Edward Snowden est un «défenseur des droits de l’Homme», selon Poutine

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Capture d'écran d'Edward Snowden du 6 juin 2013 lors de son interview au quotidien britannique The Guardian (Photo: capture/The Guardian)
Capture d’écran d’Edward Snowden du 6 juin 2013 lors de son interview au quotidien britannique The Guardian (Photo: capture/The Guardian)

Si Washington exige toujours son extradition, Edward Snowden continue d’avoir le soutien de Moscou. Après lui avoir accordé, début août, un asile temporaire pour éviter la traque américaine, le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié l’ex-consultant de la NSA, qui a révélé le vaste scandale de surveillance de l’administration américaine, de «défenseur des droits de l’Homme».

Un vrai contexte de Guerre froide. Entre les États-Unis et la Russie, le «Je t’aime, moi non plus» est toujours de mise. Au cœur des dernières divergences, le cas de l’ex-consultant du renseignement américain, Edward Snowden. Un héros pour certains, un traître pour d’autres.

«Je comprends que les services secrets américains ont intérêt à le présenter comme un traître, mais c’est un homme qui a une façon de penser tout à fait différente, il se considère comme un défenseur des droits de l’homme […] et il se comporte avec nous en tant que tel», a déclaré Vladimir Poutine, ce mercredi.

Dans un entretien accordé à la chaîne Pervyi Kanal, le président russe a démenti les accusations pesant sur l’informaticien, selon lesquelles il aurait tenté d’informer Moscou sur les agissements de l’administration américaine.

Edward Snowden «n’a jamais essayé de nous divulguer quoi que ce soit, a ainsi affirmé Vladimir Poutine. (…) Nous n’avons rien reçu de sa part et nous n’en avons pas envie». Avant son arrivée à Moscou, l’ex-consultant de la NSA a contacté des diplomates russes à Hong Kong, en proposant à la Russie de «lutter avec lui contre les violations des droits de l’Homme et de la loi aux Etats-Unis».

Une proposition rejetée en bloc par Moscou, à en croire Vladimir Poutine. Ce dernier a notamment précisé n’avoir été informé de l’arrivée de M. Snowden à Moscou que deux heures avant l’atterrissage de son avion.

Snowden «garde le contact» avec ses proches

Après plus d’un mois passé dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo de Moscou, l’informaticien américain a obtenu début août un asile temporaire d’un an en Russie. «Je n’ai aucune idée de ce qu’il va faire maintenant. Mais il est déjà clair que n’allons pas le livrer (aux Etats-Unis, ndlr). Il peut se sentir en sécurité ici», a ajouté le président russe.

Avant d’adresser un message à Washington : «Peut-être, quand un certain temps passera, l’Amérique comprendra elle-même que ce n’est pas un traître ou un espion, que c’est un homme avec des convictions (…) et quelques compromis seront trouvés».

De son côté, l’avocat russe d’Edward Snowden, Me Anatoli Koutcherena, a précisé que «tout va tout à fait bien» pour son client. «Il voyage, s’intéresse à beaucoup de choses (…), fait de nouvelles connaissances», a-t-il déclaré, ce mercredi, dans une interview au quotidien populaire Moskovski Komsomolets.

«Il reçoit beaucoup d’offres d’emploi, mais il n’a pas encore fait son choix», a ajouté Me Koutcherena. Avant de préciser qu’il «garde le contact» avec ses proches aux États-Unis et que son père devrait bientôt venir en Russie.


Coup de froid entre Obama et Poutine – 8 août 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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