Exécutions sommaires en Irak: le pays «au cœur d’une tempête»

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Des membres de la milice Sahwa, qui combat Al-Qaïda en Irak, photographiés le 21 août 2010 à Samarra (Photo: Archives/Mahmud Saleh/AFP)
Des membres de la milice Sahwa, qui combat Al-Qaïda en Irak, photographiés le 21 août 2010 à Samarra (Archives/Mahmud Saleh/AFP)

Renouant avec les pires moments d’un conflit entre chiites et sunnites qui dure depuis des années, l’Irak vient une nouvelle fois de sombrer dans l’horreur avec la découverte des corps de 10 jeunes hommes, exécutés par balles, en plein cœur de la capitale.

Âgés de 17 à 25 ans, les hommes ont été découverts à côté d’une ancienne usine pharmaceutique, à Mahamel, dans l’est de Bagdad, non loin du quartier chiite de Sadr City. Ils auraient été tués il y a un ou deux jours.

Au plus fort de la guerre confessionnelle entre sunnites et chiites, les exécutions sommaires étaient monnaie courante en 2006-2007, mais, c’est la première fois depuis plusieurs années qu’on retrouve, en un seul lieu, un tel nombre de personnes exécutées.

Ces exécutions interviennent alors qu’est relancée la question de si oui ou non l’Irak est en train de replonger tête la première dans une guerre civile.

Depuis plusieurs mois, des groupes liés aux extrémistes sunnites d’Al-Qaïda s’attaquent à des mosquées, des marchés, et même des terrains de football fréquentés par la communauté chiite pour entretenir un climat de terreur et renforcer les divisions confessionnelles.

L’adjoint au représentant spécial de l’ONU à Bagdad, Gyorgy Busztin, s’est inquiété mercredi soir de l’aggravation des violences qui ont renoué avec leur niveau d’il y a cinq ans.

Le but de certains assassinats sectaires semblent viser à renforcer l’exode de populations minoritaires pour renforcer les divisions entre les communautés.

Une «conférence nationale» visant à établir une «charte de paix» est en cours en présence de près de 400 représentants des principaux partis du pays. Ces derniers doivent s’engager à résoudre pacifiquement leurs différentds. Présent à cette conférence, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a déclaré que «l’Irak est au cœur d’une tempête», ajoutant que certains «cherchent à nous entraîner sur la route du meurtre et du sectarisme».

Dans le sud du pays, à Bassora, un port majoritairement chiite, des hommes armés ont abattu 15 sunnites depuis le début du mois.

«Des messages sont déposés de nuit dans des enveloppes près de mosquées sunnites disant: ‘quittez Bassora sinon nous agirons comme ceux qui s’attaquent à des chiites à Mossoul (dans le nord du pays).Œil pour œil, dent pour dent’», affirme Abdelkarim al-Khazraji, un représentant de la communauté locale sunnite.

Quelques familles sunnites ont fui la ville, même si les autorités ont promis plus de protection, a-t-il ajouté.

En attendant, toutes les cérémonies de prières dans les mosquées sunnites de la ville ont été suspendues.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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