Mali: le nouveau président met le cap sur la réconciliation nationale

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Le candidat à la présidentielle Ibrahim Boubacar Keïta dans un bureau de vote à Bamako le 11 août 2013 (Photo: Issouf Sanogo/AFP)
Le nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta lors de la présidentielle du 11 août dernier dans un bureau de vote à Bamako le 11 août 2013 (Photo: Archives/Issouf Sanogo/AFP)

Le président élu de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéïta alias IBK, 68 ans, qui a prêté serment ce mercredi 4 septembre devant les membres de la Cour suprême, présidée par Nouhoum Tapily, lors d’une cérémonie d’investiture au Centre international des conférences de Bamako (CICB), a tout de suite mis le cap sur la réconciliation nationale.

Ibrahim Boubacar Keïta lors de sa cérémonie d’investiture à Bamako, le 4 septembre 2013 (Photo: Habibou Kouyaté/AFP)

«Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de remplir mes fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de préserver les acquis démocratiques, de garantir l’unité nationale, l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national», a affirmé le nouveau président ;ors de la cérémonie, ajoutant «je m’engage solennellement et sur l’honneur à mettre tout en oeuvre pour la réalisation de l’unité nationale».

Cette cérémonie d’investiture se tient donc deux semaines après la proclamation par la cour constitutionnelle du Mali des résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle malienne, tenu le 11 août dont IBK, un cacique de la politique malienne, était sorti vainqueur avec 77,6 % des voix contre 22.4 % pour son plus proche rival, l’ex-ministre de l’Économie, Soumaïla Cissé.

Dans son discours, le nouveau chef d’État a rendu un hommage appuyé à l’ex-président (1968-1991) Moussa Traoré, renversé par le coup d’État de 2012, présent dans la salle et qui a eu droit à des applaudissements nourris.

M. Keïta a aussi salué les autorités de transition ainsi que les pays ayant fourni des troupes pour l’intervention militaire internationale initiée par la France à partir de janvier 2013 pour déloger les groupes jihadistes ayant occupé pendant plusieurs mois en 2012 le nord du Mali.

Une autre cérémonie est prévue le 19 septembre au stade du 26 mars à Bamako, où des dirigeants étrangers tels que le Président français François Hollande et le président sud-africain Jacob Zuma, seront reçus par le chef d’État.

Cette deuxième cérémonie, où sont attendus plus de 25 chefs d’État et de gouvernement étrangers sera l’occasion pour le nouveau président malien de rendre à nouveau hommage à la communauté internationale et tout particulièrement à la France pour son engagement auprès du Mali.

Ibrahim Boubacar Keïta peut certes compter sur l’appui de la communauté internationale qui a promis en mai dernier une aide massive de 3,2 milliards d’euros au Mali, mais de nombreux et pressants défis attendent le nouveau chef d’État malien.

IBK va devoir réparer le tissu social du pays qui s’est fissuré suite à la crise engendrée par le putsch militaire du 22 mars 2012 mené par le capitaine Sanogo contre Amadou Toumani Touré qui a ouvert la porte à la prise du nord par les groupes armés avant qu’ils ne soient chassés par les troupes françaises et africaines.

Le nouveau président malien a déclaré lors de la cérémonie d’investiture «Pas un instant je n’oublierai que vous m’avez hissé là où vous m’avez placé pour prendre soin de tous les aspects de la vie de notre Nation. La réconciliation nationale demeure la priorité la plus pressante» [du quinquennat entamé mercredi par Ibrahim Boubacar Keïta à la tête du Mali¨.

«Je veux réconcilier les coeurs et les esprits. […]Je veux rassembler toutes les composantes et toutes les générations de la société malienne», a-t-il affirmé.

Quant au Mouvement national de libération de l’Azawad, qui avait été le premier groupe à s’emparer du nord du pays avant d’être évincé par ses alliés islamistes, il réclame toujours l’autonomie du Nord-Mali et ce dossier qui empoisonne la vie politique malienne depuis longtemps est loin d’être réglé.

*Avec AFP

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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