Le Pakistan va libérer le mollah Baradar l’ancien numéro deux des talibans afghans

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D'ex-talibans en armes à Herat en Afghanistan, le 7 août 2013 (Photo: Archives/AFP)
D’ex-talibans en armes à Herat en Afghanistan, le 7 août 2013 (Photo: Archives/AFP)

Les autorités pakistanaises vont libérer ce mois-ci l’ancien bras droit du mollah Omar, le chef des talibans afghans, pour faciliter le processus de paix en Afghanistan à l’approche du retrait de l’Otan, a indiqué mardi un haut responsable gouvernemental, rapporte l’AFP

Le Pakistan avait déjà annoncé samedi la libération de sept responsables talibans Afghans, une mesure destinée à aider le processus de paix en Afghanistan et qui intervenait quelques jours après la visite du président afghan Hamid Karzaï, qui avait demandé à Islamabad de l’aider à établir un dialogue direct avec les insurgés pour mettre fin à 12 ans de guerre dans son pays.

Ancien bras droit du mollah Omar, le chef des talibans afghans, Abdul Ghani Baradar avait été arrêté en février 2010 à Karachi, la mégapole du sud du Pakistan.

Les autorités pakistanaises avaient jusqu’à maintenant libéré 33 responsables talibans afghans incarcérés dans ses prisons, excluant toutefois le mollah Abdul Ghani Baradar, ancien numéro deux des rebelles et la plus importante figure de l’insurrection afghane emprisonnée au Pakistan.

Ces libérations n’auraient eu aucun impact sur le processus de paix afghan, les talibans étant tout simplement retournés au combat en attendant la libération de prisonniers du calibre comme le mollah Baradar, jouissant d’une grande influence et plus en mesure d’engager des pourparlers de paix.

Le Pakistan a donc décidé en principe de libérer le mollah Baradar, selon ce que rapporte l’agence française, citant le chef de la diplomatie pakistanaise, Sartaj Aziz, qui avait abordé le sujet lors de la visite, fin août, de la délégation afghane menée par le président Hamid Karzaï.

Le porte-parole des talibans afghans, Zabiullah Mujahid, a affirmé pour sa part à l’agence de presse que son mouvement évaluait la situation avant de se prononcer sur cette annonce surprise du Pakistan, pays qui entretient des relations historiques avec l’insurrection afghane.

Jusqu’ici, les talibans afghans se sont montrés favorables à des pourparlers de paix avec les États-Unis, mais refusent de discuter directement avec le président Karzaï, considéré comme une marionnette de Washington.

En outre, les talibans afghans refusent de participer à la présidentielle visant à désigner le successeur de M. Karzaï, à qui la Constitution afghane interdit de briguer un troisième mandat à la présidence.

Par ailleurs, les principaux partis politiques pakistanais se sont prononcés lundi pour des pourparlers de paix avec les rebelles islamistes talibans pakistanais, qui ont en retour salué cette ouverture.

La conférence de tous les partis pakistanais (APC) a mandaté le gouvernement fédéral pour ouvrir des négociations avec les rebelles dans l’espoir d’en arriver fin aux multiples attentats qui ont fait depuis 2007 des milliers de victimes au pakistan aux prises lui aussi avec le problème taliban.

L’APC s’inquiète tout particulièrement de la détérioration récente de la situation sécuritaire à Karachi (sud), capitale économique du pays, et dans la province instable du Baloutchistan (sud-ouest).

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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