Les autorités américaines annoncent la fin de la grève de la faim à Guantanamo

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Un détenu du camp VI de Guantanamo, à Cuba, le 30 mars 2010 (Photo: Archives/Paul J. Richards/AFP)
Un détenu du camp VI de Guantanamo, à Cuba, le 30 mars 2010 (Archives/Paul J. Richards/AFP)

En décidant de stopper leur décompte du mouvement de grève de la faim entamé par les prisonnier depuis quelques mois, la prison de Guantanamo a de fait prononcé la fin de la grève de cette grève sans précédent.

S’adressant à la presse pour une dernière fois, le porte-parole de Guantanamo, le lieutenant-colonel Samuel House, a précisé que 19 détenus sur 164 suivaient encore le mouvement en date du lundi 23, ce qui est le chiffre le plus bas depuis le début du mouvement au mois de mars.

Sur ces 19 prisonniers en grève de la faim, 18 d’entre eux étaient toujours alimentés par une sonde naso-gastrique.

«Après le décompte d’aujourd’hui, la force de coalition de la Baie de Guantanamo (qui dirige la prison) ne publiera plus de bilan quotidien de la grève de la faim», explique Samuel House. «Depuis 2007, il y a toujours eu un faible nombre de détenus choisissant de faire une grève de la faim à long terme avec d’occasionnelles augmentations et diminutions» du nombre de participants.

«Depuis le 10 juillet 2013, le chiffre de grévistes baisse de manière significative et nous pensons que la participation d’aujourd’hui représente ceux qui veulent continuer le mouvement», poursuit-t-il.

Au plus fort de la grève, juste avant le Ramadan au début de l’été, le mouvement «sans précédent par sa durée et sa magnitude» a atteint 106 participants, dont 46 nourris de force et quatre hospitalisés.

«Tant qu’il restera une personne en grève de la faim, retenu sans inculpation ni traduit devant un tribunal injuste, la crise de Guantanamo se poursuivra», s’est insurgé Zeke Johnson, directeur d’Amnesty International en charge des questions de sécurité.

C’est une fouille du camp 6, où se trouvent la majorité des détenus, qui a mis le feu aux poudres le 6 février dernier. Les prisonniers ont jugé que les gardiens avaient examinés des corans d’une manière jugée blasphématoire.

Depuis, c’est surtout leurs conditions de détentions qui est surtout mis en avant par leurs avocats pour expliquer la grève de la faim.

Si Guantanamo a été remis sur l’écran radar du président Barack Obama, preuve en est son discours de mai dernier lorsqu’il a réitéré sa promesse de fermer la prison. Il avait en outre demandé l’aide du Congrès afin de la fermer rapidement et annoncé également la levée du moratoire qui empêché le transfert des prisonniers vers leurs pays d’origine.

Le rapatriement des détenus a repris fin août, avec le retour de deux Algériens de Guantanamo. En rentrant au pays, ils ont été placés sous contrôle judiciaire.

Sur les désormais 164 détenus de Guantanamo, 84 – dont 56 Yéménites – ont été désignés comme transférables dans leur pays d’origine par les administrations des présidents George W. Bush et Barack Obama.

Quelque 46 autres sont en détention illimitée, sans inculpation ni procès faute de preuves, mais jugés trop dangereux pour être libérés de cette prison controversée.

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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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