Maaloula, Syrie: un des berceaux du christianisme victime de la guerre

Pour éviter la destruction du patrimoine religieux et archéologique, les rebelles se sont retirés dans la nuit du 6 au 7 septembre de l'une des entrées du village chrétien de Maaloula, en Syrie, avec, au sommet du rocher à gauche, le monastère de ya Mar Sarkis (Saint-Serge) ((Photo:Archives/ Heretiq/Wikimédia Commons)
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Pour éviter la destruction du patrimoine religieux et archéologique, les rebelles se sont retirés dans la nuit du 6 au 7 septembre de l'une des entrées du village chrétien de Maaloula, en Syrie, avec, au sommet du rocher à gauche, le monastère de ya Mar Sarkis (Saint-Serge) ((Photo:Archives/ Heretiq/Wikimédia Commons)
Pour éviter la destruction du patrimoine religieux et archéologique, les rebelles se sont retirés dans la nuit du 6 au 7 septembre de l’une des entrées de la ville chrétienne de Maaloula, en Syrie, avec, au sommet du rocher à gauche, le monastère de Mar Sarkis (Saint-Serge) ((Photo: Archives/ Heretiq/Wikimédia Commons)

Les combats ont repris samedi entre forces du régime de Damas et rebelles aux environs et dans la ville chrétienne de Maaloula, au nord de Damas, deux jours après le retrait de combattants rebelles de l’une des entrées de la cité antique pour en préserver l’héritage religieux rapporte l’Observatoire syiren des droits de l’Hhomme (OSDH).

«Des accrochages se sont produits à l’intérieur de la ville, dans sa partie occidentale, entre des hommes des Comités populaires (supplétifs de l’armée) et des rebelles», a déclaré à la presse Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, qui avait indiqué auparavantdans un communiqué que «de violents accrochages opposent les forces régulières et leurs supplétifs à des combattants rebelles aux environs et à l’une des entrées de Maaloula».

Toujours selon l’OSDH, les combats ont été déclenchés par une attaque de l’armée contre des combattants rebelles postés dans un hôtel situé sur une colline environnante, ce qu’a confirmé de son côté la télévision d’État syrienne, citant une source militaire du régime.

L’armée a renforcé sa présence dans les postes qui ont été évacués dans la nuit de jeudi à vendredi par les rebelles à l’une des entrées de Maaloula, indique l’OSDH.

Préserver l’héritage religieux et historique

Vue du monastère de Sainte-Thècle (Mar Takla), Maaloula, Syrie (Photo:Archives/ Bernard Gagnon/Wikimédia Commons)

Les rebelles s’étaient retirés de l’une des entrées de la ville dont ils avaient pris le contrôle après une attaque suicide mercredi, la Coalition nationale syrienne (opposition) affirmant qu’elle tenait à préserver l’héritage religieux et archéologique de la ville située à 55 km au nord de Damas.

De fait, des habitants ont indiqué qu’aucun dommage n’a été subi par les églises et les monuments de la ville lors de l’attaque rebelle de mercredi.

Maaloula, à 56 km au Nord-est de Damas est un village chrétien qui présente la particularité d’abriter une population qui parle encore l’araméen, la langue parlée par Jésus-Christ.

La majorité des chrétiens locaux appartient à l’Église grecque-catholique melkite.

Le village doit sa renommée, entre autres, à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme.

Il abrite le monastère Mar Takla, grec-orthodoxe, construit autour de la grotte et du tombeau de Sainte-Thècle fêtée le 24 septembre.

En haut d’un rocher qui domine le village, se dresse aussi un antique monastère desservi par un prêtre grec-catholique et dédié à Mar Sarkis et Mar Bacchus (Saints Serge et Bacchus), deux saints martyrs fêtés le 7 octobre.

Le village est aussi célèbre au Proche-Orient pour la ferveur et la solennité avec lesquelles il célèbre chaque 14 septembre la fête de l’Exaltation de la Croix.


L’antique ville de Maaloula, théâtre d,affrontements entre les rebelles et les forces gouvernementales (Vidéo: Deborah Lutterbeck )