Un arbre en mémoire aux «soldats du suicide» à Ottawa (PHOTOS/VIDÉO)

Hommage aux «soldats du suicide» à Ottawa (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Dans toute l’histoire des Forces armées canadiennes, jamais un hommage n’avait été rendu aussi clairement aux soldats qui se sont enlevés la vie. Ils ont désormais un lieu qui les incarne.

En présence de plusieurs familles de militaires s’étant suicidés au retour de mission, et notamment en Afghanistan, un vibrant hommage à ces «soldats du suicide» à été rendu dimanche 15 au cimetière national du Canada de Beechwood, à Ottawa.

Un arbre et une plaque en mémoire de tous ces soldats ont été dévoilés au cours de la cérémonie organisée par Lise Charron.

Civile, Mme Charron s’est donnée pour mission de «supporter nos troupes». Elle explique qu’elle n’imaginait pas pouvoir enfin voir une cérémonie comme celle de dimanche, avec autant de monde autour.

Comme dans quasiment toutes les armées du monde, le suicide dans les Forces armées canadiennes est encore un sujet délicat, voire tabou.

Le suicide dans les Forces armées canadiennes

Dans un rapport publié en septembre 2012, l’ombudsman Pierre Daigle admet que les Forces canadiennes ont réalisé «d’importants progrès dans la mise en œuvre des recommandations précédentes formulées par le Bureau et dans l’examen des lacunes en ce qui concerne le dépistage, la prévention et le traitement des problèmes de santé mentale liés aux opérations».

Malheureusement, dit le rapport,  le système de soins en santé mentale des Forces canadiennes «présente toujours des lacunes importantes qui nuisent gravement aux soins et au soutien offerts à ceux qui souffrent d’un problème de santé mentale lié aux opérations et à leurs membres de famille immédiats.»

En juillet, les Forces armées canadiennes ont mis à jour leurs statistiques des soldats qui se sont enlevés la vie en 2011.

Étant précédemment de 20, ils sont désormais officiellement 22 militaires qui se sont suicidés en 2011, alors que l’armée mettait un point final à sa mission de combat en Afghanistan.

Même si le nombre de suicides est passé de 22 en 2011 à 13 en 2012, une précédente étude, qui retrace dix ans de statistiques, concluait que les déploiements sur le terrain, comme en Afghanistan, ne sont pas un facteur de risque dans les suicides commis et que le taux de suicide dans l’armée demeure stable.

En attente

En mai, on apprenait qu’une cinquantaine de commissions d’enquêtes sur le suicide de soldats des Forces armées canadiennes ne sont toujours pas finies, bien que certains d’entre eux remontent aussi loin que jusqu’en 2008.

Dans des documents révélés par la Défense suite à une demande d’un député du Parti libéral du Canada, on apprend ainsi que 19 commissions d’enquêtes ont été achevées entre 2008 et 2012. Mais dans le même temps, il reste encore de nombreux cas à examiner: quatre datant de 2008, sept de 2009, sept autres de 2010, vingt de 2011 et douze de 2012.

Début août, un militaire de la base de Petawawa se disant atteint du syndrome de stress post-traumatique aurait poignardé sa femme à de multiples reprises. Il a été formellement accusé de meurtre prémédité.