L’ex marchand d’art de Montréal et criminel de guerre nazi Laszlo Csatary meurt avant le procès

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Laszlo Csatary en juillet à Budapest (Photo: Archives/AFP)
Laszlo Csatary en juillet à Budapest (Photo: Archives/AFP)

L’ex marchand d’art de Montréal et l’un des plus grands criminels de guerre nazi Laszlo Csatary meurt en Hongrie à 98 ans, deux mois après que autorités hongroises l’aient accusé de crimes de guerre lors de la déportation des Juifs vers les camps de la mort nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il est décédé samedi d’une pneumonie dans un hôpital de Budapest.

En 1949, Csatary était arrivé en Nouvelle-Écosse.

Il était devenu citoyen canadien en 1955 et avait travaillé comme marchand d’art à Montréal.

Il a ainsi pu vivre 50 ans au Canada, dont 25 à Montréal sans être inquiété. Il vivait cici paisiblement dans le quartier Notre-Dame de Grâce.

Il avait finalement quitté le Canada en 1997 alors que les autorités canadiennes, qui avaient découvert qu’il avait menti sur son passé nazi pour obtenir la citoyenneté canadienne, s’apprêtaient à le déporter.

La maison de Laszlo Csatary dans le quartier Notre-Dame de Grâce à Montréal (Photo: Archives/capture d’écran/Radio-Canada/45eNord.ca)

Cet ancien chef de police a été inculpé en juin par les autorités hongroises pour avoir abusé de Juifs et de contribué à leur déportation vers les camps de la mort nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les autorités hongroises ont déclaré que Csatary était le chef d’un camp d’internement pour les Juifs de Kosice – une ville slovaque qui faisait alors partie de la Hongrie.

Il battait les prisonniers à mains nues ou à l’aide un fouet pour les chiens.

Il avait également été chargé d’aider à la déportation de près de 16 000 Juifs vers Auschwitz et d’autres camps de la mort nazis.

Csatary, qui rejetait toutes ces accusations, avait été condamné à mort par contumace en Tchécoslovaquie en 1948 pour crimes de guerre.

Le mois dernier, le tribunal de Budapest avait suspendu le procès contre Csatary parce que les accusations portées par les procureurs hongrois étaient similaires à celles pour lesquelles il avait déjà été condamné en 1948, mais les procureurs hongrois avaient fait appel de cette décision.

La Slovaquie pour sa part avait a récemment commué la peine de mort de 1948 en réclusionà perpétuité – la peine de mort étant interdite dans l’Union européenne – et envisageait une demande d’extradition de Csatary.

Le cas de Csatary et ses allées et venues avaient été révélés en 2012 par le Centre Simon Wiesenthal, une organisation juive active dans la chasse aux nazis qui n’ont pas encore été traduits en justice.

Efraim Zuroff, directeur du bureau de Jérusalem du Centre Simon Wiesenthal, a déclaré qu’ils étaient «profondément déçus» de la mort de Csatary avant son procès en Hongrie, où il a pu vivre tranquille 17 ans après avoir fui le Canada en 1997.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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