Syrie: 650 morts dans une attaque chimique, selon l’opposition

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 Photo de l'opposition syrienne montrant des personnes en train d'examiner des cadavres d'adultes et d'enfants qui auraient été victimes d'armes chimiques lors de bombardements de l'armée près de Damas, le 21 août 2013 (AFP)

Photo de l’opposition syrienne montrant des personnes en train d’examiner des cadavres d’adultes et d’enfants qui auraient été victimes d’armes chimiques lors de bombardements de l’armée près de Damas, le 21 août 2013 (AFP)

Un carnage a eu lieu mercredi près de Damas où l’armée aurait fait usage d’armes chimiques tuant plus de 650 personnes selon l’opposition qui a réclamé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

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Mise à Jour du 21/08/2013 à 9h08

L’Opposition parle maintenant de 1 300 morts.

Un des chefs de l’opposition, George Sabra, a avancé devant la presse à Istanbul le chiffre de 1 300 morts dans plusieurs localités autour de Damas et a estimé que ce carnage rendait toute solution politique impossible.

Selon lui, «le régime syrien se moque de l’ONU et des grandes puissances quand il frappe près de Damas avec des armes chimique alors que la commission d’enquête internationale se trouve à quelque pas des victimes et des régions sinistrées».

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à 12h47

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra des consultations à huis clos mercredi à 15h00, heure de Montréal (19h, heure GMT) à propos d’un massacre en Syrie qui aurait été perpétré – selon l’opposition – à l’arme chimique, ont indiqué mercredi des diplomates à l’ONU.

Cette réunion se tient à la demande conjointe de cinq des quinze pays membres du Conseil (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Luxembourg et Corée du Sud).

L’Arabie saoudite avait également appelé auparavant à une réunion d’urgence du Conseil.

La Maison-Blanche a réclamé un «accès direct» à l’équipe d’experts de l’ONU présente en Syrie pour enquêter sur ces accusations. Paris et Londres doivent par ailleurs envoyer mercredi une lettre commune au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour appuyer cette demande. Le président français François Hollande avait demandé que ces inspecteurs se rendent sur place rapidement.

«Si le gouvernement syrien n’a rien à cacher […], il facilitera l’accès immédiat et sans entraves de l’ONU au site » de l’attaque présumée, a renchéri un porte-parole de la Maison blanche.
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à 14h06

Selon un porte-parole de l’ONU à New York, les inspecteurs en Syrie étaient mercredi «en discussion» avec les autorités syriennes pour pouvoir se rendre sur les lieux de l’attaque.

L’accord entre Damas et l’ONU limite leur mission à Khan al-Assal (près d’Alep), Ataybé, près de Damas, et à Homs, dans le centre de la Syrie.

Par ailleurs, plusieurs experts se montrent prudents. Paula Vanninen, directrice de Verifin, l’Institut finnois pour la vérification de la convention des armes chimiques, a déclaré à l’AFP «n’être pas totalement convaincue» qu’il s’agisse d’une attaque au gaz innervant.

«Les personnes qui aident les victimes ne portent pas de vêtements de protection ni de masques et si c’était le cas, elles auraient été contaminées et victimes des mêmes symptômes», a-t-elle relevé sur les vidéos.

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à 14h40

Le ministre des Affaires étrangères John Baird a déclaré pour sa part aujourd’hui que «Le Canada est préoccupé par les informations faisant état d’une attaque au gaz toxique commise à proximité de Damas, la capitale de la Syrie, qui a fait des centaines de morts, y compris des enfants.»

«Ces informations sont extrêmement préoccupantes, et nous continuerons de surveiller la situation de près avec l’aide de nos alliés, et de chercher à obtenir des renseignements plus complets», a dit le ministre canadien, ajoutant que le Canada exhorte « […] le régime Assad à coopérer avec les représentants des Nations Unies chargés d’enquêter sur ces informations inquiétantes».

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Infographie avec la localisation de la région de Damas où des bombardements ont fait des dizaines de victimes (Illustration: AFP)

Les autorités syriennes ont démenti ces accusations qualifiées d’«infondées» alors que la Coalition nationale de l’opposition a demandé une enquête de l’équipe d’experts de l’ONU qui se trouve déjà en Syrie.

Les bombardements, d’une ampleur sans précédent, ont fait au moins cent morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui ne se prononce pas sur l’usage d’armes chimiques. En revanche, la Coalition nationale de l’opposition avance le chiffre de plus 650 tués selon elle par les armes chimiques.

