La Chine et le Japon tentent de calmer le jeu sur les îles Senkaku

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Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a pu s'entretenir quelques minutes, ce jeudi, avec le président chinois, Xi Jinping, en marge du G20, à Saint-Pétersbourg (Photo: Archives/TICAD)
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a pu s’entretenir quelques minutes, ce jeudi, avec le président chinois, Xi Jinping, en marge du G20, à Saint-Pétersbourg (Photo: Archives/TICAD)

En marge de la réunion du G20, ce jeudi, à Saint-Pétersbourg, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le président chinois, Xi Jinping, ont pu échanger durant quelques minutes. L’occasion d’apaiser quelque peu les tensions géopolitiques entre les deux pays, à propos notamment de l’archipel disputé des îles Senkaku.

On ne parle pas que de la Syrie au G20. Si le sommet international a pris un fort accent syrien compte tenu des récents événements, plusieurs rencontres bilatérales se tiennent pour tenter de régler quelques différends diplomatiques.

C’est le cas notamment des États-Unis et du Brésil, Barack Obama ayant rencontré son homologue brésilienne Dilma Rousseff pour évoquer les récentes révélations d’espionnage de ses communications par les renseignements américains.

Mais le rassemblement international a également été l’occasion pour Pékin et Tokyo d’évoquer leur désaccord concernant l’archipel des îles Senkaku. Si elle fut de courte durée, cette entrevue a permis d’ouvrir une porte vers d’éventuelles négociations après plusieurs mois de tensions.

«L’échange fut bref, mais il est important que les dirigeants japonais et chinois aient échangé quelques mots pour la première fois depuis leur intronisation», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’une conférence de presse à Tokyo.

«Le Premier ministre Abe a expliqué (à M. Xi) que nous devrions développer les relations nippo-chinoises en revenant aux relations stratégiques mutuellement bénéficiaires d’avant » la montée l’an passé des tensions autour d’îles disputées, a-t-il ajouté.

Vers une amélioration des relations diplomatiques ?

Même son de cloche du côté des autorités chinoises. L’agence Chine Nouvelle a, en effet, rapporté que M. Xi avait dit à M. Abe que Pékin voulait améliorer les relations «sur la base des quatre documents politiques sino-japonais».

Ces quatre textes communs ont été adoptés séparément entre 1972, lorsque les deux pays ont normalisé leurs relations, et 2008.

Mais depuis plusieurs mois, la tension est vive entre les deux pays. En cause, l’archipel disputé des îles Senkaku. Situées à 200 km au nord-est de Taïwan et à 400 km à l’ouest de l’île d’Okinawa (sud du Japon), les cinq îles restent inhabitées.

Mais les fonds marins les entourant seraient riches en hydrocarbure. Un point stratégique qui ne manque pas d’attirer les convoitises des pays voisins.

D’autant plus que le Japon a décidé, en septembre dernier, de nationaliser trois des cinq îles. De quoi attiser le courroux de Pékin. Depuis, les autorités chinoises déploient régulièrement des navires gouvernementaux.

Une provocation à laquelle Tokyo répond en disposant des garde-côtes. La situation est si instable que les observateurs craignent un conflit ouvert entre les deux pays.

Pékin et Tokyo se renvoient la balle

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a notamment répété, à plusieurs reprises, qu’il s’agissait d’un territoire japonais que son pays défendrait au besoin par «la force».

De son côté, Xi Jinping semble rester également campé sur sa position, selon laquelle le Japon doit assumer franchement son passé.

Pékin accuse, en effet, Tokyo de ne pas suffisamment faire amende honorable pour les exactions de son armée pendant la dernière guerre, et de sous-estimer l’ampleur du traumatisme.

Une vision que le Japon nie en bloc, affirmant s’être déjà excusé et reprochant à la Chine d’utiliser l’Histoire pour avancer ses pions sur l’échiquier géopolitique de la région.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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