Syrie: les rebelles s’emparent de l’aéroport de Mennegh près d’Alep

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Des combattants rebelles syriens, le 10 juillet 2013 à Alep (Photo: Archives/Salah Al-Ashkar/AFP)
Des combattants rebelles syriens, le 10 juillet 2013 à Alep (Photo: Archives/Salah Al-Ashkar/AFP)

Les rebelles se sont emparés mardi d’une base aérienne stratégique près d’Alep, dans le nord de la Syrie, enregistrant un important succès après une série de revers face aux troupes du régime de Bachar al-Assad.

«Les combattants de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et d’autres groupes rebelles ont pris à l’aube le contrôle total de la base de Mennegh», au nord de la ville d’Alep, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

La télévision officielle a voulu minimiser cette défaite, en affirmant qu’il «n’y avait ni armes ni avions dans cet aéroport qui est inutilisable», avant de dire que l’armée «résistait avec succès à l’assaut».

Selon les analystes, cette victoire s’inscrit dans la volonté de chaque camp de se débarrasser des positions adverses dans les territoires qu’il contrôle.

L’opposition agit ainsi dans ses fiefs du nord et de l’est et le régime dans le centre comme l’illustre la prise en juin et juillet de deux bastions rebelles clés dans la province de Homs. Quant aux Kurdes, dans le nord-est du pays, ils essaient de créer un territoire autonome en s’attaquant aux djihadistes.

Ces stratégies créent de facto une division du pays en guerre depuis près de deux ans et demie, même si chaque camp s’en défend.

Selon des analystes et l’OSDH, les derniers succès à Lattaquié (ouest) et Alep, sont le fruit d’une coopération entre les groupes rebelles locaux et des djihadistes.

«La victoire montre encore une fois l’impact de la stratégie menée par les militants islamistes, particulièrement dans le nord de la Syrie», affirme Charles Lister, du centre IHS Jane’s Terrorism and Insurgency.

Les groupes rebelles cherchaient depuis huit mois à s’emparer de l’aéroport de Mennegh, pour empêcher le régime d’utiliser ses appareils pour bombarder les zones sous leur contrôle, selon l’OSDH, qui se base sur un large réseau de militants et de médecins à travers le pays.

L’armée trahie à Lattaquié

La prise de contrôle de la base est survenue au lendemain d’une attaque suicide menée par un kamikaze saoudien qui «a fait exploser un véhicule blindé devant le QG de la base«, avant de lancer l’assaut, a précisé l’ONG.

Les rebelles ont ensuite détruit plusieurs véhicules de l’armée, tué un nombre indéterminé de militaires et se sont emparés du complexe, a-t-elle ajouté.

Il y a quelques mois, les rebelles avaient pris l’aéroport militaire Al-Jarrah et la Base 80, chargée d’assurer la sécurité de l’aéroport international, également dans la province d’Alep. Ce dernier aéroport et les bases aériennes de Kwayress et Nairab de la région sont toujours aux mains du régime.

Cette victoire a été accueillie par des klaxons, des tirs en l’air et du slogan « Dieu est Grand » dans un quartier rebelle d’Alep, selon une vidéo distribuée par les militants anti-régime.

La veille, les insurgés avaient pris plusieurs villages dans la province côtière de Lattaquié, fief de la minorité alaouite à laquelle appartient M. Assad.

Selon une source de sécurité, l’attaque est le fruit d’une trahison. «Des miliciens pro-régime chargés de surveiller la région ont abandonné leurs positions, vraisemblablement achetés par les adversaires, ce qui a permis aux insurgés d’avancer par surprise».

«Les rebelles ont commis des massacres dans les villages qu’ils ont pris avant d’être repoussés dans une contre-attaque de l’armée. Il ne reste que deux localités entre leurs mains», a-t-elle ajouté.

Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 par une contestation militaire qui s’est ensuite militarisée face à la répression du régime, a fait plus de 100 000 morts et poussé à la fuite des millions de Syriens qui se sont réfugiés pour la plupart dans les pays voisins.

Aucune issue au conflit n’est en vue, les protagonistes étant déterminés à se battre jusqu’au bout.

Enfin, le prêtre jésuite italien Paolo Dall’Oglio, disparu depuis une semaine dans le nord syrien, a «apparemment été kidnappé par un groupe islamiste», a affirmé la chef de la diplomatie italienne Emma Bonino.

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