Amnesty dénonce massacres d’enfants et «écoles assiégées» au Nigéria

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Un soldat traverse le 6 août 2013 la cour d'un collège de Mamudo, dans l'État de Yobe, dans le nord du pays, visé par une attaque du groupe islamiste Boko Haram le 6 juillet 2013 ayant fait plus de 50 morts parmi les élèves (Aminu Abubaka/AFP)
Un soldat traverse le 6 août 2013 la cour d’un collège de Mamudo, dans l’État de Yobe, dans le nord du pays, visé par une attaque du groupe islamiste Boko Haram le 6 juillet 2013 ayant fait plus de 50 morts parmi les élèves (Aminu Abubaka/AFP)

La semaine même où plus de 50 étudiants d’une école d’agriculture ont été tués par des tireurs dans l’État de Yobe, Amnesty International publie un nouveau rapport sur les attaques menées contre des écoles en 2012 et 2013, dans le nord du Nigeria, rapporte un communiqué de l’Organisation

«Ces attaques horribles ont fait des centaines de morts. Des milliers d’enfants ont été forcés hors de leurs établissements dans plusieurs localités du nord du pays, et plusieurs enseignants ont dû s’enfuir pour se mettre à l’abri»,dit Lucy Freeman, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International, dont les propos sont rapportés dans le communiqué d’Amnesty.

«Ces attaques qui visent des élèves, des enseignants et des bâtiments scolaires sont la preuve d’un mépris total envers le droit à la vie et le droit à l’éducation», a a joputé Mme Freeman.

Le rapport «Education under attack» d’Amnesty International (Amnesty)

Le rapport, intitulé Education under attack in Nigeria, révèle au moins 70 enseignants et un très grand nombre d’élèves ont été massacrés rien qu’en 2013, et beaucoup d’autres blessés. Une cinquantaine d’écoles ont été incendiées ou sérieusement endommagées et plus de 60 autres ont été contraintes de fermer leurs portes.

Le groupe islamiste connu sous le nom de Boko Haram a revendiqué un grand nombre de ces attaques, mais pas leur totalité, précise Amnesty International.

En 2010 et 2011 des attaques ont également été menées, la plupart lorsque les écoles étaient vides, poursuit l’organisation.

Toutefois, depuis le début de 2013, cependant, elles semblent être plus ciblées et plus violentes note Amnesty: elles ont désormais souvent lieu lorsque les bâtiments sont occupés et, selon des informations portées à la connaissance d’Amnesty International, professeurs et élèves sont maintenant directement visés, et tués.

Dans l’un des cas que décrit le rapport et dont fait état le communiqué de l’organisation, le proviseur d’une école secondaire publique de Maiduguri raconte comment s’est passée une attaque en février 2013: «Les tireurs ont ouvert le feu sur tout le monde. Ils ont tiré sur deux professeurs. L’un est mort sur le coup, l’autre a été grièvement blessé. Nous étions tous effondrés.»

La même école a été de nouveau attaquée le mois suivant, et trois personnes ont été abattues dans la salle d’examen. «Nous avons dû fermer immédiatement l’établissement, et nous avons dit aux enfants de rentrer chez eux. L’école est restée fermée pendant toute la période.»

Bien que ces attaques aient fait de nombreux morts, personne n’a été arrêté ni traduit en justice par les autorités, souligne encore Amnesty International.

«Les autorités nigérianes doivent mieux protéger les écoles et veiller à ce que des enquêtes en bonne et due forme soient ouvertes sur les attaques et les auteurs présumés poursuivis en justice», plaide Amnesty International qui demande aussi à Boko Haram et à tout groupe armé ou individu qui lui est lié de faire cesser immédiatement les attaques contre les écoles, les enseignants et les élèves.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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