Armes chimiques en Syrie: la France déclassifie ses «preuves»

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Carte des attaques chimiques syriennes du 21 août dernier (Photo: Ministère de la Défense française)
Carte des attaques chimiques syriennes du 21 août dernier (Photo: Ministère de la Défense française)

Les services de renseignement français viennent de déclassifier une note sur l’attaque chimique du 21 août dernier, ayant fait plus de 1.400 morts selon Washington.

Depuis la mise en place du protocole de Genève de 1925, il est interdit d’employer des gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques lors de guerre.

Dans son document déclassifié, la France dit disposer de capacités de renseignement pour connaître le programme chimique syrien qui a débuté dans les années 70.

La Synthèse nationale de renseignement déclassifié sur le programme chimique syrien confirme l’emploi passé d’agents chimiques (sarin) par le régime et notamment, leur utilisation lors de l’attaque du 21 août 2013 dans plusieurs quartiers de Damas.

«Damas a déjà employé de telles armes, notamment du sarin, dans des attaques limitées contre sa propre population, en particulier au mois d’avril 2013. L’analyse des renseignements dont nous disposons aujourd’hui conduit à estimer que, le 21 août 2013, le régime syrien a lancé une attaque sur certains quartiers de la banlieue de Damas tenus par les unités de l’opposition, associant moyens conventionnels et usage massif d’agents chimiques.»

Pour étayer leur démonstration, les renseignements français s’appuient sur cinq éléments:

  • L’imagerie française a d’abord montré que les zones touchées étaient tenues par les rebelles et se situaient à la lisière de zones tenues par le régime.
  • En outre, l’utilisation de roquettes «très vraisemblablement de fabrication industrielle» exclut l’hypothèse qu’elle ait été menée par les rebelles.
  • Enfin, le régime a bombardé la zone intensément, après l’attaque, avec une «volonté d’effacement des traces environnementales».
  • La note évoque également le «caractère massif» du programme chimique syrien,
  • et revient sur trois cas «vérifiés»d’utilisation d’armes chimiques par le régime ces derniers mois.

De plus, selon les informations des renseignements français, Bachar al-Assad et certains des membres les plus influents de son clan sont les seuls habilités à donner l’ordre d’utiliser des armes chimiques.

«Nos renseignements confirment que le régime redoutait une attaque d’ampleur de l’opposition sur Damas dans cette période, est-il écrit dans les dernières lignes de la note. Notre évaluation est que le régime a cherché par cette attaque à desserrer l’étau et à sécuriser des sites stratégiques pour le contrôle de la capitale. À titre d’exemple, le quartier de Moadamiyé est localisé à proximité de l’aéroport militaire de Mezzeh, emprise des services de renseignement de l’Armée de l’Air.

Au demeurant, il est clair, à l’étude des points d’application de l’attaque, que nul autre que le régime ne pouvait s’en prendre ainsi à des positions stratégiques pour l’opposition.

Nous estimons enfin que l’opposition syrienne n’a pas les capacités de conduire une opération d’une telle ampleur avec des agents chimiques. Aucun groupe appartenant à l’insurrection syrienne ne détient, à ce stade, la capacité de stocker et d’utiliser ces agents, a fortiori dans une proportion similaire à celle employée dans la nuit du 21 août 2013 à Damas. Ces groupes n’ont ni l’expérience ni le savoir-faire pour les mettre en œuvre, en particulier par des vecteurs tels que ceux utilisés lors de l’attaque du 21 août», conclu le rapport déclassifié.

Sur le site internet de la Défense, les autorités françaises indiquent que «sans réaction face à l’emploi massif d’agents chimiques, leur prolifération et leur utilisation seraient encouragées. L’autonomie stratégique de la France lui permet de planifier et de conduire une action militaire ciblée, limitée dans le temps. Cependant, la sécurité internationale étant remise en cause, la France souhaite construire une coalition internationale et va s’y employer dans les jours à venir.»

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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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