Tunisie: le parti au pouvoir se paie un «show» pour démontrer sa «légitimité»

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Manifestation pro-gouvernmentales à Tunis dans la nuit de samedi 3  à dimanche 4 août (Photo: Facebook/ Tunisia Live)
Manifestation pro-gouvernementales à Tunis dans la nuit de samedi 3 à dimanche 4 août (Photo: Tunisia Live/Facebook)

Après les appels à son départ après l’assassinat de l’opposant de gauche Mohamed Brahmi, les islamistes à la tête du gouvernement tunisien ont organisé une manifestation massive à Tunis dans la nuit de samedi à dimanche pour tenter de démontrer que le peuple est avec eux.

Selon Tunisie Numérique, Ennahda, le parti qui domine la coalition au pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens pour impressionner l’opinion: des drapeaux, des banderoles, une «scène digne d’un show de Michael Jackson, écrans géants, éclairage monstre, sonorisation assourdissante, feux de Bengale, une multitude d’orateurs».

Les islamistes, qui ont mis à contribution les Imams des mosquées pour lancer des appels à manifester et n’ont rien ménagé pour s’assurer de la présence du maximum de manifestants, ont réuni grâce aux moyens dont ils disposaient et à de grands efforts plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Le parti Ennahda a revendiqué quant à lui quelque 200 000 manifestants rassemblés place de la Kasbah, où se situe le siège du gouvernement, pour défendre sa légitimité.

«Ceux qui ont cru que le scénario égyptien pouvait être répété ici ont tout faux. La Tunisie a été une inspiration avec sa révolution, et elle ne va pas importer un coup d’État», a dit Rached Ghannouchi, chef d’Ennahda, en s’adressant à la foule, se référant, bien sûr, au renversement du président islamiste égyptien Mohamed Morsi par l’armée le 3 juillet dernier.

Pendant ce temps, du côté de l’opposition, ils étaient encore quelques milliers à manifester face à l’Assemblée constituante tunisienne pour réclamer la démission du gouvernement et la dissolution de l’assemblée, les adversaires d’Ennahada annonçant un grand rassemblement le 6 août avec les mêmes revendications, mais aussi pour marquer les six mois du meurtre de Chokri Belaïd, le leader de gauche assassiné six mois avant Mohamed Brahmi.

Au même moment, alors qu’Ennahda est critiqué pour sa négligence dans la lutte au terrorisme, l’armée tunisienne est aussi engagée dans une vaste opération à la frontière algérienne, au mont Chaambi, pour «éradiquer» des combattants djihadistes responsables d’une attaque qui a coûté la vie à huit militaires.

Par ailleurs, un peu comme s’il voulait enfin montrer son sérieux dans la lutte à l’extrémisme, le ministère de l’Intérieur a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir déjoué l’assassinat d’une personnalité politique non identifiée à Sousse, à 140 km au sud de Tunis, et la police a aussi annoncé qu’un «extrémiste religieux» avait été tué et un autre blessé dans deux incidents séparés alors qu’ils manipulaient des explosifs.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. a mon avis c est une tres grosse erreur que le gouvernement ait organise cette manifestation ………………ca ne peut que diviser le peuple en deux parties…..ce qui est deja fait.le gouvernement aurait pu proceder au dialogue et non a l organisation de ce show