Syrie: Assad plie mais la France ne renonce pas à le punir

0
Des inspecteurs de l'Onu le 29 août 2013 à Ghouta dans la banlieue de Syrie (Photo: Archives/Ammar al-Arbini/AFP)
Des inspecteurs de l’Onu le 29 août 2013 à Ghouta dans la banlieue de Syrie (Photo: Archives/Ammar al-Arbini/AFP)

Alors que les discussions à l’ONU sur le projet de résolution sur la Syrie ont commencé et qu’Assad confirme son accord à la proposition russe, la France ne renonce pas quant à elle à sanctionner le régime de Damas et insiste encore sur le chapitre 7 et le recours a la Cour pénale internationale.

Le projet français, que les Russes jugeait inacceptable et qui avait été fort probablement la cause du report de la réunion de mardi du Conseil de Sécurité, prévoyait que la résolution sur le contrôle de l’arsenal chimique syrien soit adoptée sous «chapitre 7», c’est-à-dire qu’elle autoriserait en dernier recours l’usage de la force pour contraindre Damas à respecter les obligations mentionnées dans le texte.

De surcroît, outre l’adhésion de la Syrie à la Convention de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques, la résolution française prévoyait le déferrement des responsables du massacre du 21 août devant la Cour pénale internationale (CPI).

Au point de presse de ce jeudi 12 spetembre, le Quai d’Orsay a redit que ses « objectifs sont depuis le départ et restent aujourd’hui de sanctionner les auteurs du massacre chimique du 21 août et de les dissuader de recommencer pareille atrocité. Comme l’a rappelé M. Fabius à la radio ce matin.»

«La France a présenté à ses partenaires […] un projet de résolution qui décline ces objectifs dans un texte dont nous voulons qu’il ait une portée contraignante, qu’il oblige les responsables de ce massacre à rendre des comptes et qu’il mette en place rapidement un contrôle crédible, effectif et vérifiable des armes chimiques présentes en Syrie.», dit encore le Quai d’Orsay.

«Comme nos partenaires américains et britanniques, nous sommes en contact avec nos interlocuteurs chinois et russes. Nous souhaitons que la négociation avance rapidement et recueille in fine le plus large accord possible. Si nous sommes prêts à négocier, nous ne sommes pas prêts en revanche à céder sur les grands principes et objectifs qui sont les nôtres et que nous partageons avec une grande partie de la communauté internationale.», conclut le ministère français des Affaires étrangères.

En outre, à l’antenne de RTL, en réponse à Vladimir Poutine qui accuse les rebelles d’être les auteurs de l’attaque chimique, le ministre français des Affaires étrangères a redit une fois encore sa conviction que le régime Assad est bien le seul responsable de ce crime et affirmé que les déclarations russes s’inscrivaient plutôt dans un «jeu» de Moscou.

Le rapport des inspecteurs de l’ONU sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie sera rendu public probablement lundi, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. «Il va dire qu’il y a eu un massacre chimique. […] Il y aura certainement des indications» sur l’origine de ce massacre, commis le 21 août près de Damas et qui a fait des centaines de morts, a-t-il ajouté.

«À partir du moment où seul le régime avait les stocks, les vecteurs et intérêt à le faire, on peut tirer la conclusion», a ajouté le ministre français, convaincu que le régime de Bachar al-Assad est bien l’auteur du l’attaque qui a fait des centaines de morts , alors que le président russe Vladimir Poutine accuse pour sa part dans une tribune publié dans le New-York Times hier matin les forces d’opposition d’avoir utilisé les gaz toxiques pour provoquer une intervention de leurs «puissants soutiens étrangers».

«Ce n’est pas la réalité. C’est une version que développent les Russes depuis très longtemps. [Poutine] est dans son jeu]», a dit Laurent Fabius.

Le ministre a également affirmé que «la semaine prochaine, on aura une vraie idée [sur le fait]) de savoir, quelles que soient les intentions initiales, si [l’arsenal chimique de la Syrie] peut être contrôlé ou pas», comme l’a proposé Moscou.

Laurent Fabius a dit aussi s’être entretenu avec John Kerry avant rencontre jeudi dans la journée avant la rencontre du Secrétaire d’État américain avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Genève.

Assad confirme son accord à la proposition russe

Pendant ce temps le président syrien Bachar al-Assad a confirmé de nouveau jeudi que la Syrie allait placer sous contrôle international son arsenal chimique et envoyer des documents à l’ONU pour signer un accord, affirmant que cette décision n’avait pas été motivée par les menaces de frappes militaires.

«La Syrie place ses armes chimiques sous contrôle international à cause de la Russie«, a-t-il déclaré lors d’une entrevue à la chaîne publique Rossia 24, ajoutant «Les menaces des Etats-Unis n’ont pas influé sur la décision de mettre sous contrôle les armes chimiques».


Syrie: rapport de l’ONU publié « probablement lundi » indique Fabius (Vidéo: RTL)

À lire aussi:

Crise syrienne: la réunion du Conseil de Sécurité est remise sine die >>

 

Syrie: Barack Obama donne une deuxième chance à la diplomatie >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.