L’Iran tourne la page de l’ère Ahmadinejad

Photo prise le 5 août 2013 à Téhéran du nouveau président iranien, Hassan Rohani (g) et Mohammad Javad Zarif, nommé depuis ministre des Affaires étrangères (Photo: Archives/ Atta Kenare/AFP)
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Photo prise le 5 août 2013 à Téhéran du nouveau président iranien, Hassan Rohani (g) et Mohammad Javad Zarif, nommé depuis ministre des Affaires étrangères   (Photo: Archives/ Atta Kenare/AFP)
Photo prise le 5 août 2013 à Téhéran du nouveau président iranien, Hassan Rohani (g) et Mohammad Javad Zarif, nommé depuis ministre des Affaires étrangères (Photo: Archives/ Atta Kenare/AFP)

Celui que le premier ministre israélien qualifiait de «loup déguisé en mouton», le nouveau président iranien Hassan Rohani, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, viennent de transmettre il y a deux jours leurs vœux pour le Nouvel An juif, un changement de ton en rupture complète avec l’ancien président Ahmadinejad.

«Alors que le soleil va bientôt se coucher ici à Téhéran, je souhaite à tous les Juifs, les Juifs iraniens en particulier, un bienheureux Rosh Hashanah.», a écrit le nouveau chef d’État iranien sur son compte Twitter.

À Christine Pelosi, la fille de l’ex-présidente de la Chambre des représentants américains Nancy Pelosi, qui avait alors réagi en écrivant «Merci. Le Nouvel An serait encore plus doux si vous mettiez un terme à la négation de l’Holocauste par l’Iran», le ministre iranien a même écrit à son tour : «L’Iran n’a jamais nié l’Holocauste. L’homme qui était perçu comme niant cela est maintenant parti. Bonne année».

Javad Zarif a également affirmé sur sa page Facebook, pour mieux corriger l’image de l’Iran donnée par l’ancien président iranien qui avait remis en cause l’Holocauste et appelé à la disparition d’Israël, «Nous condamnons le massacre des juifs par les nazis et nous condamnons le massacre des Palestiniens par les sionistes».

Manifestation d’une volonté de plus de transparence sur son programme nucléaire, condamnation de l’Holocauste, vœux du Nouvel An juif, le président iranien et son équipe veulent décidément rompre avec l’image d’inflexibilité qui avait caractérisé l’ère de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad.

 

Par ailleurs, le chef de la diplomatie iranienne, un modéré qui a fait des études de droit international aux États-Unis et fut ambassadeur d’Iran auprès des Nations unies au milieu des années 2000, a aussi été chargé par le président des négociations nucléaires avec les grandes puissances.

Javad Zarif a assuré vendredi que l’Iran voulait lever les inquiétudes internationales sur son programme nucléaire.

«Lever les inquiétudes internationales est dans notre intérêt, car les armes atomiques ne font pas partie de la politique de la République islamique», a-t-il déclaré, après un entretien téléphonique avec Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, qu’il doit rencontrer fin septembre.

Ali Akar Salehi, chef de l’Organisation de l’énergie atomique (OIEA), s’est lui aussi montré conciliant, affirmant que l’Iran comprenait les inquiétudes de la communauté internationale.

«Nous sommes prêts à les lever [les inquiétudes] en utilisant toutes les conventions, les règlements et les mécanismes au niveau international», a-t-il déclaré, ne rejetant pas une éventuelle ratification du protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), qui permet des inspections surprises des sites nucléaires iraniens, rapporte même l’agence iranienne IRNA.