Les troupes philippines poursuivent leur offensive contre les rebelles

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Les troupes philippines poursuivent leur offense contre les rebelles (Ted Aljibe/AFP)
Les troupes philippines poursuivent leur offense contre les rebelles (Ted Aljibe/AFP)

Les troupes philippines ont commencé à se frayer un chemin dans les villages côtiers du sud du pays où les rebelles musulmans tiennent encore en otages des dizaines d’habitants et où les affrontements violents ont fait jusqu’à maintenant 56 morts et 60.000 personnes déplacées, rapporte l’Associated Press.

Le Secrétaire de l’Intérieur Mar Roxas a déclaré que les forces gouvernementales qui encerclaient environ 200 combattants rebelles du Front Moro de libération nationale (MNLF) ont commencé à avancer et à reprendre lentement les zones tenues par les rebelles et le contrôle des routes dans les villages de la zone côtière de l’importante ville portuaire de Zamboanga.

Le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Ramon Zagala, a affirmé que l’offensive a été «calibrée» pour protéger les otages encore détenus par les rebelles, précisant à l’agence de presse américaine que «Ce n’est pas une guerre tous azimuts».

Les troupes n’ont pas eu recours à des tirs d’artillerie lourde, de roquettes ou aux frappes aériennes pour protéger les otages et les civils , ont indiqué des responsables, ajoutant que, sur 56 morts, il y avait 47 rebelles, deux soldats, trois policiers et quatre civils seulement.

Mis à part les otages, dont ils se servent comme boucliers humains, les rebelles auraient aussi fait exploser des bombes, incendiant des dizaines de maisons pour ralentir l’avance des troupes.

Plusieurs otages se seraient échappés , mais il reste difficile de savoir combien sont encore détenus par les rebelles.

Le président Benigno Aquino III a déclaré qu’il s’attendait à d’autres combats, mais que plus de 62.000 villageois déplacés étaient à l’abri dans un complexe sportif de Zamboanga.

Cette crise des otages est la plus grave menace à la sécurité à laquelle le président Aquino ait dû faire face depuis son accession au pouvoir en 2010.
Près de 200 rebelles du MNLF, un groupe d’indépendantistes musulmans, ont débarqué sur la côte lundi pour protester contre les pourparlers de paix en cours depuis des mois entre Manille et plusieurs groupes indépendantistes.

Le MNLF, mené par Nur Misuari, un ancien professeur d’université, s’estime marginalisé par ces négociations, qui visent un accord d’autonomie –et non d’indépendance– pour le sud de l’archipel, majoritairement musulman dans le plus grand pays catholique d’Asie.

L’île méridionale de Mindanao, où se trouve Zamboanga, dispose d’importantes ressources naturelles, mais est une des régions les plus pauvres de ce pays, en raison de décennies de violences à l’égard des forces de sécurité, mais aussi des civils. On estime que plusieurs zones de l’île échappent de fait au contrôle de l’État.

La ville de Zamboanga, qui abrite près d’un million d’habitants, est quasi-déserte depuis le début de semaine: aucun passant dans les rues et des gardes lourdement armés devant les bâtiments officiels et administratifs. Quelque 13.000 habitants ont quitté leur maison.


Le siège de Zamboanga (Vidéo: PTV PH)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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