BAGRAM XIV: l’art du déménagement, «Canadian style»

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Après avoir vécu un premier retrait lors de la fin de l’opération ATHÉNA en 2011, le Canada fait profiter les Polonais de son expérience en matière de retrait des troupes et du matériel.

Douze membres des Forces armées canadiennes de la 2e Division du Canada sont à Kielce, en Pologne, du 22 au 30 octobre, dans le cadre de l’exercice BAGRAM XIV, afin de prêter leur soutien à l’entraînement du Quartier général de la Force opérationnelle polonaise (QG FOP) en prévision de son déploiement en Afghanistan, annonce en effet la Défense nationale.

L’objectif de l’exercice de cette année est d’évaluer dans quelle mesure le QG FOP est capable d’assurer les fonctions de planification et de commandement et contrôle alors qu’il se prépare à participer à un déploiement en Afghanistan.

Les Canadiens sont en Afghanistan depuis le début du conflit. Après l’opération APOLLO (2001-2003), ce fut l’opération ATHÉNA (2003-2011) et, finalement, l’opération ATTENTION (2011-2014).

Ils ont donc eu à relever le défi de rapatrier les troupes et le matériel et on peut certainement ranger les Canadiens maintenant parmi les experts en ce qui a trait à la connaissance de l’Afghanistan et l’expérience des difficultés en matière de retrait du personnel et du matériel.

C’est cette expérience exceptionnelle, dont les Canadiens font maintenant profiter les Polonais qui sont appelés à vivre bientôt à leur tour la même expérience, a expliqué, en entrevue à 45eNord.ca depuis Kielce en Pologne, le major Dominic Leclerc, du 5e Régiment de Génie de combat, un des mentors de la participation canadienne à l’exercice Bagram XIV.

Un retrait dans le bon ordre n’est pas une mince affaire et, pendant qu’il s’effectue et que les militaires restés sur place doivent s’adapter et continuer le travail avec moins de ressources, l’ennemi peut en profiter pour attaquer un adversaire qu’ils estiment alors plus vulnérable, admet le major.

Grâce à leur expérience, les Canadiens pourront aider les Polonais à mieux comprendre comment s’adapter de façon à maintenir au mieux leurs capacités pendant les différentes phases du retrait, nous a indiqué le major Leclerc, qui a lui-même servi en Afghanistan où il a occupé des postes de commandement.

L’Armée canadienne donnera ainsi de l’instruction au Quartier général de la Force opérationnelle polonaise sous forme de mentorat.

«Cette activité d’instruction offre à nos militaires une précieuse occasion d’instruction collective dans un contexte international», avait déclaré à ce propos le lieutenant-général Marquis Hainse, commandant de l’Armée canadienne, notant aussi que «Notre participation à titre de mentor et de conseiller améliore également l’état de préparation de nos militaires à participer à un déploiement et à soutenir nos alliés».

Les Polonais et les Canadiens pourront ainsi étudier et discuter ensemble divers scénarios de retrait et la meilleure manière de composer avec un retour progressif au pays et une réduction graduelle de l’effectif, nous a expliqué l’officier canadien.

En outre, lors d’un retrait, les problèmes logistiques peuvent également parfois prendre une tournure inattendue.

En 2012, des centaines de conteneurs avec de l’équipement militaire canadien à l’intérieur étaient restés coincés en Afghanistan par la faute du gouvernement pakistanais qui refusait alors toujours de réouvrir la chaîne d’approvisionnement de l’OTAN qui passait par son pays.

Une équipe de 15 soldats canadiens avait alors été envoyée à Kandahar pour une mission d’un mois afin de déterminer si ces conteneurs étaient encore assez bon état pour être ramené par mer à la maison.

Le major Leclerc nous explique donc que, si une partie du matériel doit être ramené au pays, une autre partie doit être laissée sur place ou vendue aux alliés.

Quant au Canada, une première phase d’un dernier retrait des forces canadiennes, celle de l’opération Attention, a débuté en octobre pour laisser pour l’instant environ 650 militaires sur place.

Elle sera suivie d’une deuxième phase juste avant les fêtes de Noël, qui laissera près de 375 militaires encore sur place. Puis une troisième phase aura lieu en janvier 2014, qui réduira l’effectif à une centaine de militaires et sera suivie d’une quatrième et dernière phase qui consistera à fermer la mission et rapatrier les 100 derniers soldats de l’Opération ATTENTION avant le 31 mars 2014.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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