Le 9 août à Québec, un millier de personnes ont rendu hommage aux Casques bleus canadiens

À Québec vendredi 9 août 2013 avait lieu à la Place Georges V, face au Manège des Voltigeurs, la cérémonie de la « Journée des Gardiens de la Paix», en hommage aux nombreux soldats canadiens qui ont servi dans les missions de la paix de l'ONU (Photo: Raymonde Thériault/45eNord.ca)
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À Québec vendredi 9 août à la Place Georges V, face au Manège des Voltigeurs, la cérémonie de la « Journée des gardiens de la Paix» réunissait un millier de personnes pour rendre hommage aux nombreux soldats canadiens qui ont servi dans les  missions de la paix de l’ONU.

Le 9 août est désigné depuis 2008 comme une journée pour honorer et commémorer les Gardiens de la paix canadiens qui ont servi ou servent actuellement dans des opérations de paix partout dans le monde.

Cette date a été choisie pour commémorer les événements du 9 août 1974, où neuf Gardiens de la paix canadiens, au service de la Force d’urgence des Nations Unies en Égypte et en Israël, ont péri lors de l’écrasement de leur avion abattu par un missile en Syrie.

C’est ainsi que le 9 août, des militaires, des anciens combattants, des policiers canadiens et des civils participent à des cérémonies partout au pays pour marquer cette journée.

À Québec, le principal organisateur de la «Journée des gardiens de la paix» était le sergent à la retraite Dan Lafontaine et l’Association des vétérans autochtones.

Pour sa troisième édition seulement dans la Vieille capitale, l’événement a réuni un millier de personnes, miltaires, civils et gardiens de la paix venant de divers corps policiers pour honorer la mémoire de ceux qui ont servi et ont perdu leur vie dans l’effort d’instauration d’un climat de paix.

«La journée d’aujourd’hui est une occasion de réfléchir aux bienfaits qui découlent de l’action de nos gardiens de la paix à travers le monde», a déclaré à ce propos le nouveau ministre des Anciens combattants, Julian Fantino, qui était représenté à la cérémonie par le député conservateur de Lotbinière, Jacques Gourde. «Nous pouvons être fiers des réalisations des Canadiens. Ils ont  risqué leur vie afin d’établir la sécurité dans des zones troublées», a encore dit le ministre.

La cérémonie à Québec était présidée par le lieutenant-général à la retraite Paul Addy, qui a lui-même servi en Égypte et à Chypre et fut représentant du Canada au Comité militaire de l’OTAN, à Bruxelles.

Parmi les dignitaires présents, on retrouvait, notamment,  le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchêne, les représentants des Consulats de France et des États-Unis, l’ombudsman canadien des vétérans, Guy Parent,  le brigadier-général Jean-Marc Lanthier, commandant de la 2e Division du Canada, Forces opérationnelles interarmées(Est), le colonel Dany Fortin, commandant du 5e GBMC,et le colonel Denis Thébeau, commandant du 35e GBC.

La cérémonie à Québec 

L’arrivée du lieutenant-gouverneur a été saluée par une salve de 15 coups, puis, deux hélcoptères Griffon des Forces canadiennes sont passés dans le ciel de Québec au dessus de la Place Georges V et du Manège des Voltigeurs.

Avant la cérémonie à la chandelle, s’est déroulé un rituel de purification des lieux suivi de l’Hommage aux vétérans et aux premiers peuples du Canada.

Lors du rituel de purification, exécuté par l’aîné Huron-Wendat Raymond Gros-Louis, de Wendake, du tabac enveloppé dans un tissu rouge a été remis aux dignitaires, symbole sacré remis aux guerriers, dès leur retour de guerre.

Puis, ce fut l’entrée des drapeaux et de la sentinelle, sous la musique des cornemuses du 6e RAC et l’escorte des cadets du Québec (camp de Valcartier) et des Rangers.

Après les allocutions d’usage, le président d’Honneur, le lieutenant-général Addy, a formé une garde d’honneur avec un représentant de chacune des missions de paix autour du Monument de la Bravoure sur la place Georges V avant que ne retentisse l’Hymne national.

Puis, le lieutenant-général Addy et trois jeunes participants ont lu l’Acte et la Prommesse du Souvenir.

Ils sont partis en chantant à la bataille, ils étaient jeunes,En pleine forme, vif d’œil, stables et rayonnants.

