Les atrocités du régime nord-coréen dénoncées à Genève, Pyongyang nie tout

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Le Président de la Commission des Nations Unies chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme en Corée du Nord, Michael Kirby (Jean-Marc Ferré/ONU)
Le Président de la Commission des Nations Unies chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme en Corée du Nord, Michael Kirby (Jean-Marc Ferré/ONU)

Détention des prisonniers politiques, enlèvements, torture, famine et répression exercée sur les familles de détenus politiques, une mère forcée de noyer son bébé dans un sceau rempli d’eau, un prisonnier ne se nourrissant que de rats et de lézards, telles sont les atrocités commises par le régime de Pyongyang dénoncées aujourd’hui par le Conseil des Droits de l’Homme réuni à Genève pour examiner la situation des droits de l’homme en Corée du Nord.

Le Président de la commission chargée d’enquêter sur les violations graves, systématiques et généralisées des droits de l’homme dans la République populaire démocratique de Corée, M. Michael Kirby, a indiqué que les audiences publiques organisées en août à Séoul et à Tokyo ont permis d’obtenir des témoignages de réfugiés et d’anciens prisonniers politiques nord-coréens qui décrivent les violations systématiques des droits de l’homme de la part du régime de Pyongyang.

Ces témoignages révèlent des violations graves et généralisées dans tous les domaines sur lesquels le Conseil avait chargé la commission d’enquêter.

On ne peut demeurer de marbre en entendant certains témoignages, a déclaré M. Kirby, qui a confié que l’un d’entre eux l’avait ému aux larmes.

Ceux qui ont survécu aux camps nord-coréens ont connu «la famine et des atrocités indicibles» et leurs témoignages […] ne sont pas des cas isolés, a précisé Michael Kirby, précisant qu’«Ils sont représentatifs de systèmes à grande échelle susceptibles de constituer des violations graves et systématiques des droits humains».

«Nous avons écouté des gens ordinaires victimes d’actes de torture et emprisonnés au motif qu’ils regardaient des feuilletons télévisés étrangers ou en raison de leur convictions religieuses», a déclaré le Président de la Commission, dont les travaux ont débuté en mars dernier.

«Des femmes et des hommes qui ont quitté la [Corée du Nord] avant d’être rapatriés de force nous ont parlé des tortures, des violences sexuelles, des traitements inhumains et des détentions arbitraires qu’ils ont subis. Les familles de personnes enlevées en République de Corée et au Japon nous ont décrit l’angoisse dans laquelle ils vivent depuis la disparition forcée de leurs proches, kidnappés par des agents nord-coréens.»

Michael Kirby a ajouté que les enquêteurs chercheraient à identifier les responsables de ces actes, tant au niveau des institutions que des personnes et que la Commission a annoncé qu’elle étudierait dans quelle mesure ces violations pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

Les atrocités du régime nord-coréen dénoncées à Genève, Pyongyang nie tout (capture d’écran/45eNord.ca)

La République populaire démocratique de Corée a pour sa part, comme il fallait s’y attendre, rejeté toutes les allégations de la commission et dénoncé «une mauvaise copie des éléments fabriqués par les forces hostiles au pays», estimant qu’il s’agissait d’un complot politique ourdi pour «diffamer le modèle socialiste du pays sous couvert de protection des droits de l’homme».

«Le pays n’attend rien des forces hostiles qui cherchent à manipuler la communauté internationale en fabriquant un tissu de mensonges. Toute personne sensée saura séparer le bon grain de l’ivraie et se faire sa propre idée compte tenu des intérêts politiques et militaires entourant le pays. Les violations des droits de l’homme mentionnées dans la mise à jour n’existent pas.», a encore ajouté la Corée du Nord.

Par principe, d’ailleurs, la République populaire démocratique de Corée ne reconnaît ni n’accepte les résolutions qui la visent.

En outre, l’ambassadeur de Corée du Nord a rejeté les conclusions de l’enquête comme s’inscrivant dans le cadre d’un complot politique visant un changement de régime en Corée du Nord.

Par contre, une majorité de délégations ont tout au contraire noté que les organes de surveillance des Nations Unies, dont la commission d’enquête, signalent qu’un très grand nombre de violations des droits de l’homme sont commises dans ce pays et ont exhorté instamment son gouvernement d’y mettre fin et de coopérer avec les mécanismes et procédures spéciales des Nations Unies, rapporte aussi le Conseil.

Il a en particulier été demandé aux autorités d’accepter la visite de la commission si elles entendent répondre aux témoignages recueillis par la commission concernant la détention des prisonniers politiques, les enlèvements, la torture, la famine et la répression exercée sur les familles de détenus politiques.


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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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