Le deuxième Canadien qui a péri dans l’attaque de Nairobi identifié

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Des secouristes et des policiers fuient alors que des tirs nourris sont entendus le 23 septembre 2013 devant le centre commercial Westgate à Nairobi (Tony Karumba/AFP)
Des secouristes et des policiers fuient alors que des tirs nourris sont entendus le 23 septembre 2013 devant le centre commercial Westgate à Nairobi (Tony Karumba/AFP)

Le deuxième Canadien qui a péri dans l’attaque du centre commercial aurait été identifiée. Il s’agirait de Naguib Damji, 59 ans, qui rendait visite à un cousin à Nairobi et se trouvait dans le centre commercial lorsque l’attaque meurtrière a commencé.

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Mise à jour au 23/09/2013 à 16h51

Le vice-président William Ruto kenyan a obtenu de la Cour pénale internationale de pouvoir rentrer dans son pays pour gérer la situation. M. Ruto était depuis le 10 septembre à La Haye où il comparaît devant la Cour pénale internationale pour son rôle présumé dans les violences politico-ethniques qui avaient suivi les élections kényanes de fin 2007 et avaient fait plus de 1.000 morts.

À son retour dans son pays, M. Ruto a promis de faire en sorte que «le Kenya reste sûr» et de faire échouer la doctrine «primitive et rétrograde» des assaillants.
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à 13h20

Selon une source sécuritaire, des agents israéliens interviennent aux côtés des forces kényanes pour tenter de secourir les personnes encore prises au piège.

Dans une déclaration audio mise en ligne sur internet, rapporte l’AFP, le porte-parole des assaillants, Sheikh Ali Mohamud Rage, a menacé d’ordonner d’abattre les derniers otages, face à la « pression » exercée par les forces kényanes et leurs alliés « chrétiens » sur les assaillants cernés dans Westgate.
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à 12h30

Washington a dit enquêter sur des informations non confirmées faisant état de la présence d’au moins trois ressortissants américains parmi les assaillants.

La police kényane a affirmé étudier les informations selon lesquelles la Britannique Samantha Lewthwaite, veuve d’un des kamikazes qui s’étaient fait exploser lors des attentats du 7 juillet 2005 à Londres, serait « impliquée ».

Le gouvernement canadien enquête aussi sur la possible participation d’un jeune Canadien de 24 ans aux côtés des assaillants islamistes.
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Hier, par respect pour le souhait exprimé par la famille de vivre son deuil dans l’intimité, le ministère canadien des Affaires étrangères avait décidé de ne pas dévoiler l’identité du deuxième canadien qui a été tué lors de l’attaque des terroristes shebabs au Westgate Mall.

Toutefois, la porte-parole du ministère, Katheen Workman, avait pu préciser à 45eNord.ca qu’il ne s’agissait pas d’un diplomate, d’un militaire ou d’une personne à l’emploi du gouvernement canadien.

Une jeune diplomate qui n’était âgée que de 29 ans, Annemarie Desloges, a aussi perdu la vie dans l’attaque dans la capitale kenyane, avait confirmé le bureau du premier ministre Stephen Harper, hier.

Annemarie Desloges était au service du gouvernement du Canada depuis 2008. Précédemment affectée à Delhi, elle a travaillé au ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, ainsi qu’à l’Agence des services frontaliers du Canada à Nairobi au cours des deux dernières années.

Elle laisse dans le deuil son époux, Robert Munk, qui faisait du shopping avec elle au Westgate Mall au moment de l’attaque et a été blessé son mari, mais a depuis été libéré de l’hôpital.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a indiqué qu’en plus de deux Canadiens tués, trois autres compatriotes, incluant l’époux de la jeune diplomate tuée, ont été blessés lors de l’attaque, rapportait de son côté la Presse Canadienne.

De passage à Toronto dimanche, M. Baird a indiqué que, parmi les blessés, on compte deux citoyens canadiens alors que le troisième est un résident permanent.

Le gouvernement canadien enquête aussi sur la possible participation d’un jeune Canadien de 24 ans aux côtés des assaillants islamistes.

Par ailleurs, le Haut-Commissariat canadien à Nairobi sera fermé aujourd’hui lundi 23 septembre.

De la fumée s’élève au dessus du centre commercial de Nairobi Westgate le 23 septembre 2013 à Nairobi ( Simon Maina/AFP)

Fortes explosions au Westgate Mall

Pendant ce temps, de fortes explosions et des tirs nourris, suivis de fumées noires, ont été entendus et vus lundi en début d’après-midi près du centre commercial de Nairobi Westgate pris d’assaut par un commando islamiste qui refuse de se rendre et réclame que se retire l’armée kényane, entrée fin 2011 en Somalie, qui se maintient dans le sud du pays dans le cadre d’une force africaine soutenant le gouvernement somalien et qui a infligé de nombreuses défaites aux islamistes.

L’agence France-Presse rapporte de son côté qu’un de ses journalistes sur place a entendu «au moins trois explosions» et deux séries de «tirs nourris» et que de la fumée qui s’est échappée en épais nuages noirs juste après les explosions était visible à plusieurs km à la ronde.

Dans la zone entourant le bâtiment, les forces de l’ordre ont immédiatement demandé aux journalistes et secouristes de se mettre à l’abri, alors que des ambulances se dirigeants vers le lieu des explosions.

Les islamistes ont pris d’assaut samedi midi le luxueux centre commercial Westgate, bondé de Kényans et expatriés venus faire leurs courses du week-end ou attablés aux cafés.

L’armée kényane avait affirmé dimanche soir que les forces de sécurité avaient repris le contrôle de la plus grande partie du bâtiment, mais les journalistes présents sur les lieux rapportaient de son côté qu’une vingtaine de minutes après la diffusion du message de l’armée, on n’avait vu arriver aucun des otages au poste de secours mis en place près du centre commercial pour traiter les blessés.

Finalement, l’armée kenyane annonçait un peu plus tard que quatre de ces soldats blessés avaient été conduits à l’hôpital et que les efforts pour en arriver à une conclusion se poursuivaient.

Une autre tentative de reprendre le contrôle du bâtiment avait échoué plus tôt dans la journée de dimanche.

Les tentatives de libération des otages se poursuivent

La police kényane a affirmé aujourd’hui lundi avoir secouru plusieurs otages du centre commercial de Nairobi Westgate, tout en précisant que les affrontements se poursuivaient après les fortes explosions entendues.

«Nous venons juste de réussir à secourir quelques otages», a écrit sur son compte Twitter le chef de la police kényane, David Kimaiyo, sans toutefois en préciser le nombre, ajoutant «Nous gagnons de plus en plus de terrain sur les assaillants».

Pendant ce temps, le vice-président kenyan William Ruto, qui est jugé à La Haye pour son rôle présumé dans les violences postélectorales kényanes de fin 2007-début 2008, qui avaient fait plus de 1000 morts, a demandé un ajournement de son procès devant la Cour pénale internationale (CPI) pour revenir gérer la crise.

Sa demande devrait être examinée lundi matin.

Quoi qu’il en soit, le bilan, 48 heures après le début de l’attaque, s’élève donc maintenant de 69 morts au moins, et de presque autant de personnes portées disparues (63), selon la Croix-Rouge, et les tentatives pour reprendre le contrôle du centre commercial continuent.


Explosions lundi en début d’après-midi (Vidéo:NCA News)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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