Afghanistan: un responsable de la commission électorale assassiné

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Des employés de la Commission électorale afghane, le 16 septembre 2013 à Kaboul (Shah Marai/AFP)
Des employés de la Commission électorale afghane, le 16 septembre 2013 à Kaboul (Shah Marai/AFP)

Des talibans ont assassiné mercredi un haut responsable de la commission électorale afghane dans le nord du pays, faisant craindre une nouvelle vague de violences à l’approche de la présidentielle d’avril, rapporte l‘AFP.

Amanullah Aman, chef de la Commission électorale indépendante (IEC) pour la province de Kunduz a été tué par des hommes armés circulant à moto près de chez lui, rapporte l’agence de presse, citant le porte-parole du gouvernement local, Enayatullah Khaliq.

«Deux hommes armés ont ouvert le feu en direction de son véhicule. Il a succombé à ses blessures à l’hôpital», a dit le porte-parole.

Les talibans, hostiles à cette élection qu’ils considèrent comme illégitime, ont revendiqué le meurtre du responsable électoral.

Le meurtre d’Amanullah Aman est le premier d’un haut responsable de la commission électorale à l’approche de la présidentielle du 5 avril devant permettre de désigner le successeur de Hamid Karzaï, qui ne peut selon la Constitution afghane briguer un troisième mandat à la présidence.

Le compte à rebours pour ce scrutin a commencé lundi avec l’ouverture de la période de dépôt des candidatures, qui se poursuit jusqu’au 6 octobre.

Les observateurs craignent une reproduction de la présidentielle de 2009, minée par des fraudes et endeuillée par des violences.

Cette présidentielle est une étape importante de la transition démocratique en Afghanistan à l’approche du retrait prévu fin 2014 des soldat de l’Otan et les talibans ont tout intérêt à la faire dérailler.

De plus, les talibans refusent de discuter directement avec le président Karzaï qu’ils considèrent comme une marionnette des États-Unis et semblent tout bonnement attendre le retrait des forces de l’OTAN pour revenir au pouvoir, en faisant tout, d’ici là, pour déstabiliser le régime en place et montrer à la population qu’elle a tout intérêt à se ranger du côté de l’insurrection.

Les droits de l’Homme en Afghanistan

Par ailleurs, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé hier sa crainte devant une possible détérioration de la situation des droits de l’homme en Afghanistan, à l’heure où le pays entame une période cruciale de sa transition politique, sécuritaire et économique, dont l’échéance est prévue pour 2014, rapportait le service d’information de l’ONU.

Tout en soulignant les avancées significatives qu’a connu l’Afghanistan sur la question des droits de l’homme au cours des douze dernières années, Navi Pillay, dont il s’agit de la première visite officielle dans le pays, a précisé lors d’une conférence de presse que la future élection présidentielle afghane en avril prochain et le retrait ultérieur de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), rendent ces préoccupations d’autant plus pressantes.

«Mon premier objectif a été d’insister sur l’importance de faire en sorte que ces avancées soient consolidées plutôt que mises à mal» a souligné la Haut Commissaire, à l’issue de deux journées d’entretiens avec le Président Hamid Karzai, les Ministres des affaires étrangères et de l’intérieur, le Directeur national de la sécurité afghane et le Président adjoint de la Cour suprême, selon ce rapporte le service d’information de l’ONU.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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