Obama demande au Congrès un vote pour une intervention militaire en Syrie

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Le Président Obama et ses conseillers en matière de sécurité discutent de la stratégie américaine dans à la crise syrienne à la Maison-Blanche, dans la"Situation Room" (Photo: Pete Souza, Whie-House)
Le Président Obama et ses conseillers en matière de sécurité discutent de la stratégie américaine dans à la crise syrienne à la Maison-Blanche, dans la »Situation Room » (Photo: Pete Souza, White-House)

Le président Obama a rencontré les leaders du Congrès américain, les républicains John Boehner et Mitch Mc Connel, respectivement président de la Chambre des Représentants et leader du Parti Républicain au Sénat, et les leaders démocrates au Sénat et à la Chambre des Représentants, Harry Reid et Nancy Pelosi, pour presser les élus américains de voter pour une intervention militaire limitée en réponse à l’attaque chimique du 21 août près de Damas.

Dans un vibrant plaidoyer en faveur d’une intervention limitée pour que cette attaque qu’a menée le régime de Damas contre son propre peuple ne reste pas impunie, le président américain, convaincu de la responsabilité du gouvernement syrien, a souligné le coût qu’il y aurait à ne rien faire « alors qu’un dictateur gaze des milliers d’enfants à la vue de tous » et bafoue les conventions internationales en matière d’usage d’armes chimiques.

Une question de sécurité nationale

Pour Barack Obama, il y va de la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, la Jordanie, la Turquie, le Liban et Israël.

Le président américain a souligné que, si on n’agit pas après que le régime de Damas ait ainsi violé les conventions interdisant les armes chimiques, on ne peut pas savoir où cela s’arrêtera. Des puissances ou des groupes armés pourraient ainsi impunément recourir à l’arme nucléaire, aux armes biologiques ou au génocide dans un monde où ne fait plus respecter aucune règle.

Il a réaffirmé qu’il ne s’agissait pas de renverser le régime de Bachar al-Assad ni de faire pencher la balance du côté des rebelles et que le conflit en Syrie ne pouvait pas être résolue par des moyens militaires.

Admettant qu’il ne s’attendait pas à ce que toutes les nations soient d’accord avec lui, il a affirmé avec force que l’Amérique ne pouvait pas rester aveugle à ce qui s’est passé et qu’il est de la responsabilité des nations de faire en sorte que les citoyens de ce monde puissent vivre en paix.

En référence aux divisons au Congrès des États-Unis, le président américain a aussi lancé que cette question (de la réponse à l’attaque chimique du 21 août) va bien au delà de la partisanerie et de la politique.

Barack Obama demande donc maintenant au Congrès d’approuver une intervention militaire pour envoyer un message clair à Bachar Al-Assad et au monde: la puissance émane des droits et non le contraire.

La situation au Congrès

Le Congrès est en vacances jusqu’au 9 septembre.

Le débat sur la Syrie pourra donc démarrer dès mardi de la deuxième semaine de septembre.

Les républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants, sont partagés entre les partisans d’une intervention, comme le sénateur John McCain, et ceux qui réclament d’abord du président l’élaboration d’une stratégie de long terme pour éviter un embourbement.

Quant aux démocrates, qui ont la majorité au Sénat, beaucoup soutiennent l’administration, mais le projet de frappes ne fait pas l’unanimité.

« Même si j’ai le pouvoir de lancer cette action militaire sans autorisation spécifique du Congrès, je sais que notre pays sera plus fort si nous suivons cette voie et que nos actes seront ainsi plus efficaces », a déclaré aujourd’hui Barack Obama.

Il reste toutefois un point d’interrogation, soulignée par une question restée ans réponse d’une journaliste présente à la déclaration du président américain: « Et si le Congrès ne vote pas pour l’intervention » (comme ce fut le cas du Parlement britannique jeudi dernier), « le président est-il prêt à lancer une intervention militaire sans l’aval du Congrès? ».


Obama demande au Congrès un vote pour une intervention militaire en Syrie (Vidéo: White-House)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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