Syrie: un milliard de dollars et un an pour détruire l’arsenal chimique, selon Bachar al-Assad

Bachar al-Assad à Daraya en Syrie, le 1er août 2013 (Archives/Présidence syrienne)
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Bachar al-Assad à Daraya en Syrie, le 1er août 2013 (Archives/Présidence syrienne)
Bachar al-Assad à Daraya en Syrie, le 1er août 2013 (Archives/Présidence syrienne)

Dans un entretien pour la chaîne américaine FoxNews, le président syrien Bachar al-Assad a rappelé que le régime de Damas allait bel et bien détruire son stock d’armes chimiques. Mais cela pourrait coûter un milliard de dollars et durer au moins un an.

Face à la grogne internationale, Bachar al-Assad reste de marbre. Alors que les tergiversations se poursuivent au Conseil de sécurité des Nations unies, le président syrien s’entretient avec les télévisions américaines pour assurer de sa bonne volonté.

Ainsi, son entrevue pour la chaîne FoxNews lui a permis de rappeler qu’il se plierait aux exigences diplomatiques sur la destruction de son énorme stock d’armes chimiques. Et ce, dans les temps, comme l’a confirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

«Nous avons reçu des assurances que cela serait fait à temps», a assuré ce dernier, dont les propos étaient diffusés par la télévision russe. Le diplomate donnait une conférence de presse à Damas où il a eu des entretiens avec le président syrien Bachar el-Assad.

«Aux termes de l’accord de Genève, cette information doit être envoyée à La Haye [siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), ndlr] dans un délai d’une semaine», soit la première étape du calendrier fixé par l’accord conclu le 14 septembre à Genève par la Russie et les États-Unis pour le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

«Je crois que c’est une opération techniquement très compliquée. Cela requiert beaucoup d’argent, autour d’un milliard» de dollars, a estimé Bachar el-Assad. Ce dernier évalue encore à «une année, peut-être un peu plus», le temps nécessaire pour «se débarrasser» de son stock d’armes chimiques.

Le président syrien en a également profité pour marteler son pays ne se trouvait actuellement «pas en guerre civile» mais qu’il était attaqué par des «dizaines de milliers de djihadistes», la plupart d’al-Qaida. «Nous avons une guerre, une nouvelle sorte de guerre» avec des «dizaines de milliers de djihadistes» de plus de 80 nationalités différentes, a-t-il assuré.

«Ce que je peux vous dire, c’est que 80 % – certains disent 90 %, nous n’avons pas de données précises – de ces terroristes sont membres d’al-Qaida et de ses branches», a-t-il ajouté au cours de cette entrevue réalisée en anglais.

Moscou, fidèle lieutenant de Damas

Pour lutter contre cette insurrection, selon lui illégitime, le président syrien peut s’appuyer sur le soutien de la Russie. Principal allié de Damas, Moscou s’attèle ainsi à empêcher toute intervention militaire sur le sol syrien. Pour preuve, la diplomatie russe a, une nouvelle fois, bloqué, au Conseil de sécurité, toute résolution contraignante ou menaçante à l’égard de la Syrie.

Si les autorités russes ont conclu un accord avec leurs homologues américaines, elles n’en restent pas moins opposées aux positions occidentales, notamment sur la responsabilité du régime syrien dans l’attaque chimique du 21 août dernier.

«Nous sommes déçus, c’est le moins qu’on puisse dire, de l’approche qui a été celle du secrétariat de l’ONU et des inspecteurs de l’ONU qui se trouvaient en Syrie, qui ont préparé leur rapport de manière sélective et incomplète, sans prendre en compte des éléments que nous avions à plusieurs reprises signalés», a déclaré à l’agence Ria Novosti le vice-ministre Sergueï Riabkov. Moscou accuse, en outre, le rapport des experts de l’ONU d’être «partial» et «politisé».


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