La mission d’enquête de l’ONU en Syrie sur les armes chimiques encore retardée

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Le chef de la mission d'établissement des faits concernant les allégations selon lesquelles des armes chimiques auraient été employées en Syrie, Ake Sellström (Photo: Archives/ONU)
Le chef de la mission d’établissement des faits concernant les allégations selon lesquelles des armes chimiques auraient été employées en Syrie, Ake Sellström (Photo: Archives/ONU)

L’équipe des Nations-Unies chargée d’enquêter sur l’utilisation présumée d’armes chimiques en Syrie est désormais prête à partir, mais, contrairement à ce que l’optimisme des dernières semaines laissait croire, Damas et l’ONU ne se sont pas encore parvenus à s’entendre sur les modalités de son déploiement et le départ de la mission est retardée.

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Mise à jour 15/08/13 à 11h23

Le gouvernement syrien a donné son feu vert aux modalités proposées pour la mission d’inspection de l’ONU sur les armes chimiques et le départ des experts onusiens est « imminent », a annoncé mercredi l’ONU.

Selon un communiqué de son porte-parole, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon «se réjouit d’annoncer que le gouvernement syrien a formellement accepté les modalités essentielles« pour assurer la sécurité et l’efficacité de cette mission. « Le départ de l’équipe (d’experts) est désormais imminent ».

M. Ban remercie le gouvernement syrien pour sa «coopération« et réaffirme que l’objectif de l’ONU est une «enquête totalement indépendante et impartiale».

*Avec l’AFP
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Après s’être entendue fin juillet avec la Syrie sur les sites que visiteraient les enquêteurs de l’ONU, l’organisation internationale a toutefois fait savoir que, dès que le gouvernement syrien confirmera son acceptation des modalités, l’équipe partira immédiatement.

La commission d’enquête internationale dirigée par le Suédois Ake Sellström avait été instituée à la demande du gouvernement syrien après l’explosion d’un obus chimique dans les environs d’Alep le 19 mars dernier.

Le gouvernement syrien et l’opposition s’accusaient (et s’accusent encore) mutuellement de recourir à l’arme chimique dans la guerre civile qui ravage le pays.

La commission d’enquête n’avait par contre pu encore commencer ses travaux, Damas et l’ONU ne s’entendant pas sur la teneur et l’ampleur de l’enquête.

Le régime syrien insistait pour que les enquêteurs onusiens se concentrent sur l’incident attribué par Damas à l’opposition syrienne et survenu en mars dernier à Khan al-Assal, près d’Alep (nord), mais n’enquêtent pas sur les accusations similaires portées contre l’armée syrienne par Londres et Paris à propos des incidents à Khan al-Assal ainsi qu’à Homs, le 23 décembre 2012.

Fin juillet, le gouvernement syrien avait enfin donné tout de même son accord pour que des enquêteurs des Nations-Unies se rendent sur trois sites, Khan al-Assal, mais aussi Ataybah, près de Damas, où une attaque à l’arme chimique a été signalée en mars, et Homs, pour une attaque suspecte le 23 décembre dernier.

Les discussions sur les modalités se poursuivent

Dirigée par le scientifique suédois Åke Sellström, l’équipe a donc finalement achevé de prendre ce weekend toutes ses dispositions sur le plan logistique, a déclaré mardi le porte-parole adjoint de l’ONU,Eduardo del Buey, mais reste bloqué faute d’entente sur les modalités de l’enquête.

La Haute Représentante pour les affaires de désarmement, Angela Kane, a poursuit donc ses consultations avec Damas «en vue de parvenir à un accord dès que possible sur les modalités essentielles de coopération pour assurer le bon déroulement, sûre et efficace de la mission», a dit del Buey.

L’affaire traîne depuis mars dernier alors que plusieurs observateurs craignent que les preuves aient été effacées ou «modifiées», mais d’autres croient tout de même que se rendre sur place permettra au moins aux enquêteurs de la Mission de l’ONU d’avoir accès aux rapports d’autopsie et d’entendre le témoignage des victimes directes de ces événements.

Le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky avait pourtant annoncé le 6 Août que les préparatifs devaient être achevés «dans les prochains jours, après quoi la date de la mission en Syrie sera annoncée», mais on en est maintenant à se demander si les annonces de l’ONU n’auraient pas péché par excès d’optimisme.

L’opposition élabore un plan de transition

Pendant ce temps, optimiostes eux aussi, des membres de l’opposition libérale syrienne ont préparé un programme de transition pour en arriver à une réconciliation nationale après la chute du régime.

Ce plan d’action doit être présenté mercredi à Istanbul en présence du nouveau chef de l’opposition Ahmad Jarba, mais il ne sera toutefois pas officiellement adopté par la Coalition nationale de l’opposition.

«La réconciliation nationale sera menée à bien par le biais d’un long processus judiciaire transitionnel qui devra rendre justice à toutes les victimes de Syrie», a précisé la Coalition dans un communiqué.

Les forces du régime de Bachar al-Assad et les rebelles sont régulièrement l’objet d’accusations d’atrocités contre leurs adversaires et contre la population civile.


Eduardo del Buey annonce que la mission d’enquête de l’ONU est prête à partir, mais son départ est retardé, faute d’entente avec Damas sur les modalités (Vidéo: World leaders TV)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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