CF-18: Dassault et Boeing réclament qu’Ottawa lance un véritable appel d’offres

Les cinq concurrents pour le remplacement des CF-18 canadiens, Boeing, Lockheed Martin, EADS, Dassault et Saab (Crédit: montage, Nicolas laffont, 45eNord.ca)
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Les cinq concurrents pour le remplacement des CF-18 canadiens, Boeing, Lockheed Martin, EADS, Dassault et Saab (Crédit: montage, Nicolas laffont, 45eNord.ca)
Les cinq concurrents pour le remplacement des CF-18 canadiens, Boeing, Lockheed Martin, EADS, Dassault et Saab (Crédit: montage, Nicolas laffont, 45eNord.ca)

Dassault et Boeing réclame du gouvernement canadien un véritable appel d’offres pour remplacer les chasseurs CF-18, plutôt que de se contenter de se renseigner auprès des fournisseurs, rapporte ce vendredi le quotidien montréalais La Presse.

«La meilleure façon, pour le Canada, de tirer le meilleur parti industriel et économique du remplacement du CF-18, c’est l’ouverture d’une compétition», a déclaré le vice-président principal de Dassault Aviation pour les affaires de l’Union européenne et de l’OTAN, Yves Robins, lors du sommet organisé par l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC), qui s’est tenu les 16 et 17 octobre au Centre des Congrès d’Ottawa.

Le gouvernement Harper, en effet, n’a pas lancé d’appel d’offres formel et officiel pour remplacer le CF-18.

Il a plutôt créé un «Secrétariat national d’approvisionnement en chasseurs», chargé de veiller à ce que soient faits de façcon acceptable un examen une l’évaluation des options en vue du remplacement de la flotte de CF-18 qui n’engage pas le gouvernement.

Ottawa a demandé jusqu’à maintenant un certain nombre de renseignements à Lockheed Martin et à d’autres constructeurs d’avions de chasse, soit Boeing pour le F-18, Dassault pour le Rafale et EADS pour l’Eurofighter Typhoon.

Mais le gouvernement ne s’est pas pour autant engagé dans un processus formel d’appel d’offres et les concurrents du fabricant du F-35 craignent maintenant que tout cela ne revienne au bout du compte à accorder quand même directement le contrat au F-35 de Lockheed Martin.

Le vice-président principal de Dassault Aviation a fait valoir que le Canada pourrait obtenir des retombées équivalant à 100% de la valeur du Rafale s’il choisissait le chasseur français, précisant que Dassault était prête à transférer toute la propriété intellectuelle de la technologie du Rafale au Canada et à y faire effectuer tout le soutien en service.

Toujours selon le quotidien La Presse, le président et chef de la direction de Boeing Défense, Espace et Sécurité, Dennis Muilenburg, présent lui aussi au Sommet de l’AIAC, a tenu le même discours et réclamé une véritable concurrence ouverte, affirmant que «C’est ce qu’il faut pour obtenir la meilleure technologie.

Il a également fait valoir à cette occasion que son entreprise avait livré 600 appareils F-18 au prix convenu au départ et en avance sur l’échéancier, en référence au F-35 de Lockheed Martin, le Joint Strike Fighter, qui accumule pour sa part les retards et les dépassements de coûts.

«Dans le discours du Trône, le gouvernement canadien a insisté sur la nécessité d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015», a-t-il souligné «Il faut donc obtenir une certitude en ce qui concerne les coûts et les échéanciers.»

Quant à la ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Diane Finley, responsable du dossier du remplacement des chasseurs,le quotidien montréalais affirme qu’elle est demeurée vague sur les prochaines étapes du processus de remplacement du CF-18, déclarant simplement dans son discours «Nous ne voulons pas que le processus s’éternise. Nous voulons compléter cela le plus rapidement possible.»

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