Colombie: gestes d’ouverture avant des négociations de paix

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Ivan Marquez, numéro deux de la guérilla des Farc, donne une conférence de presse à la Havane, le 19 septembre 2013 (Adalberto Roque/AFP)
Ivan Marquez, numéro deux de la guérilla des Farc, donne une conférence de presse à la Havane, le 19 septembre 2013 (Adalberto Roque/AFP)

À la veille de la reprise d’un nouveau cycle de négociations de paix à Cuba entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc, les deux parties ont fait des gestes d’ouverture, sur la culture de coca et l’organisation d’un référendum sur un éventuel accord de paix.
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Mise à jour au 03/10/2013 à 12h38

La guérilla colombienne des Farc a renouvelé son rejet d’un référendum pour ratifier un éventuel accord de paix avec le gouvernement colombien, jeudi, à la reprise des négociations à Cuba après une pause de deux semaines.

Le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Ivan Marquez, a lu à la presse un document « important » par lequel la guérilla rejette ce référendum, ainsi que le Cadre juridique pour la paix, mis en place par le président colombien Juan Manuel Santos pour définir les conditions légales de réinsertion des membres de la guérilla.

Les deux sujets doivent faire l’objet d’un accord commun entre le gouvernement et la guérilla, a insisté Ivan Marquez en soulignant que la présentation de ce communiqué se faisait sur ordre du chef des Farc Timoleon Jimenez, alias Timochenko.
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«Je crois que oui, il est possible d’aller vers une Colombie sans coca, s’il y a des dispositions pour [des cultures]de substitution et des aides aux paysans», a déclaré à La Havane le commandant guérillero Pablo Catatumbo dans un entretien avec une radio colombienne diffusé mardi.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie, née d’une insurrection paysanne il y a un demi-siècle, est souvent accusée de se financer en prélevant une dîme sur les activités touchant au trafic de cocaïne dans ses zones d’influence.

Ivan Marquez, numéro deux de la guérilla et chef de la délégation présente aux pourparlers à La Havane, a assuré de son côté que son mouvement «est disposé à coopérer pour résoudre définitivement le problème du narcotrafic» en Colombie.

«Une Colombie sans coca signifie beaucoup pour la paix en Colombie et pour la paix sur le continent, mais pour cela, il faut changer […] les politiques répressives qui ont toujours été menées. Il doit y avoir un changement des politiques de lutte contre les cultures illicites», a poursuivi le commandant Catatumbo.

«Évidemment que nous protégeons et avons protégé les paysans qui cultivent [de la coca], car vivant à la campagne, nous connaissons la réalité de ce qui se passe: en Colombie, nous nous sommes rendus compte que les paysans n’ont pas d’autre option», selon lui.

La Colombie est selon l’ONU le deuxième producteur mondial de cocaïne, derrière le Pérou.

Pour sa part, le président colombien Juan Manuel Santos, partisan de l’organisation d’un référendum pour faire ratifier par la population un éventuel accord de paix – option refusée par la guérilla qui exige elle la tenue d’une Assemblée constituante – a assuré mardi que cette consultation «doit être négociée avec l’autre partie».

«Ce référendum doit être négocié avec l’autre partie. Nous allons voir si c’est possible ces prochains jours», a-t-il déclaré depuis le palais présidentiel.

Gouvernement et guérilla mènent depuis novembre à Cuba des pourparlers de paix visant à mettre fin à un demi-siècle de conflit armé dans le pays. Après une pause de quelques jours, les discussions reprendront jeudi.

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