Ils étaient loyaux jusqu’à la fin contre toute attente,

Ils sont tombés, leurs visages tournés vers l’adversaire.

Ils ne vieilliront pas, comme nous, qui leur avons survécu;

Ils ne connaîtront jamais l’outrage ni le poids des années.

Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore,

Nous nous souviendrons d’eux.

Ils étaient jeunes, tout comme nous.

Avec amour, ils ont servi leur patrie.

Nous nous engageons envers eux à défier le temps qui passe

Et à tenir bien haut le flambeau du Souvenir.

Nous nous souviendrons.

Des chandelles ont ensuite été remises au lieutenant-général Addy, aux dignitaires, à chaque vétéran de la garde d’honneur et aux cadets présents.

Le clairon a alors joué la «Sonnerie aux morts», suivie de 2 minutes de silence et de la complainte de la cornemuse, puis, il a joué la «Sonnerie du Réveil», pour marquer cette fois la «résurrection de l’esprit des soldats morts à la guerre».

Finalement, les représentants des missions de paix et les dignitaires ont déposé leurs chandelles au pied du monument, suivis des cadets.

Les missions de «maintien de la paix»: une invention canadienne

Depuis 1956, le Canada a fourni à l’ONU plus de 160 000 soldats qui ont participé à plus d’une soixantaine de missions dont 134 ont donné leur vie, faisant ainsi l’ultime sacrifice pour la paix.

Longtemps, le nom du Canada a été lié aux missions de la paix de l’organisation internationale à travers le monde et on pourrait dire que les «missions de maintien de la paix», c’est une «invention canadienne».

Avant 1956, en fait depuis 1948, l’ONU avait déployé plusieurs missions d’observation, mais leurs fonctions étaient restreintes à observer et surveiller les cessez-le-feu après qu’un accord ait été conclu (l’Organisme des Nations Unies chargé de la Surveillance de la Trêve (ONUST), formé en 1948 pour superviser la trêve en Palestine par suite de la guerre arabo-israélienne, et le Groupe d’Observateurs Militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan (UNMOGIP), établi en 1949 pour superviser les cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan).

C’est le Premier-ministre canadien et prix Nobel de la Paix, Lester B. Pearson, alors qu’il n’était  encore que ministre des Affaires extérieures, qui a proposé d’aller plus loin que de simples missions de surveillance.

Dans son allocution à une session d’urgence de l’Assemblée générale des Nations-Unies le 2 novembre 1956, en pleine crise de Suez, Lester B.Pearson a déclaré qu’il fallait «une véritable force de paix et de police internationale… suffisamment grande pour garder les frontières en état de paix pendant qu’on forgeait un règlement politique».

C’est fut alors la création de la première véritable «mission de maintien la paix» de l’ONU.

Puis, après Suez, ce furent le Congo, Chypre, le Cambodge, le Timor Oriental, le Soudan, etc. et les missions de «maintien de la paix» sont devenues de véritables mécanismes officiel de résolution des conflits.

Une «mission de maintien de la paix se définissait jusqu’à tout récemment par «le déploiement de personnel militaire et civil international dans une zone de conflit, […] avec le consentement des parties en cause, afin d’arrêter le conflit ou l’empêcher de s’aggraver ou bien veiller à la bonne mise en oeuvre d’un accord de paix ».

Mais ce concept a continué et continue encore d’évoluer à mesure que de nouveaux conflits surgissent. On en est même arrivé aujourd’hui à la création, au sein de la Mission des Nations-Unies au Congo, la MONUSCO, d’une brigade d’intervention de plus de 3 000 hommes au mandat offensif chargée de «neutraliser les groupes armés» opérant à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Le Canada, qui a une solide tradition de maintien de la paix, continue pour sa part à participer à plusieurs missions de l’ONU, dont celle de la MINUSTAH, en Haïti, où un peloton composé de 34 militaires du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, de la base de Valcartier, a été déployé en juin dernier en vue de s’intégrer aux opérations d’un bataillon brésilien en Haïti.

Le rôle du Canada dans le maintien de la paix des Nations Unies ne s’est toutefois pas pas accompli sans sacrifice et le Canada occupe le 2e rang parmi les décès en cours de missions de maintien de la paix.

Participations canadiennes aux missions de l’ONU

Il était impensable de faire une liste partielle des contributions canadiennes aux «missions de maintien de la paix» de l’ONU.

En effet, de quel droit aurions nous pu omettre une mission?

