Les enquêteurs de l’ONU sur l’utilisation des armes chimiques enfin à Damas

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Un homme équipé d'un masque à gaz et un jeune garçon courent dans une rue d'Alep, dans le nord de la Syrie, en mars 2013 (Photo: Archives/Bulent Kilic/AFP)
Un homme équipé d’un masque à gaz et un jeune garçon courent dans une rue d’Alep, dans le nord de la Syrie, en mars 2013 (Photo: Archives/Bulent Kilic/AFP)

Six mois après les événements qui doivent faire l’objet de leur enquête, les inspecteurs de l’ONU chargés d’examiner l’utilisation d’armes chimiques dans le conflit en Syrie sont enfin arrivés dimanche à Damas, rapporte ce matin l’AFP.

Un correspondant de l’agence française dit avoit constaté que plus de dix inspecteurs sont arrivés dans un hôtel de la capitale syrienne.

Ils n’ont toutefois fait aucune déclaration à la presse.

La commission d’enquête internationale dirigée par le Suédois Ake Sellström avait été instituée à la demande du gouvernement syrien après l’explosion d’un obus chimique dans les environs d’Alep le 19 mars dernier.

Le gouvernement syrien et l’opposition s’accusaient (et s’accusent encore) mutuellement de recourir à l’arme chimique dans la guerre civile qui ravage le pays.

La commission d’enquête n’avait par contre pu encore commencer ses travaux, Damas et l’ONU ne s’entendant pas sur la teneur et l’ampleur de l’enquête.

Le régime syrien insistait pour que les enquêteurs onusiens se concentrent sur l’incident attribué par Damas à l’opposition syrienne et survenu en mars dernier à Khan al-Assal, près d’Alep (nord), mais n’enquêtent pas sur les accusations similaires portées contre l’armée syrienne par Londres et Paris à propos des incidents à Khan al-Assal ainsi qu’à Homs, le 23 décembre 2012.

Fin juillet, le gouvernement syrien avait enfin donné tout de même son accord pour que des enquêteurs des Nations-Unies se rendent sur trois sites, Khan al-Assal, mais aussi Ataybah, près de Damas, où une attaque à l’arme chimique a été signalée en mars, et Homs, pour une attaque suspecte le 23 décembre dernier.

Par contre, il restait encore à s’entendre sur les modalités.

Finalement, après bien des retards, l’ONU a annoncé il y a trois jours que le gouvernement syrien avait donné son feu vert aux modalités proposées pour la mission d’inspection de l’ONU sur les armes chimiques et que le départ des experts onusiens était «imminent».

L’équipe de l’ONU, qui se trouvait à La Haye depuis plusieurs jours dans l’attente d’un départ pour Damas, est donc finalement arrivé.

Les enquêteurs de l’ONU doivent rester en Syrie pour une période de 14 jours, qui peut être prolongée par consentement mutuel, mais on ne ne sait pas pour l’instant quand les enquêteurs débuteront effectivement leur mission, ni où ils commenceront leur enquête.

La Syrie, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont signalé à l’ONU 13 attaques à l’arme chimique.

Les trois puissances occidentales affirment que les attaques ont été le fait des troupes du président Bachar al-Assad, alors que la Russie, le principal allié du régime syrien, affirme au contraire que son enquête a révélé l’emploi de gaz sarin par les rebelles à Khan al-Assal.

Comme cette affaire traîne depuis mars dernier, plusieurs observateurs craignent que les preuves aient été effacées ou «modifiées», mais d’autres croient tout de même que se rendre sur place permettra au moins aux enquêteurs de la Mission de l’ONU d’avoir accès aux rapports d’autopsie et d’entendre le témoignage des victimes directes de ces événements.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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