Scandale d’espionnage: l’ONU va demander des comptes aux États-Unis

L'affaire Snowden à la Une le 13 juin 2013 du Morning Post à Hong Kong (Photo: Archives/Philippe Lopez/AFP)
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L'affaire Snowden à la Une le 13 juin 2013 du Morning Post à Hong Kong (Photo: Archives/Philippe Lopez/AFP)
L’affaire Snowden à la Une le 13 juin 2013 du Morning Post à Hong Kong (Photo: Archives/Philippe Lopez/AFP)

Après les nouvelles révélations du quotidien allemand Der Spiegel, les Nations unies ont annoncé, lundi, leur volonté de s’entretenir avec les États-Unis concernant l’ampleur du programme de surveillance américain, sous le feu des projecteurs depuis plusieurs semaines.

«Nous sommes au courant de ces informations et nous avons l’intention d’en parler aux autorités compétentes». Pour Farhan Haq, l’un des porte-paroles des Nations unies, les dernières révélations du Spiegel amènent l’ONU à prendre les devants pour tenter de faire la lumière sur ce dossier controversé de la NSA, l’Agence nationale de sécurité américaine.

Cette dernière aurait, en effet, mis en place un vaste programme de surveillance, révélé au grand jour par l’ancien consultant américain, Edward Snowden. Parmi les institutions concernées, l’Union européenne et les Nations unies auraient été la cible de cet espionnage diplomatique.

Le quotidien allemand avance, en effet, différents chiffres pour démontrer le caractère inhabituel de la surveillance américaine. En trois semaines, le nombre de communications décryptées par les services de la NSA serait passé de 12 à 458 au cours de l’été 2012.

Lundi, Farhan Haq est monté au créneau, rappelant que «l’inviolabilité des missions diplomatiques, dont l’ONU et d’autres organisations internationales, dont le fonctionnement est protégé par la Convention de Vienne notamment, est bien établie dans la législation internationale».

«Nous attendons donc des pays membres qu’ils agissent en conséquence pour protéger l’inviolabilité des missions diplomatiques», a-t-il ajouté.

Washington répondra par «canaux diplomatiques»

Du côté de Washington, le département d’État a assuré que «le gouvernement américain répondrait via les canaux diplomatiques à ses partenaires et alliés dans le monde quand ils expriment leurs inquiétudes». L’administration américaine s’est notamment félicitée du «partage d’informations et de renseignement» entre l’ONU et les États-Unis.

Deux mois après les premières révélations d’Edward Snowden, l’administration américaine a reconnu que l’Agence nationale de sécurité (NSA) avait violé la loi entre 2008 et 2011 en interceptant illégalement des courriers électroniques d’Américains sans liens avec le terrorisme, mais que la faute en incombe à un «problème technologique».

Le gouvernement américain a déclassifié mercredi plusieurs documents dont une décision de justice secrète, longue de 85 pages et rendue en octobre 2011, ordonnant à la NSA de mettre fin à un programme d’interception de communications internet sur les réseaux de fibres optiques américains, rapporte l’AFP.

56 000 courriers électroniques récoltés aux États-Unis

Le programme aurait colligé quelque 56 000 courriers électroniques entre Américains de 2008 à 2011, selon une estimation de la NSA alors fournie au juge, alors que la loi américaine exige un mandat individuel dès que la surveillance concerne des citoyens américains ou des étrangers se trouvant sur le territoire.

La cueillette de ces communications était «la conséquence d’un problème technologique […] et non d’un excès de la NSA», a déclaré à ce propos un responsable du renseignement sous couvert d’anonymat.

«Il ne s’agit pas d’abus flagrants», a-t-il encore ajouté, mais «d’un problème survenu par inadvertance et qui affecte un nombre relativement faible d’Américains».


Der Spiegel Reporting NSA Secretly Monitored U.N.’s Internal Video Conferencing – 26 août 2013 (Vidéo: MoxNews)

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