Voici donc la liste complète des participations canadiennes aux missions de maintien de la paix et aux missions de surveillance de l’ONU de l’Association canadienne des Nations-Unies.

Afrique

  • ONUC 1960–1964, Opération des Nations Unies au Congo
  • UNTAG 1989–1990, Groupe d’Assistance des Nations-Unies pour la Période de Transition
  • UNAVEM II 1991–1995, Deuxième Mission de Vérification des Nations Unies en Angola
  • MINURSO 1991–présent, Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental
  • ONUMOZ 1992–1994, Opération des Nations Unies au Mozambique
  • ONUSOM I, II 1992–1995, Opération des Nations Unies en Somalie
  • MONUOR 1993–1994, Mission d’Observation des Nations-Unies Ouganda-Rwanda
  • MINUAR 1993–1996, Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda
  • MINURCA 1998–2000, Mission des Nations Unies en République Centrafricaine
  • MINUSIL 1999–2005, Mission des Nations Unies en Sierra Leone
  • MONUC 1999–présent, Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo
  • MINUEE 2000–présent, Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée
  • MINUL 2003–présent, Mission des Nations Unies au Libéria
  • ONUCI 2004–présent, Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire
  • MINUS 2005–présent, Mission Préparatoire des Nations-Unies au Soudan

Amériques

  • DOMREP 1965–1966, Mission du Représentant Spécial du Secrétaire Général en République dominicaine
  • ONUCA 1989–1992, Groupe d’Observateurs des Nations-Unies en Amérique Centrale
  • ONUSAL 1991–1995, Mission d’Observation des Nations-Unies en El Salvador
  • MINUHA 1993–1996, Mission des Nations Unies en Haïti
  • MANUH 1996–1997, Mission d’Appui des Nations-Unies en Haïti
  • MINUGUA 1997, Mission de Vérification des Nations Unies au Guatemala
  • MITNUH 1997, Mission de Transition des Nations Unies en Haïti
  • MIPONU 1997–2000, Mission de Police Civile des Nations-Unies en Haïti
  • MINUSTAH 2004–présent, Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti

Asie

  • UNMOGIP 1949–présent, Groupe d’Observateurs Militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan
  • UNSK 1950–1954, Service Militaire de l’ONU en Corée
  • UNSF 1962–1963, Force de Sécurité des Nations Unies en Nouvelle-Guinée Occidentale
  • UNIPOM 1965–1966, Mission d’Observation des Nations-Unies dans l’Inde et le Pakistan
  • UNGOMAP 1988–1990, Mission de Bons Offices des Nations-Unies en Afghanistan et au Pakistan
  • MIPRENUC 1991–1992, Mission Préparatoire des Nations-Unies au Cambodge
  • APRONUC 1992–1993, Autorité Provisoire des Nations-Unies au Cambodge
  • MANUTO 1999, Mission d’Assistance des Nations Unies au Timor Oriental
  • MINUT 2006–présent, Mission Intégrée des Nations-Unies au Timor Oriental

Europe

  • FORPRONU 1992–1995, Force de Protection des Nations-Unies en Ex-Yougoslavie
  • MINUBH 1995–présent, Mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine
  • ONURC 1995–1996, Opération des Nations Unies pour le Rétablissement de la Confiance en Croatie
  • FORDEPRENU 1995–1999, Force de Déploiement Préventif des Nations-Unies en Ex-Yougoslavie
  • ATNUSO 1996–1998, Administration Transitoire des Nations-Unies pour la Slovanie Orientale, la Baranja et le Srem Occidental

Moyen-Orient

  • GONUL 1958, Groupe d’Observation des Nations Uniesau Liban
  • FUNU I 1956–1967, Première Force d’Urgence des Nations-Unies dans la Péninsule du Sinaï
  • UNYOM 1963–1964, Mission d’Observation des Nations-Unies au Yémen
  • FUNU II 1973–1979, Deuxième Force d’Urgence des Nations-Unies dans la Péninsule du Sinaï
  • FINUL 1978–présent, Force Intérimaire des Nations-Unies au Liban
  • GOMNUII 1988–1991, Groupe d’Observateurs Militaires des Nations-Unies pour l’Iran et l’Iraq
  • UNAMI 2003–présent, Mission d’Assistance des Nations-Unies en Iraq


«Journée des Gardiens de la Paix 2013», Place Georges V, à Québec, 9 août (Vidéo: Raymonde Thériault/45eNord.ca)

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