Syrie: l’ONU a envoyé la demande officielle d’enquête pour l’attaque chimique de mercredi

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Le Secrétaire général avec le chef de l'équipe de l'ONU chargée d'enquêter sur l'utilisation présumée d'armes chimiques en Syrie, Ãke Sellström (à gauche) (Photo: Archives/ONU)
Le Secrétaire général avec le chef de l’équipe de l’ONU chargée d’enquêter sur l’utilisation présumée d’armes chimiques en Syrie, Ãke Sellström (à gauche) (Photo: Archives/ONU)

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a formulé jeudi la demande officielle au gouvernement syrien afin de permettre à l’équipe d’experts des Nations Unies en place à Damas d’enquêter sur les dernières allégations concernant l’utilisation d’armes chimiques en banlieue de Damas et espère une réponse rapide des responsables du régime.

«Le Secrétaire général demeure profondément troublé par les informations selon lesquelles des armes chimiques auraient été utilisées en Syrie. Il estime que les incidents qui ont été signalés hier doivent faire sans retard l’objet d’une enquête », a indiqué le porte parole Ba Ki-moonn lors d’un point de presse à New York, rapporte le service d’information de l’ONU et, vendredi, le Secrétaire général a averti que l’utilisation d’ armes chimiques constituerait un «crime contre l’humanité» aux «graves» conséquences.

«Il s’est mis en contact depuis hier [mercredi]avec des dirigeants du monde et a demandé à la Secrétaire générale adjointe, Mme Angela Kane, de se rendre à Damas. Depuis la réception des premières informations, de hauts responsables de l’ONU se sont en outre mis en contact avec les autorités syriennes», a précisé le porte-parole, ajoutant «Le Secrétaire général lance à présent un appel pour que la mission, qui se trouve actuellement à Damas, obtienne les autorisations et l’accès nécessaires à une enquête rapide sur l’incident qui s’est produit le 21 août 2013 au matin».

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a également exhorté les forces gouvernementales et l’opposition à assurer que l’équipe d’experts puisse examiner le site de l’attaque présumée au plus vite.

Elle a qualifiée les allégations « d’extrêmement graves » et a déclaré que le meurtre présumé de centaines de civils, dont plusieurs femmes et enfants, doit être soit avéré ou réfuté « dès que cela est humainement possible ».

Le président américain Barack Obama a déclaré pour sa part vendredi dans un entretien télévisé que les nouvelles allégations sur l’utilisation d’armes chimiques par l’armée syrienne sont «sérieusement» préoccupantes, plus que les précédentes.

«Ce que nous avons vu indique clairement qu’il s’agit d’un événement important, sérieusement préoccupant, et nous sommes déjà en contact avec la communauté internationale dans son ensemble», a déclaré le président américain à l’antenne de la chaîne américaine d’information continue CNN.

Pour sa part, Le régime de Damas a de nouveau démenti jeudi les allégations d’utilisation d’armes chimiques unhait resdponsable de la sécurité à Damas déclarant qu’utiliser ces armes, alors même que des experts de l’ONU se trouvent en Syrie, aurait été «un suicide politique».

Le bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) un organisme indépendant qui s’appuie sur un réseau de médecons, travailleurs et militants sur le terrain, s’élève maintenant à 170 morts.

L’OSDH n’a toutefois pu confirmer l’utilisation d’armes chimiques, mais a cependant affirmé que le régime avait violemment bombardé cette région mercredi, puis jeudi, les combats opposant les rebelles et les forces loyalistes faisant toujours rage jeudi à la lisière de Mouadamiyat al-Cham où l’armée n’a réalisé que des avancées limitées.

Le lendemain de l’attaque chimique, l’armée de l’air syrienne a bombardé plusieurs parties de la Ghouta orientale et des parties de la ville de Mou’adamiya, qui avait été particuièrement visée mercredi par l’attaque chimique.

Des militants se trouvant à l’est de Damas ont affirmé à une agence de prese occidentale que les soldats avaient utilisé jeudi le même type d’armes que la veille, sur le secteur de la Ghouta orientale.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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