Nucélaire iranien: Rohani se dit prêt à négocier, mais pas à céder

0
Le nouveau président iranien, Hassan Rohani (Photo: capture d'écran IRNA)
Le nouveau président iranien, Hassan Rohani (Photo: capture d’écran IRNA)

Le nouveau président iranien Hassan Rohani, qui vient dêtre assermenté dimanche, a déclaré mardi que l’Iran était prêt à des négociations sérieuses avec les grandes puissances pour résoudre la crise du nucléaire, et a dit que les États-Unis comprenaient mal son pays.

«Nous sommes prêts à des négociations sérieuses sans perte de temps» avec les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne), a déclaré M. Rohani, ajoutant qu’il était «certain que si l’autre partie est prête, les inquiétudes seront levées rapidement».

Alors qu’Israël et les pays occidentaux accusent Téhéran de chercher à fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, en particulier l’enrichissement d’uranium, ce que nient les Iraniens, l’Iran et le groupe 5+1 n’ont pas réussi jusqu’à maintenant à trouver une issue à la crise malgré plusieurs rencontres.

L’élection à la présidence de Rohani, réputé plus modéré que son prédécesseur Ahmadinejad, a suscité un certain espoir d’en arriver à une solution.

La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, s’exprimant au nom du groupe des 5 + 1, a d’ailleurs signifié au nouveau président iranien qu’elle souhaitait des «discussions significatives» sur le nucléaire.

Tout en manifestant la volonté de Téhéran de reprendre les négociations, Hassan Rohani a toutfois réitéré le refus de Téhéran de renoncer à ses « droits indéniables » en matière nucléaire, notamment l’enrichissement d’uranium.

«Le gouvernement insiste sur les droits nucléaires conformes aux règles internationales. Nous ne céderons pas sur les droits de notre nation, mais nous sommes partisans d’un dialogue et d’une entente», a déclaré M. Rohani.

«Personne n’a dit en Iran qu’on cessera l’enrichissement d’uranium. Personne et à aucun moment […] C’est le droit indéniable de l’Iran», a fait savoir le nouveau président, tout en soulignant sa «volonté politique sérieuse pour régler la question en préservant les droits de l’Iran et dans le même temps répondre aux inquiétudes de l’autre partie».

Rohani, à l’époque où il était chef des négociateurs sur le dossier nucléaire au début des années 2000, sous la présidence de Mohammad Khatami, avait accepté la suspension de l’enrichissement d’uranium.

le nouveau président iranien a par ailleurs ailleurs critiqué les États-Unis et leur «mauvaise compréhension» de l’Iran, ainsi que les nouvelles sanctions contre l’industrie pétrolière de son pays.

«Malheureusement aux États-Unis, il y a des groupes de pression, des va-t-en guerre hostiles à un dialogue constructif, qui cherchent à assurer les intérêts d’un pays étranger et y prennent leurs ordres», dans une référence manifeste aux Israéliens qui se montrent sceptiques face aux déclarations de Rohani en qui voient plutôt en lui un «loup déguisé en mouton».

En effet, la Chambre des représentants américaine vient de voter d’une nouvelle loi qui vise à empêcher totalement les exportations pétrolières de l’Iran.

Les sanctions occidentales imposées depuis début 2012 ont réduit de moitié les exportations pétrolières de l’Iran, faisant passer les revenus pétroliers de 100 milliards de dollars à moins de 50 milliards, affectant sérieusement l’économie iranienne.


Le nouveau président iranien Hassan Rohani a tenu mardi à Téhéran sa première conférence de presse en tant que président (Vidéo: Euronews)

À lire aussi:

États-Unis: de nouvelles sanctions contre l’Iran et son programme nucléaire>>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.