Mali: les États-Unis annoncent la reprise de l’aide non-militaire

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Le nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta salue la foule, après sa prestation de serment, le 4 septembre 2013 à Bamako (Photo:  Archives/Habibou Kouyaté/AFP)
Le nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta salue la foule, après sa prestation de serment, le 4 septembre 2013 à Bamako (Photo: Archives/Habibou Kouyaté/AFP)

Les États-Unis ont annoncé la reprise de leur aide au Mali, à l’exception de leur assistance militaire, deux jours après la prise de fonction du nouveau président, a annoncé la porte-parole du Département d’État, Marie Harf, verndredi.

L’aide américaine au Mali avait été interrompue en mars 2012 après le coup d’État militaire puisque la législation américaine interdit d’apporter une aide non humanitaire à des autorités issues d’un coup de force militaire.

Toutefois, les États-Unis avaient pu apporter un appui logistique à l’opération Serval, l’opération militaire française lancée en janvier 2013 pour libérer le Nord du pays, dont des groupes armées islamistes liés à Al-Qaïda s’étaient emparés à la faveur du putsch et qu’ils occupaient alors depuis neuf mois.

Après l’élection présidentielle le mois dernier, marquant la restauration de la démocratie au Mali, le Secrétaire d’État américain, John Kerry, avait félicité Ibrahim Boubacar Keïta pour son élection comme Président de la République du Mali.

«Les conditions de transparence et de crédibilité dans lesquelles s’est déroulée l’élection honorent la tradition démocratique du Mali et reflètent le progrès que le Mali a accompli pendant ces 18 derniers mois.», avait alors déclaré le Secrétaire d’État américain.

Les États-Unis lèvent donc maintenant les restrictions sur l’aide bilatérale non militaire au Mali

«Nous avons hâte de travailler avec le président Keita alors qu’il commence à relever les défis les plus pressants du Mali, y compris ceux de la réconciliation nationale, de la réforme du secteur de la sécurité, et du renforcement des institutions démocratiques du Mali.», a affirmé à ce propos vendredi la porte-parole du Département d’État, Marie Harf.

«Après l’intronisation, mercredi,[du nouveau président malien, ndlr]le secrétaire d’État adjoint William J. Burns a signé une décision selon laquelle un gouvernement démocratiquement élu a pris ses fonctions au Mali. La détermination a été transmis au Congrès, levant ainsi la limitation de l’aide au gouvernement du Mali, en place depuis le Mars 2012 coup d’État militaire. Les États-Unis vont donc reprendre l’aide au développement bilatérale immédiatement, mais continueront d’évaluer quand et comment renouer le dialogue avec les institutions de sécurité maliennes.», a déclaré Marie Harf par voie de communiqué.

Dans son message de félicitations le mois dernier, John kerry avait souligné que «Pour assurer la meilleure consolidation de ce progrès, le nouveau gouvernement du Mali doit s’atteler aux défis les plus pressants du pays, y compris la réconciliation nationale et la reforme du secteur de la sécurité, et c’est pourquoi nous insistons particulièrement sur l’importance du contrôle et de la supervision des forces armées et de sécurité par l’autorité civile malienne.»

La décision d’hier s,inscrit dans la même logique et la porte-parole du Départment d’État a encore précisé que «Toute reprise éventuelle de l’assistance à l’armée malienne donnera la priorité à la réforme du secteur de la sécurité, les normes professionnelles, la réaffirmation de l’autorité civile, les mécanismes de reddition de comptes et la primauté du droit.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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