Fusillade de Washington : des audits de sécurité ordonnés dans les bâtiments de la Marine

0
La police s'organise après l'annonce d'une fusillade dans un immeuble de bureaux de la Marine dans le quartier de Navy Yard, le 16 septembre 2013 à Washington (Archives/militarybases.com)
La police s’organise après l’annonce d’une fusillade dans un immeuble de bureaux de la Marine dans le quartier de Navy Yard, le 16 septembre 2013 à Washington (Archives/militarybases.com)

Au lendemain de la fusillade ayant coûté la vie à treize personnes dans un bâtiment de la US Navy, à Washington, le secrétaire à la Marine américaine a ordonné, mardi, que des audits de sécurité soient réalisés pour toutes les installations de l’US Navy et du corps des Marines.

Le drame est encore dans toutes les têtes. Depuis quarante-huit heures, les autorités américaines cherchent à connaître les motivations d’Aaron Alexis, ce sous-traitant et ancien réserviste de la Marine, venu semer la panique dans le quartier de Navy Yard, à Washington. Douze personnes y ont perdu la vie avant qu’il ne soit lui-même abattu.

Mais au-delà de ce cas isolé, les responsables militaires s’interrogent sur l’efficacité de leur sécurité. C’est ainsi que le secrétaire à la Marine américaine a ordonné mardi que des audits de sécurité soient réalisés pour toutes les installations de l’US Navy et du corps des Marines. Une information annoncée à l’Agence France Presse par une responsable de la Marine au lendemain de la fusillade.

Ces deux audits concernent les installations situées sur le territoire américain, a précisé le secrétaire à la Marine, Ray Mabus, sur son compte Twitter. Le premier entend «s’assurer que les règles de sécurité actuellement en vigueur soient maintenues», comme l’a expliqué cette responsable de la Marine dans un courriel à l’AFP. Le second constitue «un audit de sécurité plus large pour s’assurer que des règles de sécurité adéquates soient mises en œuvre».

Une réaction des autorités militaires sous forme de réponse aux premières critiques survenues dès mardi. La publication d’un rapport de l’Inspection générale du Pentagone par le Time Magazine a lancé une polémique concernant les contrôles d’accès aux installations de l’US Navy. Selon ce rapport, confirmé par un haut responsable du Pentagone, ceux-ci seraient défaillants.

Les coupes budgétaires comme premières responsables ?

Le document de la Défense américaine assure que «la Marine n’a pas alloué les ressources et les moyens adéquats pour vérifier efficacement les antécédents des sous-traitants extérieurs» dans sept des installations étudiées, dont celle de Navy Yard. Une conclusion qui éclabousse l’US Navy, Aaron Alexis travaillant comme sous-traitant dans les locaux de Washington.

Selon le haut responsable du Pentagone, le rapport constate également que 52 personnes condamnées ont bénéficié d’une habilitation de sécurité pour travailler sur ces installations. Une sorte de laxisme dû, selon le rapport, à un manque de moyens alloués pour ces installations.

De quoi relancer le débat sur l’évolution des moyens alloués à un ministère clef comme celui de la Défense. L’administration américaine, comme la France ou la Grande-Bretagne, se retrouve en période de vache maigre et se doit de couper dans les dépenses en matière de Défense.

Un sujet qui porte à débat, notamment dans un contexte international des plus instables, où la sécurité, tant intérieure qu’extérieure, peine, parfois, à être assurée.

Le secrétaire à la Défense Chuck Hagel «va sans doute ordonner une revue de ces conclusions», a estimé le haut responsable du Pentagone. Preuve que les responsables américains sont bel et bien conscients de cette tendance inquiétante.

À lire aussi:

La police s'organise après l'annonce d'une fusillade dans un immeuble de bureaux de la Marine dans le quartier de Navy Yard, le 16 septembre 2013 à Washington (Archives/militarybases.com) Fusillade dans un immeuble de la US Navy à Washington: plusieurs morts >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.