Kurdistan syrien: les djihadistes tirent sur les ambulances et massacrent les civils

Des jihadistes combattent les forces du régime syrien, le 4 avril 2013 à Aziza, au sud d'Alep (Photo: Archives/Guillaume Briquet/AFP)
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Des combattants du groupe jihadiste Al-Nosra, le 4 avril 2013 près d'Alep (Photo: Archives/Guillaume Briquet/AFP)
Des combattants du groupe djihadiste Al-Nosra, le 4 avril 2013 près d’Alep (Photo: Archives/Guillaume Briquet/AFP)

Les djihadistes d’Al-Qaïda ont lancé une nouvelle offensive contre les régions à majorité kurde du nord de la Syrie, faisant au moins 17 morts, s’en prenant aux civils et n’hésitant pas à tirer sur les ambulances et poussant à l’exode de nombreux habitants, a indiqué samedi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Ce matin, dans la province d’Al-Hasaka des combattants de l’Émirat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont attaqué le village d’al-Asadiya plus tôt ce matin , habité par des civils kurdes de confession Yazidi, sur la route qui mène à Ras al A’in Derbasiya, une ville stratégique dont les Kurdes syriens avaient chassé les djihadistes plus tôt ce mois-ci.

Les affrontements qui ont éclaté entre l’EIIL et les habitants du village et fait un mort et plusieurs blessés parmi les habitants du village qui ont alors fui vers les villages voisins.

Deux ambulanciers ambulanciers kurdes ont aussi été tués et un autre infirmier blessé dans l’explosion d’un engin explosif artisanal visant une ambulance une ambulance du Croissant rouge kurde qui avait auparavant transporté plusieurs personnes blessées lors des bombardements des djihadistes de l’EIIL et du front al-Nosra sur Ras al-Aïn.

Des militants de la région , selon ce que rapporte encore l’OSDH, ont déclaré que les combattants I’EIIL ont commencé à tirer sur l’ambulance avec des mitrailleuses lourdes après l’explosion.

Les combattants des comtés de protection kurdes, le YPG, qui ont ensuite ratissé la zone ont engagé le combat contre les forces djihadistes de l’EIIL et d’al-Nosra qui ont fait 4 morts du côté des combattants kurdes, dont une femme, et 11 chez les djihadistes.

Depuis le début du conflit, les Kurdes ont été attaqués de toute part. Ils ont subi, depuis le début de la guerre civile, les attaques répétées des groupes islamistes dont al-Nosra et des groupes liés à l’armée syrienne libre (ASL), notamment dans la région d’Afrin, ainsi que les attaques du régime de Bachar al-Assad.

Depuis le 19 juillet 2012, les Kurdes, qui tentent de se tenir loin du conflit et de préserver leur autonomie, ont tout de même réussi à prendre le contrôle de neuf villes dans leur région et, dans le cas de Rass al-Ains, un accord sur la cessation des hostilités entre les Kurdes et l’armée syrienne libre (ASL) avait été conclu le 17 février 2013.

Mais, avec les islamistes radicaux, impossible de parvenir à un accord!

Depuis plusieurs semaines, de violents combats opposent dans le nord et le Nord-est syrien les djihadistes aux combattants kurdes qui ont réussi à chasser les islamistes de plusieurs secteurs, le plus important étant la localité de Ras al-Aïn, à la frontière turque.

L’offensive de ce matin, selon les observateurs, s’inscrit dans l’objectif plus global de l’EIIL de s’emparer de cette région, abandonnée l’an dernier par l’armée régulière aux combattants kurdes afin d’y établir un «califat» à cheval sur l’Irak et la Syrie.

Dernier bilan des pertes de vie: plus de 106.000

Par ailleurs, le dernier bilan qu’a publié aujourd’hui l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme des pertes de vie depuis le début des soulèvements le 18 mars 2011, à partir de la première victime de Deraa, jusqu’au 9 août 2013, s’élève maintenant à 106 423 victimes.

Les morts comprennent:

  • 38.660 civils (dont 5.553 enfants et 3.607 femmes).
  • 15.191 combattants rebelles.
  • 2.106 défection soldats et officiers.
  • 26.853 soldats réguliers.
  • 2.680 victimes non identifiées (documenté avec des photos et vidéos).
  • 3.198 rebelles non syriens et non identifiés (dont la plupart sont non-Syriens).
  • 17.564 combattants des comités populaires, les forces nationales de défense, Shabiha et informateurs du régime.
  • 171 combattants du Hezbollah libanais.

Le bilan des morts ne comprend pas les plus de 10 000 détenus et des personnes disparues à l’intérieur des prisons du régime, ni les plus de 4.000 soldats réguliers et les militants du régime détenus en captivité par les combattants rebelles.

L’OSDH dit estimer également que le nombre réel de pertes de vie des forces régulières et des combattants rebelles est «de deux fois le nombre documenté, parce que les deux côtés sont discrets sur les pertes en vies humaines résultant des affrontements.»

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