RDC: les rebelles du M23 menacent Goma

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Les rebelles du mouvement M23 avaient quitté la ville de Goma le 1er décembre comme l'ont exigé les présidents de la région (Photo: Al Jazeera English)
Les rebelles du mouvement M23 avaient quitté la ville de Goma le 1er décembre 2012 comme l’avaient exigé les présidents de la région des Grands-Lacs (Photo: Archives/Al Jazeera English)

Les rebelles du M23 ont menacés samedi de reprendre Goma, capitale du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, si le gouvernement ne respectait pas ses engagements, rapporte l’AFP, citant le président politique du mouvement rebelle, Bertrand Bisimwa.

«Si le gouvernement ne respecte pas la déclaration (du 24 novembre) des chefs d’État de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs), cela nous donne le pouvoir de revoir nos positions et de les ramener (nos positions) à Goma», a déclaré Bertrand Bisimwa, interrogé par l’agence française à Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda.

Après une offensive éclair, le M23 avait occupé Goma fin novembre, mais s’en est retiré sous la pression des États de la région des Grands Lacs et contre la promesse de l’ouverture d’un dialogue avec Kinshasa.

Ce dialogue, commencé en décembre dans la capitale ougandaise, Kampala, est pour le moment au point mort.

Le président politique du M23, Bertrand Bisimwa (Photo: capture d’écran/OPQ)

«Les positions qui nous avaient été assignées par la CIRGL, nous les avons respectées. Le retrait de la ville de Goma a été effectif. Mais le déploiement de la compagnie du M23 à l’aéroport de la ville de Goma n’a jamais été effectué, la démilitarisation de la ville n’a jamais été effective», a déploré Bertrand Bisimwa.

«Nous avons respecté notre part du contrat, nous voulons que le gouvernement respecte sa part», a-t-il conclu.

Le M23, actif depuis mai 2012, est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans les forces régulières congolaises à la faveur d’un accord de paix signé en 2009 et qui se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’était pas respecté.

Le gouvernement de Kinshasa et l’ONU sont convaincus que deux pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda soutiennent les rebelles du M23, ce que ces pays ont par contre toujours réfuté.

Le 14 juillet, des combats avaient éclat entre l’armée congolaise et le mouvement rebelle M23, à Mutaho, à 12 km de Goma, faisant au moins 130 morts.

Lors de ces attaques, dit l’ONU, le M23 avait tiré indistinctement, y compris à partir d’armes lourdes, faisant des victimes parmi les civils, et les installations de l’ONU ont également été prises pour cible.

Martin Nesirky, porte-parole de l’ONU, avait alors déclaré le 18 juillet que la Mission des Nations-Unies au Congo, la MONUSCO, restait en état d’alerte et qu’elle était prête à intervenir «si les combats devaient menacer les civils, en particulier à Goma et dans les camps de personnes déplacées se trouvant dans cette zone».

Finalement, le 30 juillet, les Nations unies ont donné un ultimatum de 48 heures aux rebelles du M23 autour de la ville de Goma, dans l’est de la RDC, pour désarmer, sans quoi la nouvelle brigade d’intervention de l’ONU fera usage de la force.

En vertu de cet ultimatum, dépassé jeudi 1er août à 16 heures, les personnes armées «seront considérées comme une menace imminente de violence physique à la population civile, et la MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires, y compris l’usage de la force, pour les désarmer conformément au mandat et aux règles d’engagement de la Mission.».

Pour répondre à la menace des rebelles et pour établir une zone de sécurité autour de la région de Goma-Sake, la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO) dispose d’une brigade d’intervention au mandat offensif dotée de 3000 hommes.

Cette mission sera la première de cette brigade, déjà fonctionnelle, quoiqu’encore incomplète.


Le chef de M23 Bisimua répondait il y a deux jours à l’ultimatum de 48 heures de l’ONU de déposer les armes (Vidéo: OPQ News)

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RDC: ultimatum de 48h de l’ONU aux rebelles autour de Goma>>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion3 commentaires

  1. Il n'y a pas de Dieu va faire mais jusqu'à quand on va les attendre donc nous devons les combatre avant qu'il soit trop tard et ce n'est pas par la patience ou chanté que Dieu va agir et c'est par le combat que Dieu va agir. Merci