Réfugiés syriens: appel urgent des pays voisins qui n’en peuvent plus!

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Des milliers de Syriens traversent la frontière avec l'Iraq (Photo: G.Gubaeva/UNHCR)
Des milliers de Syriens traversent la frontière avec l’Iraq (Photo: G.Gubaeva/UNHCR)

Les pays voisins de la Syrie ont lancé mercredi un appel à la communauté internationale pour un soutien massif et le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a conclu un accord avec les pays de la région pour renforcer l’aide auprès des réfugiés syriens, mais, pour le Haut-Commissaire, rien ne va plus.

L’accord a été conclu lors d’une réunion présidée par le Haut Commissaire António Guterres à laquelle ont participé des ministres du Liban, de la Jordanie, de la Turquie et de l’Iraq, pays accueillent la plupart des réfugiés syriens, qui sont désormais plus de deux millions, rapporte le HCR.

«Une solution politique pour arrêter ce cycle de l’horreur est nécessaire d’urgence. Il n’y a pas de solution humanitaire à la crise syrienne; il y a plutôt besoin d’une solution politique qui mette fin à la crise humanitaire. Toutes les actions qui génèrent des afflux de réfugiés doivent cesser», a aussi déclaré António Guterres en conférence de presse à l’issue de la réunion.

«Notre message central est que ces pays nécessitent et méritent un soutien massif de la part de la communauté internationale, et que ce soutien n’est pas encore là. Il est essentiel de voir un changement dans la façon dont la communauté internationale gère ce soutien», a-t-il ajouté.

La planification des aspects humanitaires de la situation en Syrie a déjà été effectuée sur la base des plans interagences pour l’aide aux réfugiés syriens qui sont périodiquement mis à jour et dont la toute dernière version était un appel de fonds, lancé en juin et s’élevant à 4,4 milliards de dollars, indique l’agence onusienne.

Sur ce total, un volet d’environ trois millions de dollars concernait la réponse, cette année, aux besoins humanitaires et à ceux des communautés hôtes dans la région immédiatement environnante, dit le HCR, qui précise que « À la fin août, le volet de cet appel de fonds concernant la région environnante était financé à hauteur d’environ 40%.»

«Maintenant que le conflit dure depuis plus de 30 mois, nous devons évoluer au-delà des réponses humanitaires à court terme pour les réfugiés syriens et commencer d’atténuer l’impact immédiat et de long terme au niveau des infrastructures, des situations économiques et du développement que cette crise a sur les pays qui les hébergent», a poursuivi le Haut Commissaire.

Les pays voisins n’en peuvent plus

Les ministres des pays voisins de la Syrie ont donc lancé un appel à la communauté internationale en faveur d’un soutien massif sous forme d’une aide d’urgence au développement, notamment pour les écoles et infrastructures.

L’accord de mercredi ouvre en outre la voie à un débat ministériel de haut niveau prévu pour le 30 septembre dans le cadre de la réunion annuelle du Comité exécutif du HCR.

Ces discussions viseront à rechercher un consensus portant sur des engagements d’ampleur pour une assistance humanitaire et un aide d’urgence au développement qui inclurait la participation d’institutions financières internationales comme la Banque mondiale.

Les hauts représentants des quatre pays voisins de la Syrie ont confirmé mercredi qu’ils continueraient à laisser leurs frontières ouvertes pour accueillir les réfugiés syriens.

Toutefois, soulignant les difficultés que leurs pays rencontraient face à l’afflux massif de réfugiés, principalement en Jordanie et au Liban, deux petits pays déjà en proie à des difficultés économiques, ils ont aussi demandé au reste du monde d’accueillir plus de réfugiés syriens.

Le Liban accueille déjà 720.000 réfugiés, la Jordanie 520.000, la Turquie 460.000 et l’Irak 200.000.

La situation est particulièrement problématique au Liban où 20% de la population est désormais syrienne..« La situation devient très inquiétante du point de vue sécuritaire, social, économique, démographique. Jusqu’à présent la réponse de la communauté internationale a été très décevante », a affirmé à ce sujet le responsable libanais Abou Faour.

Le ministre turc Ahmet Davutoglu et le ministre jordanien Nasser Judeh ont pour peur part tous deux évoqué un «scénario cauchemar» en Syrie avec l’arrivée de dizaines de milliers de réfugiés en un jour.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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