Syrie: Bachar défie l’Occident, intervention éclair possible dès jeudi

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HMS Illustrious à Greenwich en mai 2013 (Photo: Archives/WikimédiaCommons)
HMS Illustrious à Greenwich en mai 2013 (Photo: Archives/WikimédiaCommons)

Le régime syrien a promis mardi de se défendre contre une intervention militaire internationale qui semble de plus en plus probable, mettant au défi l’Occident de prouver qu’il avait eu recours à des armes chimiques et réaffirmant sa souveraineté.

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Mise à jour à 12H36

La Maison-Blanche a fait savoir que «Le Président et le Premier ministre Harper se sont entretenus aujourd’hui par téléphone pour discuter de leur grave préoccupation au sujet des rapports sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien contre les civils près de Damas, le mercredi 21 Août. Les États-Unis et le Canada s’opposent fortement à l’utilisation d’armes chimiques, et le président et le Premier ministre se sont engagés à continuer à se consulter étroitement sur les réponses possibles par la communauté internationale.»

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, doit toujours rencontrer à Montréal, demain, mercredi, le président du Conseil national Syrien, et vice-président de la Coalition de l’Opposition, Georges Sabra.

Même si rien n’a filtré sur l’ordre du jour de la rencontre, le simple fait que John Baird, jusqu’à tout récemment encore opposé à toute intervention, ait accepté de rencontrer Georges Sabra, qui défend pour sa part avec fougue la nécessité de passer à l’action, en dit long sur l’évolution récente de la position canadienne.

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Mise à jour à 11h15:

Selon l’opposition syrienne, les forces de Bachar al-Assad auraient utilisé des bombes au napalm et au phosphore dans la région d’Alep, hier lundi, tuant ainsi une dizaine de personnes et en blessant plusieurs dizaines d’autres.

Plusieurs vidéos sur YouTube montrent des médecins appliquer de la crème blanche sur des peaux meurtries, tandis que plusieurs personnes (dont des enfants) crient. 

Ces rapports n’ont toutefois pas encore pu être vérifiés de manière indépendante, même si ce n’est pas la première fois que l’utilisation de bombes au phosphore est avancée.

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En plus de s’entretenir avec le Premier ministre britannique David Cameron, Obama a aussi parlé avec le Premier ministre australien Kevin Rudd et le président français François Hollande lundi, alors que le Secrétaire d’État américain John Kerry a parlé, lui, au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, en plus de s’entretenir aussi avec des dirigeants politiques de Grande-Bretagne, de France, de la Jordanie, de la Turquie, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar.

Selon le réseau de télévision américain NBC, les frappes de missiles contre la Syrie pourraient être lancées contre la Syrie dès jeudi.

Le Washington Post écrit pour sa part que le président Obama réfléchirait à une frappe limitée, qui ne durerait probablement pas plus de deux jours

Le New York Times estimait pour sa part que le président américain donnerait probablement l’ordre d’une opération limitée, tels que des tirs de missiles de croisière depuis des bâtiments américains en Méditerranée, sans chercher pour autant à renverser le président Bachar al-Assad.

Devant l’imminence d’une intervention en Syrie, le régime de Damas, qui nie encore avec vigueur être l’auteur de l’attaque chimique de mercredi dernier, agite également l’épouvantail islamiste et fait appel aux pays voisins pour qu’ils ne se fassent pas les complices d’une intervention militaire étrangère.

Bachar al-Assad a encore réaffirmé «que la Syrie est un pays souverain qui va continuer à lutter contre le terrorisme».

Dans une longue interview au journal russe Izvestia et que rapporte «in extenso» l’agence officielle SANA aujourd’hui, le président Bachar al-Assad a souligné que la Syrie est un pays souverain et que «la majorité de ceux que nous combattons sont des Takfiris, [extrémistes islamistes adeptes d’une idéologie violente ] qui adopte la doctrine d’al-Qaïda, en plus d’un petit nombre de hors la loi.»

Sur l’utilisation présumée d’armes chimiques, le président al-Assad affirme encore que les accusations à l’endroit de son régime sont «complètement politisées et surviennent à la suite des progrès réalisés par l’armée syrienne contre les terroristes».

Il souligne encore que la région où l’Occident l’accuse d’avoir utilisé des armes chimiques «est en contiguïté avec les positions de l’armée syrienne, alors comment est-il possible qu’un pays utiliserait des armes chimiques ou d’armes de destruction massive, dans une zone où ses propres forces se trouvent, ce qui est absurde!».

Walid al-Moallem, le ministre syrien des Affaires étrangères, pour sa part a déclaré mardi, en réponse aux accusations de destruction de preuves dans la zone visée, la Ghouta orientale, que son régime n’était pas en mesure d’effacer quelque preuve que ce soit dans cette zone où il n’a aucun contrôle, celui-ci étant aux mains des rebelles.