Cette hécatombe est survenue alors qu’une commission de l’ONU se trouve en Syrie pour enquêter sur l’usage éventuelle de telles armes dans le conflit qui a fait plus de 100 000 morts depuis mars 2011.

Des vidéos diffusées par les militants montrent des enfants inanimés étendus sur le sol à côté de corps d’hommes qui ne portent aucune trace de sang. Des hommes circulent entre les rangées de corps alignés.

Sur l’une des vidéos, du personnel soignant tente de fournir les premiers soins à des enfants et leur mettre des masques à oxygène pour les aider à respirer, alors que des médecins essaient de ranimer d’autres qui semblent inconscients.

Photo de l’opposition syrienne montrant des personnes en train d’examiner des cadavres d’adultes et d’enfants qui auraient été victimes d’armes chimiques lors de bombardements de l’armée près de Damas, le 21 août 2013 (Source: AFP)

Dans une autre, devant plusieurs dizaines de corps, un caméraman crie «Génocide à Mouadamiya al-Cham avec des armes chimiques», avant d’ajouter paniqué: «Mes parents? mon père et ma mère? Où sont-ils?»

«Au moins cent personnes ont été tuées et ce chiffre augmentera certainement car les raids et les bombardements continuent et la puissance de feu est considérable», a affirmé l’OSDH.

Le bruit sourd d’explosions était entendu mercredi matin à Damas où le ciel était caché par un nuage gris.

«Après minuit, les forces du régime ont intensifié leurs opérations militaires dans les zones de la Ghouta orientale et la Ghouta occidentale (banlieue de Damas), en ayant recours à l’aviation et aux lance-roquettes», a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Il a précisé que l’opération se concentrait sur la localité de Mouadamiya al-Cham au sud-ouest de la capitale, soulignant qu’il s’agissait du «bombardement le plus violent sur cette localité depuis le début de la campagne militaire du régime», il y a plusieurs mois.

Selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales, «les forces loyalistes cherchent à reprendre» la ville.

L’ONG a en outre fait état de «sept raids aériens sur cette localité alors qu’elle était la cible de bombardements violents ainsi que la ville d’Erbine».

Les militants des Comités locaux de coordination (LCC) ont pour leur part accusé le «régime d’avoir commis un crime indescriptible à l’aide d’armes chimiques dans ces zones».

En revanche, les autorités syriennes ont démenti mercredi avoir eu recours à ce type d’armes, le ministre de l’Information accusant certaines télévisions satellitaires de diffuser des informations «infondées».

L’agence officielle Sana a affirmé qu’«onze personnes, dont des enfants ont été blessées, ce matin lors d’une attaque terroriste aux obus de mortier contre le quartier oriental de Mouadamiya».

L’OSDH appelle la commission d’enquêteurs de l’ONU à «se rendre dans les zones sinistrées et assurer l’accès aux aides médicales et de secours» pour vérifier les informations faisant état d’usage d’armes chimiques.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a aussi appelé ces enquêteurs à inspecter «immédiatement» les lieux et a demandé que les auteurs de ce «crime» soient traduits «devant la justice pénale internationale».

Le chef de l’opposition syrienne, Ahmed Jarba, a réclamé comme Londres une réunion urgente du Conseil de sécurité sur ce «massacre».

M. Jarba a en outre appelé les enquêteurs de l’ONU à se rendre «sur le lieu du crime» comme l’a également fait le président français François Hollande.

Une journaliste de l’AFP qui s’est rendue dans l’hôtel à Damas où résident les membres de la commission a constaté qu’ils étaient sortis. Le porte-parole de l’ONU dans la capitale syrienne, Khaled al-Masri, a dit ignorer «tout du travail des inspecteurs sur les armes chimiques à Damas, qu’il ne savait pas dans quelles régions ils devraient se rendre pour inspecter, ni s’ils avaient commencé».

Selon Sana, «des unités de l’armée ont effectué une série d’opérations contre les groupes terroristes armés dans les villes de Jobar, Erbine, Zamalka […] détruisant leurs repaires. Elle ont aussi tué et blessé des terroristes dans la villes de Daraya et de Mouadamiya, détruisant leurs armes et munitions».


Avertissement: CETTE VIDÉO CONTIENT DES IMAGES CRUES ET QUI N’ONT PU ÊTRE VÉRIFIÉES DE SOURCE INDÉPENDANTE (Vidéo: Syria Libre 2012)

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