L’aumônier général John Fletcher devient le «padre des padres»

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Aujourd’hui au Centre commémoratif Beechwood, à Ottawa, le brigadier-général John Fletcher a été nommé aumônier général des Forces armées canadiennes lors d’une cérémonie présidée par le général Tom Lawson, chef d’État major de la Défense.

Le brigadier-général Fletcher a officiellement succédé au brigadier-général Karl McLean et, à la tête d’une équipe de 220 aumôniers de plusieurs confessions (chrétiens, juifs, musulmans), il assumera désormais la responsabilité de répondre aux besoins religieux des membres des Forces armées canadiennes et de leur famille.

«Les aumôniers ont un rôle important à jouer en ce qui a trait aux valeurs spirituelles, et doivent être capables d’inspirer, de maintenir et de restaurer la résilience des membres des Forces armées canadiennes», a déclaré à cette occasion le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson.

La Branche des services de l’aumônerie est reconnue au Canada et partout dans le monde pour son rôle de chef de file quant à sa vision œcuménique et interconfessionnelle de l’aumônerie et a la volonté de développer et d’élargir cette expertise, affirme le ministère canadien de la Défense.

«J’ai le plaisir et l’honneur de souhaiter la bienvenue au brigadier-général Fletcher dans ses fonctions d’aumônier général», a déclaré pour sa part le général Lawson. «L’aumônier Fletcher jouera maintenant un rôle primordial en contribuant à fournir un soutien spirituel aux hauts gradés des Forces armées canadiennes comme aux militaires. Étant donné que l’aumônerie des Forces armées canadiennes est multiconfessionnelle, l’aumônier Fletcher contribuera aussi à enrichir encore davantage notre culture d’accueil et d’inclusivité.»

L’aumônier général est nommé par le ministre de la Défense nationale sur recommandation du chef d’état-major de la Défense et de concert avec le Comité interconfessionnel pour l’aumônerie militaire canadienne.

Aumônier dans les Forces canadiennes: un travail d’équipe

Le nouvel Aumônier-général des Forces armées canadiennes, le brigadier-général John Fletcher, dirigera l’équipe de 220 aumôniers de la Régulière et de 100 aumôniers de la Réserve(Photo: FAC)

À la tête de la Branche des services de l’aumônerie militaire, l’aumônier général dirige une équipe de 220 aumôniers de la Force régulière et 100 aumôniers réservistes, qui représentent plus de 20 dénominations chrétiennes, en plus des confessions juive et musulmane.

Dans une entrevue à 45eNord.ca, , au lendemain de sa prise de fonctions, l’Aumônier général Fletcher expliquait que les Forces armées avaient «un fort programme de recrutement». «On cherche à travers les différentes confessions religieuses de nouveaux aumôniers qui veulent travailler dans un ministère oecuménique, multiconfessionnel, un ministère d’équipe auprès des jeunes Canadiens qui sont appelés à servir leur pays dans les Forces, et ce n’est pas tout le monde [qui est qualifié]», dit le brigadier-général, ajoutant qu’ «il faut avoir une bonne fondation dans votre confession, il faut savoir qui vous êtes, mais vous devez avoir un grand respect et une ouverture aux confessions des autres».

Pour les aumôniers des Forces canadiennes, «équipe» n’est donc pas un vain mot: un seul aumônier, qu’il soit juif, chrétien ou musulman, se trouvant à la tête de chacune des unités, celui-ci doit compter sur ses collègues des autres confessions pour l’épauler, d’où l’importance d’avoir des aumôniers capables de travailler en équipe.

Les aumôniers des Forces armées canadiennes offrent du soutien, des conseils et des services variés tant à ceux qui les dirigent qu’aux hommes et femmes qui servent le pays et à leur famille, mais les aumôniers, qui se retrouvent partout où servent les membres des Forces armées canadiennes, reçoivent aussi une formation militaire et le brigadier-général Fletcher confiait à 45eNord.ca qu’en plus respect pour le travail de nos militaires, les aumôniers devaient être en forme et capables de vivre dans les mêmes conditions que nos soldats.

Une différence importante toutefois, bien que soumis eux aussi à l’autorité de la chaîne de commandement pour tout ce qui est militaire, le service de l’Aumônier général est indépendant en ce qui a trait au «travail spirituel». En outre, nous soulignait le brigadier-général, les aumôniers ne sont jamais armés, même sur les théâtres d’opérations, et la chaîne de commandement ne peut pas leur donner l’ordre de porter une arme, quelles que soient les circonstances.

Ainsi, en Afghanistan, lors de la vague d’attaques de l’intérieur l’an dernier, alors que les soldats devaient être armés en tout temps, même sur leur base, les aumôniers étaient les seuls à ne pas avoir d’armes.

«L’aumônerie des Forces armées canadiennes s’est donné un mandat spirituel unique dans le cadre duquel elle offre des services aux familles tout autant qu’aux militaires», affirme aussi le nouvel aumônier général, le brigadier-général Fletcher. «Nos aumôniers sont des professionnels de la santé qui jouent un rôle essentiel sur le terrain en offrant leur soutien aux militaires et à leur famille, qui accomplissent et sacrifient beaucoup pour notre pays.»

Le nouvel Aumônier général devra maintenant poursuivre l’exécution du plan stratégique établi en 2008 «qui vise à établir une aumônerie bien axée sur les opérations et qui est vue par tous les leaders religieux du Canada comme un ministère dans lequel ils aimeraient travailler».

Quant à son rôle, outre la direction de l’aumônerie, le brigadier-général devra aussi voir au bien-être spirituel des aumôniers eux-mêmes.

Il sera donc aussi «l’aumônier des aumôniers».. et«le padre des padres» et compte s’assurer que les membres de son équipe seront en forme physiquement et spirituellement pour être mieux en mesure d’aider les membres des Forces armées canadiennes et leur famille.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion2 commentaires

  1. sigouin, pierre

    Monsieur,

    Je termine présentement la biographie de mon oncle le major abbé Rosaire Lupien qui a participé à la 2ième guerre mondiale et à la guerre de Corée. Il est mort accidentellement au Japon lors d’une permission, le 5 février 1952. Il était alors aumônier en chef des nations du Commonwealth.

    Serait-il possible qu’un aumônier des Forces canadiennes fasse la préface de cette biographique.

    J’ai travaillé plus de 20 ans pour les Forces canadiennes en tant que professeur de français à l’école des langues de Saint-Jean et j’ai eu alors l’occasion d’enseigner à plusieurs militaires haut gradés en cours privés dont quelques uns de l’aumônerie canadienne. Certains se souviendront probablement de moi.

    Je tiens aussi à vous remercier et à vous féliciter pour votre nomination à ce poste d’aumônier général.

    En l’attente d’une réponse, je vous souhaite tout le succès désiré dans vos nouvelles fonctions,

    Pierre Sigouin

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