minine» (du nom de l’épouse favorite de Mahomet), revendiquant l’attentat, on peut voir et entendre un homme cagoulé, flanqué de deux autres hommes armés déclarer, notamment; «Hassan Nasrallah, nous t’envoyons notre deuxième puissant message, car tu ne comprends toujours pas».


Avertissement: nous vous présentons cette vidéo sous toute réserve, puisqu’elle n’a pas été authentifiée (Vidéo: Les compagnies d’Aïcha).

C’est le deuxième attentat en six semaines à avoir lieu dans les quartiers contrôlés par le Hezbollah où, le 9 juillet, une voiture piégée avait fait une cinquantaine de blessés.

Cet attentat semble donc un défi au chef du mouvement chiite libanais, Hassan Nasrallah, qui affirmait la veille avoir pris des mesures pour éviter un second attentat après celui du 9 juillet qui avait été quant à lui revendiqué par groupuscule syrien inconnu, Brigade 313, qui disait à l’implication du Hezbollah dans les combats en Syrie.

Le Hezbollah pointe Israël

Pour leur part, le Hezbollah et certains politiques libanais pointent Israël, l’ennemi commun bien commode, qui a bien souvent réussi à fédérer plusieurs factions libanaises contre lui.

Le président de la République libanaise Michel Sleimane, condamnant l’attentat «terroriste», «criminel» et «lâche», a évoqué la piste d’Israël, ennemi juré du Hezbollah, tout comme le ministre syrien de l’Information Omrane al-Zohbi et l’analyste et expert du Hezbollah, Waddah Charara.

«Cet attentat s’inscrit dans la guerre que se livrent Israël et le mouvement chiite et qui s’est traduit récemment par l’incursion de soldats israéliens en territoire libanais», avance l’analyste du Hezbollah. Le chef du Hezbollah avait aussi revendiqué récemment deux explosions qui ont blessé le 7 août quatre soldats israéliens.

Pour sa part, le ministre canadien des Affaires étrangères a condamné fermement cet attentat et exhorté «la population du Liban à rester unie devant cet acte de terrorisme odieux et à refuser catégoriquement de recourir à la violence.»

«Le Canada», a dit John Baird «reste très préoccupé par le risque que le Liban ne soit entraîné dans le conflit syrien par des éléments terroristes de part et d’autre de la frontière. De même, il ne souhaite pas voir le Liban devenir un nouveau théâtre d’affrontements sectaires ou de règlements de comptes syriens.»

L’attentat d’aujourd’hui est le plus meurtrier dans la banlieue depuis la tentative d’assassinat en 1985 par la CIA de Mohammad Hussein Fadlallah, alors guide spirituel du Hezbollah, qui avait fait près de 80 morts et le plus sanglant à Beyrouth dans la période de l’après guerre civile, après celui en 2005 de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, qui avait fait 23 morts.


Un attentat frappe le fief du Hezbollah à Beyrouth (Vidéo: Euronews)

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