Colombie: d’ex dirigeants de la guérilla de l’ELN menacés de mort

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L'ELN (Ejército de liberaciòn nacional)est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Photo: Espectador)
L’ELN (Ejército de liberaciòn nacional )est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/ Espectador)

D’anciens dirigeants de la guérilla colombienne de l’ELN (Armée de libération nationale), partisans de négociations de paix, ont annoncé jeudi avoir réclamé aux autorités des mesures spéciales de protection, en raison de menaces de mort.

La plupart de ces ex-guérilleros se sont reconvertis pour la plupart en spécialistes du conflit interne et consultants pour les médias et pour le centre de recherche Nuevo Arco Iris. L’une d’elle, Carmen Palencia, a depuis pris la tête d’un mouvement paysans chassés de leurs terres.

Nous avons reçus des lettres de menaces contre des membres et des amis de la Fondation Nuevo Arco Iris, a expliqué à l’AFP Fernando Hernandez, directeur du centre, qui a lui-même participé en 1994 à une opération de démobilisation au sein de l’ELN, la seconde guérilla d’extrême gauche du pays après celle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Après quasiment un demi-siècle d’existence, l’ELN compte encore 2.500 combattants contre environ 8.000 pour les Farc selon les autorités. En cinquante ans, le conflit a fait plusieurs centaines de milliers de morts et autour de 4 millions de déplacés, selon des chiffres officiels.

Nous sommes nombreux à avoir quitté l’ELN et il est possible que tout ceci ait quelque chose à voir avec le fait que des personnes ne soient pas d’accord avec des négociations de paix, a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs mois, la rébellion et le gouvernement du président Juan Manuel Santos ont réaffirmé, en vain jusqu’ici, leur intention d’ouvrir des discussions dans le sillage des pourparlers qui se déroulent depuis novembre dernier à Cuba entre le gouvernement colombien et les Farc.

Les ex guérilleros ont déposé une plainte auprès du parquet colombien, réclamant à l’Etat une protection spéciale pour eux-même et pour les locaux de Nuevo Arco Iris.

Plusieurs organisations de défense de la presse ont déjà tiré la sonnette d’alarme concernant des journalistes, dont les anciens directeur d’Arco Iris, Leon Valencia et collaborateur Ariel Avila, qui ont été contraints à plusieurs reprises de quitter le pays.

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