RDC: les pays voisins somment les rebelles du M23 de cesser les combats

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Les présidents du Rwanda et de la RDC, Paul Kagame (g) et Joseph Kabila (d), le 20 novembre 2004 à Dar es-Salaam (Photo: Archives/Gianluigi Guercia/AFP)
Les présidents du Rwanda et de la RDC, Paul Kagame (g) et Joseph Kabila (d), le 20 novembre 2004 à Dar es-Salaam (Photo: Archives/Gianluigi Guercia/AFP)

Les chefs d’État de la région africaine des Grands Lacs réunis à Kampala, ont sommé que les rebelles du M23 de cesser «toute activité militaire» et de reprendre les négociations avec ses négociations avec la République démocratique du Congo (RDC) «dans les trois jours».

Ces négociations, suspendues depuis mai, devront être «conclues dans une période maximum de 14 jours», dit le communiqué final du sommet, adopté par les 11 chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ou leurs représentants réunis dans la capitale ougandaise.

En outre, durant ces 14 jours, «les forces belligérantes sur le terrain sont exhortées à exercer le maximum de retenue pour que les pourparlers soient rapidement conclues», dit encore le communiqué.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) «devra mettre un terme à toute activité militaire et cesser la guerre et les menaces de renverser le gouvernement légal de République démocratique du Congo» (RDC), ont ainsi décidé les chefs d’Etat.

Le sommet de la CIRGL invite également la nouvelle «Brigade d’intervention (de l’ONU) à excercer sans relâche une pression sur le M23 et toutes les autres forces négatives», se réfrant ainsi aux nombreux groupes armés présents dans l’est de la RDC, notamment la rébellion rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

La nouvelle brigade de l’ONU, au mandat offensif, qui a été déployée avec pour mandat d’éradiquer les groupes rebelles actifs dans l’est de la RDC, a épaulé l’armée congolaise fin août dans son offensive pour déloger le M23 des abords de Goma.

L’opération a réussi à repousser les rebelles à une trentaine de km de la capitale de la riche province minière du Nord-Kivu, dont ils s’étaient déjà emparés une dizaine de jours fin novembre 2012 et qu’ils menaçaient à nouveau.

En 2012, le M23 s’était retiré de Goma en échange de négociations avec Kinshasa qui ont été entamées en décembre de cette année là mais ont achoppé cinq mois plus tard sans qu’il y ait eu d’avancée notable dans les pourparlers.

le sommet de cette semaine représente la septième tenmtative depuis juillet 2012 des chefs d’Etat de la CIRGL (Angola, Burundi, Centrafrique, Congo, RDC, Kenya, Rwanda, Soudan, Tanzanie, Ouganda, Zambie) se réunissent de trouver une solution à la crise persistante dans l’est de la RDC.

Aujourd’hui, avant l’ouverture du sommet un peu plus tard en après-midi, les présidents de RDC Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame ont eu une rencontre bilatérale, leur première rencontre directe depuis le sommet du cinquantenaire de l’Unité africaine, en mai à Addis Abeba.

La RDC et l’ONU accusent le Rwanda, qui dément fermement, de soutenir militairement les rebelles du M23 qui affrontent depuis mai 2012 l’armée congolaise dans la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda.

Si on en croit le porte-parole du ministère ougandais des Affaires étrangères, Elly Kamahungye, le président rwandais se serait aussi entretenu parallèlement avec son homologue tanzanien Jakaya Kikwete, dont le pays est à la têtede la Brigade d’intervention de l’ONU en RDC..

MM. Kagame et Kikwete avaientrécemment échangé des propos très agressifs et des menaces à peine voilées, après que le président tanzanien eut conseillé au Rwanda de négocier avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda que Kigali, qui exclut tout dialogue avec ce mouvement, considère comme formé d’anciens miliciens responsables du génocide de 1994 au Rwanda.

L’envoyée spéciale de l’ONU dans les Grands-Lacs Mary Robinson et la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini-Zuma étaient également présentes à Kampala.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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