Un ministre malien accueilli par des jets de pierres à Kidal, l’ONU appelle au calme

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Bert Koenders, parle avec un agent électoral lors du second tour de l'élection présidentielle malienne, à Kidal, dans le nord du pays (Archives/Blagoje Grujic/MINUSMA)
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Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Bert Koenders, parle avec un agent électoral lors du second tour de l'élection présidentielle malienne, à Kidal, dans le nord du pays (Archives/Blagoje Grujic/MINUSMA)
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Bert Koenders, parle avec un agent électoral lors du second tour de l’élection présidentielle malienne, à Kidal, dans le nord du pays (Archives/Blagoje Grujic/MINUSMA)

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, Bert Koenders, a déploré lundi 16 septembre un incident survenu à Kidal la veille, au cours duquel une délégation de haut niveau du gouvernement malien a été prise à partie par des manifestants, rapporte le service d’information de l’ONU.

Menée par le ministre de la réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord, Cheick Oumar Diarrah, la délégation était accompagnée de ses homologues de l’administration territoriale, de la sécurité, le général Moussa Sinko Coulibaly et de la sécurité intérieure, le colonel Sada Samaké, ainsi que du gouverneur de Kidal.

«Nous sommes venus ici à Kidal sur instruction du président de la République pour porter son message aux populations locales, aux leaders traditionnels pour discuter de voies et moyens de trouver une solution durable à la crise malienne», a déclaré M. Diarrah aux responsables locaux.

Pourtant, à l’arrivée de la délégation, des habitants de Kidal ont manifesté leur mécontentement face à l’arrivée de cette mission gouvernementale.

Cette visite, effectuée avant l’ouverture formelle des négociations de paix, a provoqué l’ire des partisans de la rébellion touarègue qui ont tenté de bloquer la piste de l’aéroport pour empêcher l’arrivée de la délégation gouvernementale.

Les manifestants ont été dispersés par des soldats africains de maintien de la paix, mais le convoi ministériel a ensuite été la cible de jets de pierres en traversant la ville et des voitures ont eu des vitres brisées.

Kidal: le «caillou dans la chaussure» du gouvernement malien

Même si Cheikh Oumar Diarrah a minimisé ces incidents et il s’est dit satisfait de ses entretiens à Kidal, ils permettent de mesurer la difficulté du processus de réconciliation nationale dans ce pays qui sort à peine d’une période difficile marquée par un putsch militaire suivie de l’occupation de tout le Nord par des groupes armés liés à Al-Qaïda.

Le MNLA avait pris le contrôle de Kidal en février 2013, à la faveur de l’intervention de l’armée française en janvier 2013 qui avait permis de chasser ses anciens alliés jihadistes ayant occupé le nord du Mali pendant près de dix mois après en avoir évincé le goupe touareg.

La situation est encore particulièrement problématique à Kidal où les rebelles touareg ont longtemps refusé la présence de l’armée et de l’Administration maliennes à Kidal avant de finalement parvenir à un accord avec le gouverbnement malien le 18 juin à Ouagadougou qui a permis le cantonnement dans la ville des hommes du MNLA et l’arrivée, le 5 juillet dernier, de 150 soldats maliens ainsi que le retour de l’Administration malienne.

Le 20 juillet dernie, une semaine à peine avant le premier tour de l’élection présidentielle, six otages, cinq agents électoraux et un élu local, avaient été enlevés par des hommes armés à Tessalit, au nord de la ville de Kidal, chef-lieu de région.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali rappelle pour sa part « la nécessité de parvenir à un climat apaisé dans la région de Kidal en particulier, et sur le territoire malien dans son ensemble », indique la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans un communiqué de presse.

Bert Koenders invite donc «toutes les parties et communautés du pays à œuvrer au succès des pourparlers visant à aboutir à l’établissement d’une paix globale et définitive, et ce, conformément à la résolution 2100 (2013) du Conseil de sécurité et à l’Accord préliminaire de Ouagadougou.»

L’Accord, signé dans la capitale burkinabé, prévoit un cessez-le-feu immédiat et engage les parties prenantes à engager des pourparlers de paix dans le cadre d’un dialogue inclusif.

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