Israël révèle l’arrestation d’un espion iranien qui visait l’ambassade américaine

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Des policiers israéliens devant l'ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Archives/Jonathan Nackstrand/AFP)
Des policiers israéliens devant l’ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Archives/Jonathan Nackstrand/AFP)

Le service de contre-espionnage israélien, le Shin Beth, a annoncé dimanche avoir arrêté le 11 septembre à l’aéroport Ben Gourion d’Ali Mansouri, alias Alex Mans, un citoyen belge né en Iran soupçonné d’espionnage, rapporte la presse israélienne.

Le suspect, arrivé en Israël le 6 septembre, avait effectué auparavant deux visites dans le pays, en juillet 2012 et en janvier 2013.

Il avait obtenu la nationalité belge en 2006 après avoir épousé une femme originaire de ce pays, dont il a ensuite divorcé.

Il a aussi, toujours selon les services israéliens, effectué de fréquents séjours en Iran pour ses activités professionnelles.

Lors de son arrestation, plusieurs documents ont été retrouvés sur lui, notamment de nombreuses photos de différents sites en Israël dont une partie «intéressent les services de renseignements iraniens», notamment le bâtiment de l’ambassade des Etats-Unis, situé sur le front de mer à Tel Aviv.

Le Shin Bet affirme que les objectifs de Mansouri étaient l’établissement de liens d’affaires avec des entreprises israéliennes pour servir de couverture à des activités d’espionnage et et l’établissement d’une cellule d’espionnage iranienne en Israël.

L’enquête des services de sécurité israéliens devrait être compétée dans les prochains jours et des accusations d’espionnage portées contre l’homme.

Toujours selon les services de sécurité, Mansouri, qui a travaillé en Israël sous le nom de Alex Mans, était descendu cette fois dans un hôtel en face de l’ambassade américaine à Tel-Aviv.

L’ambassade américaine à Tel-Aviv, vue de la chambre d’hôtel de Mansouri (source: capture d’écran/45eNord.ca))

D’un balcon de sa chambre, donnant sur la mer, il pouvait observer ce qui se passait dans l’enceinte de l’ambassade et de surveiller les mesures de sécurité prises à l’ambassade.

Le Shin Bet est en train maintenant d’examiner s’il a pu transférer ces images et, également, si on lui a demandé de photographier des bases de Tsahal et de suivre les mouvements de soldats israéliens.

Toujours selon le contre-espionnage israélien, Mansouri effectué avait effacé de son passeport toute trace de ses origines iraniennes ou de ses fréquents séjours en Iran pour ses activités professionnelles.

C’est au terme de sa dernière visite, qui avait duré cinq jours, qu’il a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à monter à bord d’un avion pour Bruxelles.

Il agissait, dit encore le service de sécurité israélien, sous le couvert d’une entreprise belge de fabrication de verres dont il était le représentant, mais était en fait au service des Gardiens de la Révolution qui l’aurait recruté l’an dernier.

Le Shin Beth donne même le nom de quatre hauts responsables iraniens désignés comme ses agents traitants, à qui il aurait rendu compte lors de visites en Iran de ses activités en Israël.

L’Iran lui aurait promis un million de dollars pour ses activités.

La révélation de cette affaire qui peut sembler mineure, près de 20 jours en outre après les événements, tombe au moment où Israël, en première ligne contre le programme nucléaire de Téhéran, risque de se retrouver isolé dans une communauté internationale réceptive au ton beaucoup plus conciliant adopté par le nouveau président iranien Hassan Rohani.

Elle coïncide aussi avec la rencontre à Washington entre le premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain qui aura lieu aujourd’hui lundi 30 septembre.

Israël, dont le premier ministre a dit que le le nouveau président iranien était un «loup déguisé en mouton», assiste, impuissant, à une véritable embellie dans les relations entre les puissances occidentales et l’Iran, alors que les présidents Barack Obama et Hassan Rohani se sont parlé au téléphone vendredi, un contact sans précédent à ce niveau entre les États-Unis et l’Iran depuis la révolution islamique de 1979.


Arrestation d’un «espion» iranien (Vidéo: JewishNewsOne)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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