Walid al-Mouallem a déclaré que son pays se défendrait en cas de frappe militaire et, à l’instar de son président, a agité l’épouvantail islamiste.

Une intervention militaire «servira les intérêts d’Israël et en deuxième lieu, du Front al-Nosra», le groupe djihadiste lié à al-Qaïda qui combat avec les rebelles syriens et qui a prêté allégeance à Al-Qaïda, a-t-il affirmé.

«Nous avons deux options: soit nous rendre, soit nous défendre avec les moyens dont nous disposons. La seconde alternative est la meilleure: nous nous défendrons», a déclaré le ministre syrien.

«S’en prendre à la Syrie n’est pas une mince affaire. Nous avons des moyens de défense qui vont surprendre», a encore prévenu le chef de la diplomatie syrienne.

Notant que la Jordanie ne tirerait aucun bénéfice d’une attaque contre la Syrie, il a appelé les Jordaniens ne pas permettre que pareille attaque se fasse à partir du territoire jordanien, affirmant que la sécurité de la Jordanie est liée à la celle de la Syrie.

Quant à la Turquie, soutien des rebelles qui combattent le régime syrien depuis le début du conflit, Walid al-Mouallem s’est dit convaincu que le peuple turc ne permettra une attaque contre la Syrie, quelles que soient les déclarations de ses dirigeants qui ont affirmé qu’ils étaient prêts à se joindre à une intervention militaire.

Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis et leurs alliés semblent de plus en plus déterminés à lancer une frappe contre le régime syrien, convaincus que le régime de Bachar al-Assad est bien à l’origine de l’attaque chimique du 21 août.

Alors que le président Barack Obama étudie, selon la presse américaine, la possibilité d’une attaque brève et de portée limitée, le Premier ministre britannique David Cameron a convoqué le Parlement pour un vote jeudi sur «la réponse du Royaume-Uni aux attaques à l’arme chimique» en Syrie.

Pendant ce temps, Moscou, principal allié de la Syrie, a de nouveau lancé une mise en garde: «Les tentatives visant à contourner le Conseil de sécurité, créer une fois de plus des prétextes artificiels et infondés pour une intervention militaire dans la région […] auront des conséquences catastrophiques pour les autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord], a prévenu le ministère russe des Affaires étrangères.

L’Iran, allié lui aussi du régime de Damas, a encore prévenu encore des «lourdes conséquences» qu’aurait une intervention militaire étrangère.

Par ailleurs, alors que de hauts responsables militaires de pays occidentaux et de la région étaient réunis à Amman pour une deuxième journée de discussions au sujet des scénarios possibles sur la Syrie, un haut responsable jordanien a affirmé que son pays ne serait pas une «rampe de lancement » pour une intervention militaire, rapportait aussi aujourd’hui l’agence SANA.

L’Irak pour sa part s’était déjà dit opposé à l’utilisation de son espace aérien ou de son territoire pour une intervention militaire.

Quant à la mission d’enquête de l’ONU, elle a été reportée à mercredi, selon le ministre syrien des Affaires étrangères, faute de garanties de la part des rebelles concernant leur sécurité.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Malheureusement, une autre guerre mondiale est inévitable, comme la mort, mais pas encore maintenant. La Bible dit : " Et [le roi du Nord = la Russie] retournera dans son pays avec de grandes richesses [1945], et son coeur sera contre la sainte alliance [l'hostilité envers les chrétiens], et il agira [cela signifie l'activité dans l'arène internationale], et retournera dans son pays [1991-1993. La désintégration de l'Union soviétique et du Pacte de Varsovie. Les troupes russes retournent à leur terre]. Au temps fixé retournera [le retour de la Russie dans ce contexte signifie le séisme financier et géopolitique; la désintégration, non seulement de l'Eurozone, mais aussi de l'Union européenne et l'OTAN. Puis de nombreux pays de l'ancien bloc de l'Est sera de retour à la sphère d'influence russe], et [il] entrera dans sud [la Géorgie], mais ne sera pas comme précédemment [1921], ou comme plus tard [2008]. " (Daniel 11:28, 29). Puis les Etats-Unis attaqueraient la Russie. (Daniel 11:30a)

    Dans la Tawrat, Moïse a écrit : " Mais des navires viendront du côté de Kittim [la Marine des États-Unis], et ils humilieront Assur [la Russie], ils humilieront Héber [le reste des adversaires, y compris l'Iran et la Chine], " (Nombres 24:24a).

    Ce sera une guerre nucléaire. (Révélation 6:4) " Une grande épée " = une épée nucléaire. Ce ne sera que le " commencement des douleurs de l'enfantement. " (Matthieu 24:7, 8).