Yémen: au moins 56 soldats et policiers tués par des membres présumés d’Al-Qaïda

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Un soldat yéménite effectue des contrôles de sécurité le 6 août 2013 près de l'aéroport de Sanaa (Mohammed Huwais/AFP)
Un soldat yéménite effectue des contrôles de sécurité le 6 août 2013 près de l’aéroport de Sanaa (Archives/Mohammed Huwais/AFP)

Ce vendredi, une série d’attaques simultanées a coûté la vie à au moins 56 soldats et policiers yéménites dans le sud du pays. Une manœuvre signée de membres présumés d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) contre des sites militaires et des forces de sécurité.

L’insurrection au Yémen ne faiblit pas. Après de multiples attentats perpétrés tout au long de l’été, la branche d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) aurait, à nouveau, sévit dans le pays.

Selon des sources militaires, la journée de vendredi a été émaillée de différentes attaques simultanées. D’après un bilan actualisé, ce ne sont pas moins de 56 soldats et policiers qui ont péri dans ces offensives.

Une attaque a pris pour cible un camp des unités spéciales à Maifaa, tuant huit policiers. Dans le même temps, deux positions de l’armée, situées 15 km plus loin, étaient attaquées par des hommes armés, tuant au moins 32 soldats.

Un responsable militaire, Raed Mohammed Nasser, a affirmé que les islamistes ont pu profiter d’un épais brouillard pour prendre les militaires par surprise. Une nouvelle preuve de l’instabilité chronique du pays depuis le soulèvement populaire du début 2011 contre le président d’alors, Ali Abdallah Saleh.

Le début du mois de septembre a été particulièrement meurtrier à l’issue de violents affrontements entre islamistes sunnites et rebelles chiites. Plus de 40 personnes sont ainsi mortes au cours de ces heurts.

Des attaques successives dans un sentiment d’insécurité

L’agence officielle Saba a également annoncé que deux bombes ont explosé dans la capitale yéménite, Sanaa, au passage de deux autocars transportant des militaires de l’armée de l’air et de l’académie militaire.

Si cette attaque n’a fait aucune victime, elle démontre la violence de l’insurrection actuelle. Le 31 août dernier, c’est le premier ministre, Mohamed Basindawa, qui avait été visé par un attentat dans le centre de Sanaa, où des hommes armés avaient ouvert le feu sur son convoi.

Depuis le départ du président Ali Abdallah Saleh en février 2012, des attentats contre des officiers à Sanaa et surtout dans le sud du pays, où le réseau Al-Qaïda est particulièrement actif, ont lieu régulièrement.

C’est cette même branche d’Al-Qaïda au Yémen qui est à est à l’origine du projet d’attentats anti-occidentaux qui avait poussé Washington à déclencher, fin juillet, une vaste alerte de sécurité entraînant la fermeture de dizaines d’ambassades des États-Unis et de certains de ses alliés.

Le Yémen avait alors affirmé au début du mois d’août avoir mis en échec un plan d’Al-Qaïda consistant à s’emparer de villes et d’installations pétrolières et à prendre en otages des étrangers. Le plan aurait été déjoué deux jours avant le passage à l’action prévu par des membres d’Al-Qaïda.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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