Assad veut poser ses conditions mais continue pour l’instant à coopérer

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Bachar Al-Assad en entrevue à la chaîne russe «Rossia 24» (capture d'écran/45eNord.ca)
Bachar Al-Assad en entrevue à la chaîne russe «Rossia 24» (capture d’écran/45eNord.ca)

La menace de frappes militaires imminentes maintenant passée, Assad se remet à nier, à accuser l’Occident et les rebelles et pose maintenant ses conditions à la mise sous contrôle de son arsenal chimique, mais continue pour l’instant à coopérer malgré sa rhétorique défiante et accusatrice.

Si la France disait ce matin ne pas renoncer à sanctionner le régime de Damas, le président syrien Bachar al-Assad, quant à lui, est toujours défiant et, dans une interview à la chaîne de télévision «Rossia 24», il a notamment posé comme condition au renoncement de son régime aux armes chimiques la cessation de l’aide aux rebelles.

En outre, il a encore répété que Damas a accepté de mettre sous contrôle international de leurs armes chimiques non pas à cause de la rhétorique agressive de Washington, mais en réponse aux propositions de son allié russe.

Toutefois, a-t-il maintenant déclaré à l’antenne de Rossia 24, «C’est un processus bilatéral […].Quand nous verrons que les États-Unis veulent effectivement la stabilité dans la région, cesseront de menacer et de chercher à attaquer, et de livrer des armes aux terroristes [sic], alors nous considèrerons que nous pouvons mener le processus jusqu’au bout et qu’il sera acceptable pour la Syrie».

Niant toujours que son régime soit à l’origine de l’attaque chimique du 21 août près de damas qui a fait des centaines de morts, dont plusieurs enfants, Assad a encore affirmé que ce sont les «terroristes, fournis en armes par l’étranger, qui «cherchent à provoquer une attaque américaine contre la Syrie».

Le président syrien a aussi mis en garde contre d’éventuelles provocations par l’opposition armée, notant «qu’elle pourrait utiliser des armes chimiques, par exemple, «contre des pays voisins, comme Israël.»

Afin de stabiliser la situation dans la région, Assad a également proposé que tous les états du Moyen-Orient se défassent de leurs «armes de destruction massive», à commencer par Israël.

«Si nous voulons la stabilité au Moyen-Orient, il est nécessaire pour tous les pays d’adhérer aux conventions, et le premier pays qui doit adhérer aux conventions est Israël, parce qu’Israël a toutes les armes biologiques et chimiques et nucléaires de destruction massive».

Toujours dans cette entrevue à la chaîne publique russe Rossia 24, Assad a aussi affirmé soupçonner l’Occident et les pays de la région, tels comme la Turquie et l’Arabie saoudite et le Qatar de fournir des armes chimiques aux insurgés.

Bachar Al-Assad a néanmoins assuré que «la Syrie enverra un message à l’ONU et à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, dans lesquels figureront les documents techniques nécessaires pour signer l’accord» et , de leur côté, les Nations unies ont annoncé avoir reçu «un document d’adhésion de la part du gouvernement syrien concernant la convention sur les armes chimiques », document «en cours de traduction».

Les Russes pour leur part ont transmis aux Américains un plan en quatre étapes dont la première est l’adhésion de Damas à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), rapporte le quotidien russe Kommersant.

La Syrie devrait ensuite révéler la localisation de son arsenal, évalué par certains experts à 1.000 tonnes, puis autoriser l’accès d’inspecteurs de l’OIAC et décider de la manière de le détruire.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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