Syrie: Ban Ki-moon est persuadé que les responsables devront rendre des comptes

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (Photo: ONU/Mark Garten)
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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (Photo: ONU/Mark Garten)
Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon (Photo: Archives/ONU/Mark Garten)

Cette fois, même Ban Ki-moon en a assez. Excédé, le Secrétaire général des Nations-Unies accuse et se dit persuadé que les responsables des nombreux crimes contre l’humanité commis en Syrie devront rendre des comptes.

Ban Ki-moon, celui-là même qui tentait depuis toujours de calmer le jeu, n’a pu cette fois s’empêcher vendredi d’accuser le président syrien Bachar al-Assad d’avoir «commis de nombreux crimes contre l’humanité», annonçant tout de suite que le rapport des experts de l’ONU «va conclure de manière accablante» à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

La menace de frappes militaires imminentes maintenant passée, Assad s’était remet à nier, à accuser l’Occident et les rebelles et avait poussé l’audace jusqu’à poser ses conditions à la mise sous contrôle de son arsenal chimique, tout en faisant mine de coopérer.

Ban Ki-moon, non seulement a annoncé aujourd’hui que le rapport des experts de l’ONU «va conclure de manière accablante» à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, sans en attribuer toutefois directement la responsabilité au régime syrien, mais, outre accuser le président Bachar al-Assad d’avoir «commis de nombreux crimes contre l’humanité», il s’est dit «persuadé que les responsables rendraient des comptes quand tout cela sera fini».

Cela n’est pas sans rappeler la position de la France qui n’a pas encore renoncé à sanctionner le régime de Damas et qui prévoyait notamment le déferrement des responsables du massacre du 21 août devant la Cour pénale internationale (CPI).

Non seulement les Russes trouvaient le projet inacceptable, mais la perspective d’une saisine par la CPI, maintenant évoquée par une personne aussi modérée que le Secrétaire général de l’ONU, pourrait bien compliquer les négociations en cours des chefs de la diplomatie américaine et russe à Genève, où les Américains et les Russes poursuivent pour le second jour consécutif à Genève leurs pourparlers l’espoir qu’une avancée sur les armes chimiques de la Syrie favorise la tenue d’une conférence de paix.

Alors que le rapport des experts de l’ONU qui ont enquêté sur place sur les accusations de massacre à l’arme chimique le 21 août près de Damas est attendu lundi, à Genève, le secrétaire d’État américain John Kerry s’est déclaré déterminé, avec son homologue russe Sergueï Lavrov, «à travailler ensemble, à commencer par l’initiative sur les armes chimiques, avec l’espoir que (ces) efforts seront payants et apporteront paix et stabilité dans cette région tourmentée du monde».

Kerry a précisé avoir convenu avec Sergueï Lavrov d’une nouvelle réunion à New York autour du 28 septembre, en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, pour essayer de fixer une date pour une conférence de paix sur la Syrie.

À l’issue d’une rencontre tripartite avec l’émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie Lakhdar Brahimi, Sergueï Lavrov a réaffirmé pour sa part l’engagement de la Russie en faveur de cette conférence de paix et a appelé à ce que «tous les groupes de la société syrienne y soient représentés.»

Pour sa part, dans un communiqué vendredi, l’opposition syrienne a rejeté une fois encore l’idée qu’une percée sur les armes chimiques du régime permettrait d’avancer politiquement sur la paix dans le pays, ravagé par une guerre civile depuis plus de deux ans et demi qui a fait plus de 110.000 morts.

«Les promesses faites par le régime syrien ne sont que de nouvelles tentatives pour tromper la communauté internationale et l’empêcher de le punir pour ses crimes», a déclaré la Coalition nationale de l’opposition syrienne, ajoutant qu’«Il ne peut y avoir de progrès que si la communauté internationale décide de contraindre le régime syrien à respecter ses engagements selon un calendrier précis et lui signifie qu’une action militaire reste d’actualité s’il ne coopère pas».

Selon le quotidien économique américain Wall Street Journal la Syrie aurait par ailleurs commencé à disséminer son arsenal chimique, estimé à un millier de tonnes, sur une cinquantaine de sites différents, compliquant ainsi la tâche de ceux qui seraient appelés à les contrôler.


Ban Ki-moon durcit le ton et se dit persuadé que les responsables des nombreux crimes contre l’humanité commis en Syrie devront rendre des comptes (Vidéo: Allbitsofegg)

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