L’ONU au Caire pour «écouter les Égyptiens» qui se disent incompris

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Des manifestants dressent des barricades au Caire en Égypte le 27 juillet 2013 (Photo: Archives/ IRIN/Saeed Shahat/IRIN)
Des manifestants dressent des barricades au Caire en Égypte le 27 juillet 2013 (Photo: Archives/ IRIN/Saeed Shahat/IRIN)

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques des Nations Unies, Jeffrey Feltman, est en mission au Caire pour écouter les Égyptiens, notamment les nouvelles autorités du pays, qui se plaignent de l’incompréhension de leur situation dont, à leur avis, font preuve les médias et les gouvernements occidentaux .

Jeffrey Feltman a indiqué mercredi qu’il était venu en Égypte pour écouter les Égyptiens afin de mieux comprendre comment l’ONU peut aider le pays déchiré par la crise, et pour faire un rapport au Secrétaire général Ban Ki-moon, rapporte le service d’information de l’ONU.

Lors d’une conférence de presse au siège de la Ligue des États arabes, M. Feltman a déclaré qu’il avait rencontré le ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy, avec qui il a évoqué un grand nombre de questions, tout en rappelant qu’il n’était pas au Caire « pour faire des déclarations mais à écouter les Égyptiens».

Il a ajouté que les Égyptiens ont manifestement exprimé des opinions fortes sur les réactions de la communauté internationale et que Ban Ki-moon lui a demandé d’écouter pour mieux comprendre la situation afin de d’identifier la meilleure façon d’aider pour l’ONU.

Le Secrétaire général et d’autres hauts responsables de l’ONU ont souligné à plusieurs reprises que les autorités et les dirigeants politiques partagent la responsabilité de mettre fin à la violence et à l’usage excessif de la force qui ont fait plus de 500 morts et des milliers de blessés au cours des derniers jours.

Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a également appelé les autorités égyptiennes à autoriser les experts des droits de l’homme à effectuer des enquêtes dans le pays et à évaluer la situation sur le terrain.

L’Égypte, cette incomprise

Plus tôt cette semaine, à l’antenne de la chaîne américaine d’information continue CNN, le conseiller présidentiel Mostafa Hegazy s’était plaint de la couverture que faisaient les médias occidentaux des événements en Égypte, disant qu’ils ne donnaient pas le «portait complet» de la situation.

Dans l’interview sur CNN Hegazy avait déclaré que le gouvernement intérimaire s’est engagé à organiser des élections bientôt et il a décrit la récente arrestation du Guide suprême et chef spirituel des Frères musulmans, Mohamed Badie comme une victoire pour le rétablissement de l’ordre.

Rappelant que 30 millions d’Égyptiens étaient descendus dans la rue pour réclamer le départ du président islamiste maintenant déchu, Mohamed Morsi, le conseiller présidentiel égyptien a déclaré «Parce que nous n’avons pas eu un processus parlementaire pour destituer nous avons dû le faire [le renversement]de la façon dont nous l’avons fait».

«Il ya une guerre terroriste contre le peuple et l’État égyptien», a renchéri le conseiller présidentiel, ajoutant que «Si cela n’est pas clair, je pense que la plupart des conclusions qu’on pourrait tirer seront fausses».

La semaine dernière, le président intérimaire de l’Égypte, Adly Mansour, avait lui-même affirmé que la condamnation sans nuance de la répression des islamistes président américain Barack Obama pouvait «encourager les groupes armés violents».

«Les déclarations et les craintes de la présidence ne sont pas fondées sur des faits et peuvent encourager les groupes armés violents», avait il alors dit indiqué en réponse à la condamnation du carnage de mercredi 14 août d’Obama quand la police avait délogé et dispersé les manifestants islamistes retranchés dans des camps dans la capitale.

«La présidence apprécie la préoccupation américaine pour les événements en Égypte, mais il aurait souhaité qu’elle [l’administration américaine] aurait clarifie les choses.».

Le conseiller présidentiel Mostafa Hegazy, a aussi rappelé pour sa part lors de son entrevue sur la chaîne américaine cette semaine que la première étape de la feuille de route de l’Égypte vers la démocratie a été achevée, avec un nouveau projet de constitution qui maintenant prêt pour examen et pourrait être adoptée en 60 jours, «plus ou moins».

Il a promis des élections législatives deux semaines après l’adoption d’une nouvelle constitution et des élections présidentielles deux mois plus tard.


Entrevue du conseiller présidentiel égyptien Mostafa Hegazy sur CNN mardi 20 août (Vidéo: CNN)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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